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Saturday, September 12, 2026

"Il peut se montrer arrogant" : pourquoi George Lucas s'est vu infliger une amende de 250.000 $ par la toute puissante Directors Guild of America ?

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On savait que George Lucas a envisagé à l'époque de confier la réalisation du "Retour du Jedi" à son vieux complice Steven Spielberg. Mais c'était sans compter sur un os, et de taille, incarné par la toute puissante Directors Guild of America...

Particulièrement éprouvant, physiquement et moralement, le tournage de Star Wars laisse des traces chez George Lucas. Brouilles avec son équipe technique, budget largement dépassé, retard sur le planning de tournage, post-production interminable...

De quoi achever de convaincre le cinéaste de passer la main sur le prochain volet de sa trilogie en devenir, d'autant que, de son propre aveu, la réalisation ne le passionne guère. Il préfère rester dans le fauteuil du producteur, qui lui permet en outre d'avoir logiquement une vue d'ensemble du développement du prochain film.

Il passe donc intelligemment la main à Irvin Kershner pour L'Empire contre-attaque, qui sort en 1980, et que beaucoup considèrent comme le meilleur film de la trilogie originale. Pour le troisième et dernier volet, Le Retour du Jedi, Lucas se met à nouveau en chasse pour trouver un réalisateur sur lequel il pourra se reposer et appuyer la vision de l'univers qu'il a créé. Au final, ce sera le docile et appliqué Richard Marquand. Mais Lucas envisagea de confier les rênes à son ami Steven Spielberg.

"La vision qu’il a en tête est d’une clarté cristalline"

Pourquoi pas son vieux complice Steven Spielberg effectivement, lui qui vient tout juste de mettre en boîte Les Aventuriers de l'Arche perdue, dont l'histoire a été écrite par George Lucas ?

L'espoir de confier les rênes du film à son ami est de courte durée. En 1980, Lucas se voit en effet infliger une amende plutôt salée de 250.000 $ par la toute puissante Directors Guild of America, pour ne pas avoir crédité sur L'Empire contre-attaque le nom du réalisateur au début du générique, Irvin Kershner. Le syndicat estime que la mention "Lucasfilm" (sa société créée en 1971, composée de son nom donc) induisait que c'était le producteur qui avait réalisé le film, et non pas le réalisateur.

Selon un portrait de Lucas publié en 1981 dans le New York Times par Aljean Harmetz, Irvin Kershner "ne s’est pas opposé" à ce que Lucas utilise le même ordre de générique que celui qu’il avait utilisé auparavant, mais cela n’a pas suffi à apaiser la DGA. En conséquence, Lucas a décidé de démissionner de la Guilde et a conservé l’ordre de générique de L’Empire contre-attaque tel qu’il l’avait toujours souhaité.

Cette démission illustre assez bien au bout du compte le mépris que le cinéaste a toujours eu pour la politique hollywoodienne, comme l'expliquait ce même portrait. Lucas "peut se montrer arrogant quant à ses valeurs et ses priorités". Une source anonyme lâche même dans l'article "La vision qu’il a en tête est d’une clarté cristalline. Le fait qu’il ne puisse ni s’en écarter ni se laisser corrompre par des influences extérieures est la clé de son succès".

Toujours est-il que si l'adhésion à l'organisme n'est pas obligatoire, il est en revanche interdit pour un des membres de la DGA de réaliser un film en marge des conventions nouées avec les Majors. De fait, en tant que membre de la DGA, Spielberg n'a ainsi pas pu accepter l'offre de son ami, qui vient tout juste de claquer la porte du syndicat avec fracas.

"Je voulais faire un film Star Wars, et il n'a pas voulu"

Dans une interview accordée à Access Hollywood (via The Guardian) en 2012, Steven Spielberg racontait que, des années après la première trilogie Star Wars, il était toujours partant pour réaliser un opus de la saga Spaca Opera de son vieux complice.

"C'est quelque chose qui m'aurait intéressé. j'ai demandé à George, il ne me laissera pas en réaliser un. Je voulais faire un film Star Wars il y a une quinzaine d'années, et il n'a pas voulu. Je comprends pourquoi. Star Wars, c'est le bébé de George. C'est son pré carré, son empreinte. Il sait que j'ai Jurassic Park et Indiana Jones. Mais George a Star Wars et je ne pense pas qu'il se sente enclin à en partager quoi que ce soit avec moi".

Ce n'est pas tout à fait exact, si l'on repense au pari complètement fou que les deux ont fait à l'époque du premier film. Il est toujours facile de refaire un match des années après, mais on se demande bien ce qu'aurait pu donner un film Star Wars de la prélogie signé par Spielberg. En lieu de quoi Lucas a préféré réaliser lui même les trois films. Toujours est-il que Lucas a de toute façon passé la main avec la revente de son empire à Disney. Et on sait qu'il n'a pas vraiment apprécié les nouveaux opus Star Wars...

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