Un oeil sur demain : des savons à base de déchets organiques, une alternative crédible à la pétrochimie ?

Ainsi, en rendant de la valeur à des ressources existantes (les déchets) grâce à la fermentation microbienne, Amphistar affirme réduire significativement l'empreinte carbone de ses tensioactifs. Selon une analyse de cycle de vie (ACV) réalisée par l'entreprise, ses sophorolipides "upcyclés" généreraient jusqu'à 4 fois moins d'émissions de CO2 que des sophorolipides issus de matières premières vierges, et jusqu'à 6 fois moins que le sodium laureth sulfate (SLES), un tensioactif de synthèse très répandu dans les cosmétiques et produits d'entretien.
"Si on regarde le marché des surfactants, il est gigantesque : on parle de 20 à 30 millions de tonnes par an, et environ 85% de cette production est, selon moi, d'origine fossile ou d'origine huile de palme", estime Wim Allegaert. "Si on prend comme point de départ les déchets alimentaires, ça change beaucoup de choses, et on peut arriver à une solution qui est effectivement net zéro, comparée à la méthode classique qui existe déjà depuis des dizaines d'années."
Une solution plus écologique qui pourrait séduire les industriels, car aujourd'hui, le secteur dans son ensemble cherche à s'émanciper de la dépendance au pétrole, confirme Frédéric Warzée pour DETIC, l'association belgo-luxembourgeoise des producteurs et distributeurs de cosmétiques, détergents et produits d'entretien. "Les entreprises veulent changer parce qu'elles veulent améliorer leurs produits, elles veulent diminuer l'impact environnemental de leurs produits. Et également, elles veulent sécuriser leur approvisionnement en matières premières en choisissant des sources locales. Il y a une véritable volonté de s'émanciper des sources pétrochimiques et des sources lointaines", explique le porte-parole de la fédération.
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