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Saturday, October 24, 2026

La France : les Gilets jaunes annoncent plus de 830 mobilisations, les autorités ont déployé 70.000 policiers et gendarmes

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Gilets jaunes, syndicats, lycéens et étudiants se mobilisent de nouveau, samedi, pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics malgré l'interdiction de nombreux cortèges sur fond de forte tension, une semaine après les violences et pillages qui ont ébranlé l'exécutif.

Les gilets jaunes prévoient plus de 800 mobilisations en France samedi, dont 500 manifestations : des actions sont prévues sur 86 ronds-points, 21 stations-service, deux dépôts pétroliers, 33 gares, trois ports, 17 ponts, 17 péages, selon une carte publiée sur leur site internet.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé vendredi soir que "le niveau de menace rest(ait) élevé", ciblant particulièrement "l'ultragauche" et "la délinquance". Il a défendu un dispositif sécuritaire adapté après les débordements du 17 octobre.

Militaires de la force Sentinelle, unités d’élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid ou le GIGN, hélicoptères et blindés : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, critiqué de toutes parts pour la gestion du week-end dernier, a annoncé pour samedi un dispositif policier "massif", avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés, soit près de 20% de plus que la semaine précédente. 

Il a prévenu que les forces de l’ordre seraient "intraitables" face à d’éventuels casseurs, une semaine après des dégradations commises en marge de la mobilisation contre la vie chère surtout à Paris, Marseille et Lyon, y compris le lendemain. Près de 3000 commerces ont été vandalisés.

Le week-end dernier, 550.000 personnes avaient défilé dans le pays, selon les autorités.

Les cortèges autorisés samedi défileront dans une ambiance électrique, entre désaccords sur les parcours et interdictions. Car les restrictions se sont multipliées au fil de la semaine dans de grandes villes, avec notamment des couvre-feux nocturnes et interdictions de manifestations, des interdictions parfois suspendues par la justice administrative.

Manifestations interdites

À Paris, où un seul cortège syndical a été autorisé, une polémique oppose la préfecture de police à l’intersyndicale après une modification de dernière minute du parcours par les autorités.

Le nouveau parcours de la manifestation intersyndicale, entre la Porte de Vincennes et la Porte d’Italie, alors que préfecture et intersyndicale s’étaient mises d’accord jeudi sur un cortège entre Bastille et Nation, est "impossible à sécuriser", a affirmé le co-secrétaire général de la CGT de Paris, Karl Ghazi.

Les organisateurs dénoncent un itinéraire "imposé" et ont annoncé qu’ils iront tout de même à Bastille comme initialement prévu. Le recours introduit contre le tracé de la préfecture vient d'être rejeté par le tribunal administratif.

Plusieurs musées parisiens, dont le Louvre et Orsay, seront fermés samedi, et le couvre-feu est reconduit dans les périmètres de la place de la République et des Halles de 23h00 à 06h00 jusqu’à lundi matin.

À Marseille, après avoir annoncé l’interdiction de tout rassemblement, la préfecture a finalement accordé une autorisation "à titre dérogatoire" à la manifestation intersyndicale.

Le couvre-feu pour les mineurs dans l’hypercentre de la ville et certaines zones commerciales a été élargi aux majeurs pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi.

Les manifestations sont interdites dans une vaste partie du centre-ville de Lyon, où plus de 150 commerces ont été dégradés et l’office de tourisme incendié le 17 octobre.

Si une manifestation syndicale se tiendra à Strasbourg, des interdictions de manifester ont été prises dans de nombreuses villes dont Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre, Toulon, ainsi qu’à Limoges où la mairie a été incendiée le 17.

"Surenchère sécuritaire"

Face à ces interdictions et restrictions, les critiques fusent.

Amnesty International a dénoncé "un glissement vers des pratiques autoritaires" et a vivement critiqué une "surenchère uniquement sécuritaire" qui "se fait au détriment de nos libertés […] faisant craindre une nouvelle escalade du niveau de violence dans notre pays".

La Ligue des droits de l’homme (LDH) a annoncé avoir déposé des recours contre des arrêtés d’interdiction dans plusieurs villes, et réclamé jeudi l’envoi en France d’une mission d’observation sous l’égide des Nations unies, jugeant le maintien de l’ordre de ces dernières semaines "particulièrement chaotique et incohérent".

Autre point sensible du week-end : Orléans, où le congrès du Rassemblement national doit réunir plusieurs milliers de sympathisants, à six mois de l’élection présidentielle.

Entre 20.000 et 30.000 opposants au parti d’extrême droite sont attendus samedi dans la ville, où près de 3000 membres des forces de l’ordre seront déployés, pour une manifestation contre "le racisme, le fascisme et l’impérialisme" à l’appel d’une cinquantaine d’organisations.

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