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Thursday, September 17, 2026

Suède : la gauche remporte de justesse les législatives

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Emmenée par la sociale-démocrate Magdalena Andersson, la gauche a remporté jeudi des législatives ultraserrées en Suède, selon un décompte de l'autorité électorale.

Maintenant que le premier ministre Ulf Kristersson a concédé sa défaite, des tractations difficiles s'ouvrent au sein d'un bloc de gauche très morcelé pour tenter de former un gouvernement.

Ils n'ont pas le droit à l'erreur : l'alliance entre la droite et l'extrême droite, qui ne perd cette élection qu'à 50 000 voix près, attend en embuscade.

Avec 176 sièges, le bloc de gauche mené par Magdalena Andersson ne devance que d'un souffle les 173 élus de celui du premier ministre conservateur sortant Ulf Kristersson.

La quinquagénaire rêve d'un retour à la tête du gouvernement depuis qu'elle a quitté le pouvoir en 2022. Mais en négociatrice chevronnée, Magdalena Andersson, parfois présentée comme une Merkel suédoise pour son côté pragmatique et direct, devra essayer de faire coexister dans une même alliance deux partis qui ont parfois même du mal à se parler.

Dans son camp, ses alliés du parti de gauche et du parti centriste ont chacun tracé leurs lignes rouges tout au long de la campagne. Les centristes ne souhaitent pas voir des ministres de gauche au gouvernement, ce que ces derniers exigent pourtant.

Magdalena Andersson ne semble pas non plus très encline à faire entrer le parti de gauche au gouvernement : durant la campagne électorale, de multiples révélations du quotidien Expressen ont fait état d'élus du parti ayant tenu des propos jugés antisémites.

Mais la cheffe de file de l'opposition s'est dite prête à gouverner dès dimanche. Si cela [les résultats] se confirme, alors la Suède aura un nouveau gouvernement, avait lancé la sociale-démocrate de 59 ans à ses partisans.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez, l'un des rares gouvernements socialistes en Europe, a salué cette victoire jeudi sur X.

Après quatre ans de gouvernement de droite allié à l'extrême droite, les Suédois misent à nouveau sur l'État providence, la justice sociale et la transition écologique, s'est-il félicité.

Démission de Kristersson

Le premier ministre sortant ayant annoncé jeudi après-midi sa démission, la phase officielle des négociations peut commencer.

Ulf Kristersson a concédé sa défaite une fois le décompte terminé. Toutefois, le dirigeant de 62 ans pourrait lui aussi être tenté de former un gouvernement, en cas d'échec d'une alliance à gauche.

Ulf Kristersson.

Le premier ministre suédois sortant Ulf Kristersson (au centre), chef du parti conservateur des Modérés (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / CHRISTINE OLSSON / TT News Agency / AFP

Il lui faudrait pour cela trouver d'autres partenaires de coalition, ce qui paraît à ce stade peu probable.

Le parti du centre, qu'il tente d'attirer vers la droite, ne souhaite pas de gouvernement où l'extrême droite détient des portefeuilles ministériels. C'est pourtant ce que le premier ministre sortant a promis à la formation d'extrême droite si jamais il remportait ces élections.

Le recul des Démocrates de Suède (SD), parti d'extrême droite alliée du gouvernement sortant, reste par ailleurs l'un des événements marquants du scrutin.

Pour la première fois depuis leur entrée au Parlement en 2010, ils ont cédé du terrain : ils sont passés de 20,5 % en 2022 à 17,5 % et ont rendu à la droite modérée de M. Kristersson la place de deuxième force politique du pays.

Les élections de dimanche étaient si serrées, et le nombre de bulletins plus élevé que d'habitude, qu'il a fallu attendre un jour supplémentaire pour comptabiliser les quelque 300 000 voix manquantes, provenant de l'étranger et du vote anticipé.

Les résultats, normalement présentés mercredi soir, ont dû attendre jeudi.

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