«Le PQ devra montrer ses vraies couleurs», note notre Club des électeurs
Les électeurs ont obtenu ce qu’ils voulaient : un gouvernement du Parti québécois (PQ) sous haute surveillance. La force du Parti conservateur (PCQ) cause la surprise et fait craindre un virage à droite de Paul St-Pierre Plamondon, qui aura besoin d’appuis pour se maintenir au pouvoir.
« Ce gouvernement minoritaire me fait peur. J’aurais préféré un PQ qui puisse assumer l’ensemble de ses choix et mettre ses propositions de l’avant. Il sera teinté — pour ne pas dire colorié — de conservatisme et n’aura pas le choix de virer à droite. Québec solidaire aura un grand rôle de chien de garde, mais le PCQ est puissant, ça ne sera pas simple », a affirmé Marjolaine Cloutier, de notre Club des électeurs.
Signe de la montée en puissance des conservateurs, le péquiste Alex Boissonneault (qui s’était fait promettre un poste de ministre) a subi la défaite contre son rival du PCQ dans la circonscription d’Arthabaska-L’Érable, où il avait défait le chef conservateur, Éric Duhaime, lors de l’élection partielle du 11 août 2025.
« Je suis surpris de l’ampleur du vote conservateur. Je m’étonne de voir un Québec aussi à droite, qui s’explique toutefois par une montée de la droite à travers le monde. Il reste que je croyais le Québec plus progressiste que cela », renchérit Lous-Philippe Durbet, étudiant à l’École du Barreau.
Le mode de scrutin
Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon « devra montrer ses vraies couleurs », souligne de son côté Jocelyn Brousseau. Il pourra s’allier au PCQ, mais aussi à QS, dans certains dossiers.
L’ancien travailleur de Médecins sans frontières rappelle que la formation d’un gouvernement minoritaire « n’est pas une surprise dans un environnement politique devenu si fragmentaire ». « C’est le résultat de la polarisation grandissante dans toutes les démocraties du monde, incluant la nôtre. Pour moi, c’est impératif qu’on installe une culture de proportionnelle et de coalitions. Pour des raisons démocratiques, bien sûr, sans quoi on risque que nos sociétés deviennent difficilement gouvernables. »
Nos panélistes ont été étonnés de voir l’ex-ministre Sonia LeBel déplorer que la Coalition avenir Québec (CAQ) n’ait aucun élu malgré l’obtention, au moment où ces lignes étaient écrites, d’environ 13 % des voix. « Mais qui donc était au gouvernement pendant huit ans et a renoncé à réformer notre mode de scrutin ? » lance Louis-Philippe Durbet. Il rappelle que les solidaires et les conservateurs seront au rendez-vous pour appuyer une réforme du mode de scrutin. « La balle est maintenant dans le camp de PSPP. » Mais voudra-t-il s’aventurer dans cette voie périlleuse en dirigeant un gouvernement fragile ?
« L’Assemblée nationale sera plurielle le 6 octobre au matin, et nous aurons les yeux rivés sur la capacité des nouveaux députés à collaborer », souligne Alicia Despins, ex-élue municipale de Québec.
De son côté, Diaka Camara, gestionnaire en technologies de l’information, maintient son exigence de rigueur, même avec un gouvernement minoritaire. « Gagner des élections, ce n’est pas un chèque en blanc. J’ai surtout envie de voir comment ce nouveau gouvernement va transformer cette victoire en capacité de gouverner et de livrer. »
Jocelyn Brousseau
44 ans, père d’une fille, Gatineau
Travailleur humanitaire qui revient au Québec après 17 ans à l’étranger
« La CAQ serait-elle morte de sa belle mort ? À part Denis Coderre, je vois mal qui voudrait essayer de reprendre le parti. »
Diaka Camara
42 ans, mère de trois enfants, Montréal
Gestionnaire en technologies de l’information
« D’accord, un gouvernement péquiste, mais je ne peux m’empêcher de souligner un Québec politiquement assez éclaté. »
Marjolaine Cloutier
60 ans, mère d’une adulte, Trois-Rivières
Conseillère stratégique dans le milieu communautaire
« C’est aussi la victoire des sondages et du vote stratégique. Et ça, j’avoue que ça me laisse un goût un peu amer. »
Alicia Despins
32 ans, en famille recomposée, Val-d’Or
Doctorante et chargée de cours en administration publique
« Je salue l’élection d’Émile Simard dans Dubuc et d’Éloïse Coulombe dans Charlesbourg, tous les deux âgés de 23 ans ! Un gain non seulement pour le PQ et le PCQ, mais également pour la représentativité des jeunes Québécois. (J’ai moi-même été élue à 23 ans. J’espère qu’ils sont bien entourés, mais je pense qu’ils peuvent faire une vraie différence !) »
Louis-Philippe Durbet
22 ans, Sherbrooke
Étudiant à l’École du Barreau
« Anne Nguyen est élue. Une spécialiste de l’IA. Pourrait-elle devenir ministre des Technologies et aller de l’avant avec un encadrement de l’industrie de l’IA, en rapide expansion ? »
Mahjoub El Hamakani
74 ans, père et grand-père, Montréal
Gestionnaire retraité de la SAQ
« Quelle classe, le discours de défaite de Mme Fréchette. C’est ça, le Québec qu’on aime. »
Lylliane Le Quellec
64 ans, Sherrington (Montérégie)
Ingénieure en informatique à la retraite
« Je suis un peu soulagée et aussi inquiète d’avoir un gouvernement minoritaire. Je suis très déçue du succès du Parti conservateur. »
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