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Thursday, September 17, 2026

Mauvaise surprise pour de nombreux Belges : pourquoi certains voient leur date de départ à la pension postposée

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Ce qui explique le recul de la première date de départ à la pension, c’est la réforme du nombre de jours de travail ou assimilé par année pour que celle-ci soit comptabilisée comme une année de carrière.

Sous l’ancienne réforme, 104 jours de travail ou assimilé suffisaient à ce qu’une année de travail soit comptée. Il faut désormais compter 156 jours sous la nouvelle réforme. Et cela a un effet rétroactif.

"On compte 312 jours de travail pour une année, soit 52 semaines de 6 jours", précise Alice Weymers, conseillère générale au SPF Pension. "104 jours, cela correspond finalement à un tiers de 312. Donc avoir travaillé quatre mois de travail à temps plein ou huit mois à mi-temps suffisait auparavant."

"Si l’on compte 156 jours, c’est un mi-temps pendant toute une année complète ou bien six mois à temps plein", détaille la conseillère. "Cela peut donc avoir un impact sur la première date de prise de cours possible, ce que pas mal de gens ont pu voir dans MyPension", ajoute-t-elle.

L’exemple des mi-temps

Imaginons une personne qui a travaillé une grande partie de sa carrière à mi-temps – ce qui est notamment le cas pour bon nombre de femmes - comment une telle règle peut alors s’appliquer ?

"On constate – quand on regarde la carrière réelle de quelqu’un qui a travaillé mi-temps toute sa vie – qu’il y a des petites variations d’une année à l’autre", révèle Alice Weymers. "Il se peut qu’on ait fait un jour ou deux en moins une année, postposé à l’année d’après. 154 jours au lieu de 156 une année, alors qu’on en fait 158 l’année d’après, c’est dommage".

Pour contrer ce désagrément et lisser cela, le SPF pensions peut appliquer deux mécanismes, comme le détaille la conseillère :

  • "D’une part, il y a un pot de 5 jours de réserve pour tout le monde – que l’on soit mi-temps ou non - qui permet de boucher des petits trous à droite à gauche pour tout le monde, n’importe où dans la carrière.
  • Et il y a aussi les jours d’équilibre. Ces jours d’équilibre sont vraiment une mesure spécifique de protection pour des mi-temps sur une longue période et qui permettent de déplacer, théoriquement, ces jours d’une année à l’autre sur un bloc de mi-temps."

Élisabeth voit sa date de départ à la pension reportée de 8 mois

Elisabeth est tombée des nues en se reconnectant à MyPension dernièrement. Cette psychologue dans une ASBL qui s’occupe de la protection des enfants est née en 1965. Arrivée à 60 ans, elle a donc de nouveau accès à la date d’estimation de son départ à la pension : "La première date que l’on me proposait précédemment était mai 2032. En me reconnectant, j’ai appris que cela sera plutôt en janvier 2033, soit huit mois plus tard. Cela fait 36 ans que je travaille. Une petite partie de mon temps de travail a été à mi-temps, puis un trois-quarts temps et puis j’ai travaillé très très longtemps à temps plein. Je n’ai pourtant pas été au chômage, pas pris de congés au niveau parental, ni fait de pause carrière. Rien du tout", précise-t-elle, choquée par la nouvelle.

Comment se justifie alors cette situation que nous explique Elisabeth ? : "Cela veut dire que dans la carrière d’Elisabeth, il y a des années - quand on est passé de 104 à 156 jours - qui ne sont plus reprises. Au moins une année ou des années. Et donc, malgré les assouplissements avec les jours de réserve et les jours d’équilibre, ça ne suffit pas à compenser dans son cas", détaille Alice Weymers, conseillère générale au SPF Pension.

Des subtilités en fonction des dossiers

Mais bonne nouvelle tout de même pour Elisabeth : elle pourra, si elle le désire, partir le 1er juillet 2032. Et oui, via une autre règle, grâce à ses deux enfants : "Il existe une autre mesure d’assouplissement - qui était déjà existante dans la législation précédente et qui est donc toujours d’actualité – qui concerne la garde d’enfants. Pour des enfants de moins de 6 ans, des personnes qui auraient pris une interruption de carrière, mais non couvertes par le chômage, peuvent à ce moment-là avoir leur année qui est portée à 156 jours", révèle Alice Weymers.

Un autre cas est remonté à notre rédaction : celui de Marie-Noël, enseignante de 60 ans. Sa première date de départ possible à la pension a été postposée de 11 mois. Une situation qu’elle comprend d’autant moins alors qu’elle a obtenu une DPPR, cet allègement de fin de carrière octroyé par la Fédération Wallonie-Bruxelles aux enseignants, qui se terminera le 1er mai 2031.

"Ma première date était fixée au 1er mai 2031 et j’ai eu la surprise en consultant mon dossier pension de remarquer qu’en fait, elle avait été déplacée au 1er avril 2032", explique, dépitée, Marie-Noël. "J’ai toujours travaillé à temps plein, parfois en cumulant deux mi-temps. Je travaille depuis 1986 parce que quand j’étais étudiante, je faisais des jobs qui étaient des mi-temps et qui étaient considéré comme un travail."

Des accords antérieurs peuvent primer

Comment dès lors expliquer le cas particulier de Marie-Noël ? Un premier élément qui entre en jeu, c’est que pour les fonctionnaires et donc aussi les enseignants, il y a des coefficients de revalorisation de carrière qui existaient et qui sont aujourd’hui, avec la réforme, supprimés ou réduits.

"À partir de janvier, le coefficient d’augmentation est supprimé pour la majorité des catégories du personnel. Cette suppression est rétroactive et elle s’applique à l’ensemble de la carrière. Donc Marie, enseignante, avait un coefficient qui était à 1,05 et qui passe à 1,25 dans son cas. Ce qui veut dire que les années comptaient pour plus qu’une année. 12 mois valaient pour elle 12,6 mois auparavant. Et maintenant, ça ne vaut plus que 12,3 mois. Ce qui explique qu’il y a un décalage de 11 mois en ce qui la concerne. Et ça, c’est ce qu’elle voit sur MyPension. La spécificité, et c’est ça qui inquiète Marie, c’est qu’elle a effectivement signé un accord avec la communauté française disant qu’elle pouvait partir en mai 2031. La bonne nouvelle, c’est que Marie pourra bien partir en mai 2031. C’est cet accord qui prime", précise Alice Weymers du SPF Finance.

Voilà donc une bonne nouvelle pour Marie-Noël. Et cette évolution sera bientôt inscrite – comme pour Elisabeth d’ailleurs - sur le site mypension.be.

De légers ajustements

Philippe, 62 ans, à lui aussi vu sa première date possible de départ à la retraite retardé de deux mois. D’abord annoncée au 1er mai 2029, sa première date de départ à la pension a été décalée de deux mois, au 1er juillet 2029.

De nombreux futurs retraités se retrouvent d’ailleurs dans la même situation avec un déplacement de cette première date possible, du 1er mai au 1er juillet.

Un cas typique selon Alice Weymers : "Ça, c’est vraiment le cas classique que l’on voit au SPF Finance. Ce sont des personnes qui travaillent à temps plein. Elles ont besoin de valider leur dernière année - donc 2029 dans le cas de Philippe – pour atteindre ses conditions de carrière. Auparavant, cette date était au 1er mai, soit dans la logique 104 jours de travail ou 4 mois à temps plein. Demain, ce sera 6 mois, et donc au 1er juillet.

La référence reste MyPension et le SPF Économie

Voilà, donc des implications très concrètes de cette réforme des pensions. Mais le SPF fait face à de nombreux cas variés et complexes.

Toutes les personnes de plus de 60 ans n’ont d’ailleurs pas encore de nouvelles dates sur ce site mypension.be.

Le site va en effet peaufiner au fil des mois les dates pour l’ensemble de la population en tenant compte donc de cette dernière réforme du gouvernement qui change visiblement beaucoup de choses.

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