Schröder-Poutine, une amitié qui dérange à Berlin, le chancelier allemand Merz se dit «trahi»

L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, au pouvoir jusqu’en 2005, n’a jamais renié son amitié avec Vladimir Poutine. Les dernières escapades de l'ancien responsable politique social-démocrate à Moscou sont unanimement condamnées en Allemagne.
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C’est Vladimir Poutine en personne qui a publié les premières photos, écrit notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux. Selon la version du Kremlin, le président russe aurait appris, par hasard, la présence de Gerhard Schröder à Moscou et l’aurait sur le champ invité à la fête qu’il donnait le soir même dans sa résidence des environs de Moscou.
Poutine, rappelle la presse allemande, fêtait mercredi ses 74 ans, le jour même des attaques contre deux bus de civils qui ont fait plus de trente morts en Ukraine, des attaques présentées par les médias allemands comme un cadeau d’anniversaire pour le chef d'État autoritaire russe.
L’ancien chancelier n’en est pas à sa première visite en Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Mais cette fois, M. Schröder, qui n’a jamais renié son amitié avec Poutine, ni après l’invasion de la Crimée, ni après l’agression contre Kiev huit ans plus tard, est peut-être allé trop loin. À l’unanimité, la presse et la classe politique parlent aujourd’hui de honte. Friedrich Merz s'étant même dit « trahi ».
Malaise en Allemagne
Les liens de Gerhard Schröder, 82 ans aujourd'hui, social-démocrate et chancelier allemand de 1998 à 2005, avec Vladimir Poutine, suscitent le malaise en Allemagne, qui est l'un des principaux soutiens de Kiev et qui entretient des relations particulièrement tendues avec Moscou. Il a ainsi été privé des avantages accordés aux anciens chefs de gouvernement allemands en raison de sa proximité avec le président russe, auquel il est resté fidèle en dépit de l'offensive en Ukraine.
Après avoir quitté la chancellerie, où il avait joué un rôle central et très controversé dans les projets de gazoducs Nord Stream, il avait aussi travaillé pour le géant gazier russe Gazprom. Actuellement, il occupe plusieurs postes au sein de conseils de surveillance d’entreprises russes, dont l'enseigne de supermarchés russe Hyperglobus.
En mai 2026, M. Poutine avait suggéré que l'Europe choisisse Gerhard Schröder comme médiateur pour régler le conflit. Cette option avait rapidement été balayée par les vingt-sept pays de l'Union européenne.
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