Refroidir les data centers grâce à l'économie circulaire : le défi écologique que Veolia veut relever

Selon l'AIE (Agence internationale de l'énergie), les centres de données (data centers) ont consommé environ 415 TWh d'électricité en 2024, soit 1,5 % de la demande mondiale, et ce chiffre pourrait grimper à 945 TWh en 2030, tandis que le nombre d'installations serait multiplié par deux.
Or, le refroidissement des serveurs a un impact toujours plus marqué sur les ressources hydriques car il faut évacuer de grandes quantités de chaleur, ce qui nécessite pour cela de mobiliser d'importantes réserves en eau. À l'heure du dérèglement climatique, il y a urgence à déployer des solutions fondées sur la sobriété.
Miser sur les procédés circulaires
Pour inverser la tendance, il est possible de remplacer les eaux prélevées dans les nappes phréatiques par des eaux ayant déjà servies, qui sont épurées, nettoyées, puis retraitées pour être réutilisables. Elles peuvent provenir d'une station d'épuration municipale, d'un effluent industriel, de complexes d'habitation, ou même du recyclage interne des purges de refroidissement.
Une étude confirme ce que tout le monde craignait, sans avoir de véritable preuve jusqu’à maintenant : la présence de data centers dans une ville fait grimper la température environnante de plusieurs degrés.... Lire la suite
Cette méthode, appelée REUT (Réutilisation des eaux usées traitées) en France, permet d'alimenter à moindre coût environnemental les tours aéroréfrigérantes et les systèmes évaporatifs. Le bénéfice est double. D'abord, elle économise les ressources en eau potable, notamment dans les territoires soumis à des épisodes de sécheresse. Ensuite, elle offre une alternative efficace au refroidissement 100 % à air, qui est souvent plus énergivore, et donc plus émetteur de gaz à effet de serre.
Un rapprochement inédit
C'est pour déployer à grande échelle ces nouvelles solutions que Veolia a opéré un rapprochement inédit avec Amazon Web Service. Cette collaboration vise à associer les technologies avancées de réutilisation des eaux usées du leader mondial des services à l'environnement, aux capacités d'intelligence artificielle et de cloud du géant américain du numérique.
Irrémédiablement, les cours d’eau s’assèchent. Les aquifères et les glaciers s’épuisent. L’état de crise est dépassé, préviennent des chercheurs. Nous avons fait faillite. L’admettre, ce n’est pas renoncer. Mais le premier pas vers notre survie.... Lire la suite
Pour entrer dans le détail, l'objectif est d'équiper les data centers avec des systèmes prédictifs basés sur l'IA et le machine learning, qui amélioreront de façon conséquente le recyclage des eaux usées, tout en accélérant le développement de dispositifs toujours plus performants et simples à mettre en œuvre.
Située dans le Mississipi, la première installation de ce type entrera en service en 2027. Une fois pleinement opérationnelle, cette infrastructure innovante réutilisera plus de 314 millions de litres d'eau potable par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle d'environ 760 foyers américains, ce qui évitera de puiser dans les nappes phréatiques et renforcera la résilience hydrique locale.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.