Les ministres du Commerce du G20 réunis aux États-Unis, les droits de douane en embuscade
Les ministres du Commerce du G20 ont entamé mercredi des discussions sous l’égide des Américains qui les frappent de droits de douane, les accusent de fermer les yeux face au travail forcé ou encore de fausser la concurrence mondiale.
Washington est cette année l’organisateur d’une série de réunions du G20, qui rassemble les grandes économies mondiales (Chine, Inde, Japon, France, Russie, Canada, …).
Le dernier sommet réunira les chefs d’État mi-décembre dans un complexe de golf à Miami appartenant au président américain, Donald Trump.
La rencontre dédiée aux questions commerciales doit durer deux jours dans la ville de Milwaukee (Wisconsin, nord des États-Unis), non loin de la frontière avec le Canada, l’une des cibles privilégiées de la guerre commerciale menée par le locataire de la Maison-Blanche.
Les analystes s’attendent à ce que le sommet accouche d’une souris : les tarifs douaniers américains ont crispé les autres pays, et la Chine dément entretenir des surcapacités qui avantagent ses exportations et tirent les prix mondiaux vers le bas.
Avant le début des discussions mercredi, le ministre polonais des Finances, Andrzej Domanski, a appelé à baisser les barrières commerciales.
« Notre position a toujours été très claire : les droits de douane sont néfastes pour les entreprises, pour les consommateurs et font bien sûr grimper l’inflation », a-t-il lancé devant des journalistes.
La Pologne n’est pas un membre permanent du G20, mais elle a été invitée par les États-Unis à participer à tous les travaux cette année.
Washington a en revanche exclu l’Afrique du Sud sur fond de multiples désaccords politiques.
Mardi soir, avant l’ouverture officielle du sommet, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a affirmé que la politique américaine « n’était pas anti-commerce ».
Interrogé au sujet d’une possible détente avec le Canada, dont certains produits sont désormais interdits d’entrée aux États-Unis, M. Greer a dit que ce n’était « pas une urgence » pour Washington.
« Pas s’attendre à des percées »
« Il ne faut pas s’attendre à des percées à Milwaukee », a estimé auprès de l’AFP Josh Lipsky, du groupe de réflexion Atlantic Council, soulignant la préférence de Donald Trump pour des négociations bilatérales.
Depuis son retour au pouvoir, le président américain s’est lancé dans une vaste offensive protectionniste fondée sur le relèvement des droits de douane sur les produits importés aux États-Unis.
La Cour suprême a censuré en février les surtaxes généralisées qu’il avait imposées à l’encontre du reste du monde.
Ses droits de douane sectoriels (visant l’automobile, l’acier ou le bois de construction), en revanche, sont restés en place.
L’exécutif américain a partiellement remplacé les droits de douane annulés en introduisant une nouvelle taxe (de 10 % ou 12,5 %) sur les exportations d’une soixantaine de partenaires commerciaux accusés de ne pas suffisamment lutter contre le travail forcé. La Chine, l’Inde et l’Union européenne — toutes membres du G20 — sont concernées.
Le gouvernement Trump a aussi imposé des tarifs de 50 % sur un vaste éventail de produits canadiens, dont les machines industrielles, les appareils électroniques, les bâtons de hockey et les parfums, entrés en vigueur le 22 août dernier, après l’échec de négociations. Ottawa a répondu par ses propres contre-tarifs, auxquels la Maison-Blanche a répliqué par de nouvelles surtaxes et l’interdiction de l’import de certains produits canadiens aux États-Unis.
Nouvelle vague de tarifs ?
La menace de tarifs douaniers supplémentaires, fondée cette fois sur la question des « surcapacités industrielles », plane.
Ces termes désignent généralement la concurrence chinoise, mais les Américains pointent aussi l’Union européenne, le Japon ou encore la Corée du Sud.
Wendy Cutler, vice‑présidente de l’organisation américaine Asia Society Policy Institute, s’attend à ce que certains pays, qui s’estiment « injustement ciblés », « ne mâchent pas leurs mots » à ce sujet.
Plus largement, pense Josh Lipsky, les membres du G20 « se demandent jusqu’où ils doivent composer avec le gouvernement Trump, étant donné que la politique commerciale pourrait changer aux États-Unis après 2028 » et la fin du mandat du milliardaire républicain.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.