Gaza: des pluies torrentielles inondent les camps de déplacés, 70 000 personnes affectées

Dans la bande de Gaza, déjà confrontée aux bombardements et à une situation humanitaire catastrophique, les habitants ont également dû faire face à des inondations, ce week-end du 7-8 novembre. Des pluies torrentielles se sont abattues sur le territoire palestinien, affectant 70 000 personnes vivant sous des tentes, selon les autorités locales.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Gaza, Rami El Meghari, et à Paris, Murielle Paradon
Dans le camp d'Alwisam, au centre de la bande de Gaza, les abris de fortune accueillant des déplacés de guerre ont été inondés. Raed Almaquousi a été surpris par les pluies torrentielles en pleine nuit. Il creuse désormais une tranchée pour tenter d'évacuer l'eau de sa tente. « On dormait, et quand on s'est réveillé, on a vu que l'eau était montée au-dessus de nos matelas. Alors, on creuse une tranchée pour canaliser l'eau et l'évacuer du campement, pour pouvoir enfin dormir, se poser et vivre normalement », raconte-t-il.
Saoud Almaqousi vit sous une autre tente avec sa fille, qui est en fauteuil roulant. Pour elle, les inondations viennent aggraver une situation déjà catastrophique. Désemparée, elle décrit les dégâts provoqués par les pluies. « Tout notre couchage a été inondé ! On ne sait vraiment plus quoi faire, on ne sait pas comment se débrouiller », déplore-t-elle. Elle explique avoir sorti toutes leurs affaires à l'extérieur pour tenter d'éponger l'eau, mais les tentes sont dans le même état et leurs affaires sont trempées. « J'ai aussi ma fille avec moi, que Dieu lui vienne en aide », ajoute-t-elle.
Un quatrième hiver sous des abris de fortune
C'est le quatrième hiver que les Gazaouis doivent passer sous ces abris précaires, après le début de la guerre en octobre 2023. Les besoins sont considérables, explique Mahmoud Alhaheel, un autre déplacé du camp. « En fait, nous avons besoin de tellement de choses qu'il est difficile de dire précisément ce qu'il nous faut. Il nous faut un peu de tout : des bâches pour les tentes, des sacs... et aussi du sable pour délimiter la zone où nous nous trouvons », souligne-t-il. Sa propre tente est usée et laisse passer l'eau. « Elle se déchire sur les bords et l'eau s'infiltre dedans », précise-t-il. Mahmoud Alhaheel a cherché de l'aide un peu partout pour la remplacer, mais sans succès.
Selon l'ONU, près de deux millions de personnes, soit la quasi-totalité de la population de Gaza, ont besoin d'un véritable abri. Parmi elles, 235 000 sont exposées aux inondations.
À lire aussiTrois ans après le 7-Octobre, l’agonie se poursuit dans la bande de Gaza
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.