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Monday, November 2, 2026

Birmanie: exilés en Malaisie, des habitants de l'État Rakhine témoignent des violences de la junte

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En Birmanie, la junte tente toujours d’écraser la résistance menée par des dizaines de groupes armés ethniques et de milices pro-démocratie, usant de bombardements contre les civils et de la conscription forcée. Notamment dans l’État Rakhine, au nord-ouest de la Birmanie, où font rage les combats les plus intenses. Des dizaines de milliers d’habitants ont fui la zone, parfois vers d’autres pays comme la Malaisie. Inquiets pour leurs proches restés en Birmanie, des exilés témoignent.

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Avec notre correspondante régionale, Juliette Chaignon

Elias, exilé en Malaisie depuis 13 ans, s’inquiète tous les jours pour sa femme et ses enfants restés dans le Nord-Ouest de la Birmanie, près de Kyauktaw. « Lors d’une frappe récemment, cinq personnes de notre village sont mortes. Ça s’est passé au marché indien », explique-t-il.  

50 civils sont morts dans ce bombardement de la junte sur un marché et un pont. Une tentative de l’armée birmane de reprendre du terrain face à ses opposants de l’armée d’Arakan, qui contrôle la majorité du territoire.

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«Qu'est-ce qui m'arriverait si j'étais expulsé vers la Birmanie ?»

Faizal a fui ce conflit il y a trois ans. « J’ai une immense peur dans le cœur et dans l’esprit. Cela m’empêche souvent de dormir, témoigne-t-il. Qu’est-ce qui m’arriverait si j’étais expulsé vers la Birmanie ? »

Les deux camps sont accusés de cibler la minorité musulmane Rohingya, dont fait partie Muhammad, 22 ans. « En 2024, la junte a commencé à recruter dans notre camp de déplacés à Sittwe. Ceux qui étaient enrôlés ne revenaient jamais… Ma mère a eu peur pour moi, alors j’ai pris un bateau vers la Malaisie », explique-t-il.

Farooq a aussi vu deux de ses neveux être enrôlés, mais par l’armée d’Arakan. « Je peux vous montrer une photo. Regardez, c’est son uniforme. Il n'a que 14 ans. », décrit-il.

D’après les données des Nations Unies, depuis 2021, dans l’État Rakhine, le conflit a poussé 73 500 habitants hors de chez eux vers des camps de déplacés internes.

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