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Friday, August 28, 2026

Jeudi en Prime : "c’était inévitable que l’enseignement fasse sa part", estime Elisabeth Degryse, à la tête de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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C’était l’une des images de cette rentrée scolaire : quatre écoles en grève en région liégeoise, les enseignants estimant que leurs revendications sont restées sans réponse. Les syndicats du secteur de l’enseignement ont aussi déposé un préavis de grève jusqu’à fin septembre et continuer de contester les réformes et les mesures d’économies adoptées par le gouvernement d’Elisabeth Degryse (Les Engagés).

"Je suis ravie de voir que la rentrée s’est bien passée dans la majorité des établissements", réagit la Ministre-présidente. "Est-ce que les désaccords sont toujours là ? Sans doute. Est-ce que notre volonté est vraiment de renouer le dialogue ? Oui, évidemment", ajoute Elisabeth Degryse. "Assurément, c’est notre priorité", précise-t-elle.

Est-ce que pour autant cela remet en cause des décisions qu’on a prises il y a bientôt un an, en octobre 2025 ? Non.

"Est-ce que pour autant cela remet en cause des décisions qu’on a prises il y a bientôt un an, en octobre 2025 ? Non", poursuit la Ministre-présidente, forte de la conviction "que nous devions et que nous devons continuer à maîtriser ce budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles".

L’enseignement paye-t-il le prix le plus important ? "L’ensemble des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont payé un prix", répond la ministre qui souligne que "d’autres secteurs sont évidemment mécontents ou dans la difficulté face aux économies qui leur sont demandées". "C’était inévitable que l’enseignement fasse sa part, comme c’était inévitable que l’ensemble des compétences le fassent", poursuit Elisabeth Degryse.

La Ministre-présidente se veut toutefois rassurante. "Notre volonté n’est pas de reprendre à chaque conclave des mesures aussi importantes. Malgré ce que certains disent, ce n’est pas notre intention", explique-t-elle.

Manque de concertation avec les syndicats des enseignants ?

Du côté des syndicats du secteur de l’Enseignement, on a souvent reproché à Valérie Glatigny (MR), ministre de l’Education, un manque de concertation. "Chacun est ce qu’il est. Et donc évidemment, si je l’avais fait moi-même toute seule, peut-être que je n’aurais pas fait de la même manière", réagit Elisabeth Degryse. 

Le gouvernement la soutient et est derrière elle.

Celle-ci rappelle que "Madame Glatigny rencontre les syndicats, les directions, les représentants des fédérations de PO (ndlr, pouvoirs organisateurs) toutes les six semaines". "Je sais que certains disent que ce sont des rencontres qui ne mènent pas à des vraies concertations", ajoute-t-elle. "Ça reste une priorité du gouvernement et Mme Glatigny l’a dit", précise-t-elle.

A propos de la ministre de l’Education, "le gouvernement la soutient et est derrière elle", affirme Elisabeth Degryse. Elle ajoute que la volonté de son gouvernement est "de mettre en place, certains diront de remettre en place, des vraies structures de concertation avec l’ensemble du secteur".

Réduction des moyens alloués aux écoles

L’une des mesures d’économies prises par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles touche les écoles qui voient leurs moyens réduits, en particulier pour fournir du matériel scolaire aux élèves ou pour distribuer des repas. En résumé, les écoles doivent faire plus avec moins.

Pour le matériel scolaire à distribuer aux élèves, "je sais que c’est parfois nécessaire de faire preuve d’imagination, mais je pense vraiment qu’il y a moyen de faire autrement pour donner du matériel de qualité et durable à nos élèves pour leur scolarité", réagit Elisabeth Degryse.

Quant à la question des repas gratuits, "c’est une question difficile", reconnaît Elisabeth Degryse. Celle-ci rappelle qu’auparavant, un système d’appel à projet existait et bénéficiait à certaines écoles. Ce système "a été arrêté", explique la ministre. "Les montants ont été pour partie diminués et distribués à l’ensemble des écoles. Et donc certaines écoles, en fait, ont eu un petit peu plus de moyens et d’autres ont eu effectivement moins", précise-t-elle, consciente que "ça remet en question les repas scolaires". Elisabeth Degryse en profite pour souligner que "certaines autres autorités, par exemple des pouvoirs communaux, qui finançaient également des repas scolaires, ont profité de l’opportunité pour arrêter aussi leur financement".

"C’est un enjeu", reconnaît la Ministre-présidente, "On devra sans doute trouver une manière de s’y attaquer dans les mois et les années qui viennent autrement qu’avec le système qui était mis en place jusqu’à maintenant", estime-t-elle.

Fin de la gratuité totale dans les académies : la question du coût du parascolaire pour les familles

Du côté des académies de musique, il a aussi été décidé de remettre en cause la gratuité pour les moins de 12 ans. "Pour les enfants de moins de 12 ans, il existe, comme pour les enfants de plus de 12 ans, toute une série d’exemptions", précise Elisabeth Degryse. Et de donner l’exemple des enseignants, "détenteurs de la carte prof" qui les exempte du paiement dans les académies. Même chose pour "les personnes au chômage, les personnes qui sont au CPAS". "Il ne faut surtout pas laisser croire que tous les enfants de moins de 12 ans paieront", ajoute la ministre.

Il est encore trop tôt pour savoir si cette mesure d’économie a ou aura un impact sur les inscriptions dans les académies. "Nous serons extrêmement attentifs à ce que, s’il y a diminution d’enfants, il n’y ait pas d’impact, comme certains le craignent par exemple, sur la fermeture de certaines académies", rassure Elisabeth Degryse. "Le budget des académies n’a pas été diminué", ajoute-t-elle, précisant que "dans le coût qui est porté à charge des enfants de moins de 12 ans, 19 euros vont directement à l’académie".

Toujours au rayon des activités parascolaires, la Ligue des Familles a épinglé récemment le coût que ces activités représentaient pour les familles, estimant que 65% des parents en Fédération Wallonie-Bruxelles avaient du mal à payer ces activités. "Le sport, de quoi parle-t-on ? Du sport organisé par des clubs privés ? Du sport par exemple du tennis, du football organisé par du privé ou par du parascolaire communal ? Déjà aujourd’hui, l’accessibilité de ces deux types d’activités sportives est extrêmement différente", réagit Elisabeth Degryse. 

"Il y a plein de structures privées, pas du tout subventionnées ou très très peu subventionnées, sur lesquelles nous n’avons pas de levier pour faire baisser les prix", réagit la ministre qui ne veut "pas laisser croire que les clubs de sport, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles qui paye et qui fixe les prix des cotisations".

A plus long terme, Elisabeth privilégierait une intégration des activités extrascolaires ou parascolaires dans le temps scolaire.

Enseignement supérieur : réforme du minerval assumée

Autre dossier sensible, celui du coût du minerval dans l’enseignement supérieur. Quatre nouvelles catégories ont été définies par le gouvernement pour fixer le montant du minerval à payer, de 0 euro pour les boursiers à 1194 euros pour les étudiants dont les parents dépassent un certain seuil de revenus, en passant par 374 et 835 euros.

Une réforme assumée par Elisabeth Degryse. "Je mesure bien que pour certains, c’est extrêmement difficile", réagit la Ministre-présidente. "Ce sont les trois déciles les plus importants, donc les trois catégories de personnes qui gagnent le plus de moyens en Belgique francophone qui payeront le taux plein", assure la ministre. "Pour tous les autres, on a simplifié les choses puisqu’on a fait un guichet unique. Les étudiants rentrent un seul dossier au service des allocations d’études de la Fédération à l’Uni Bruxelles et c’est le service qui fait l’analyse pour voir si l’étudiant est boursier, est à 374 ou à 835 euros", explique la ministre.

Si vous avez des soucis, allez rencontrer votre service social.

Elle invite les étudiants concernés à se tourner vers ce guichet unique, au service des allocations d’études pour connaître le montant du minerval à payer.

Elisabeth Degryse rappelle aussi qu'"il y a des montants, des millions qui sont distribués à l’ensemble des établissements supérieurs pour soutenir les étudiants". "Si vous avez des soucis, allez rencontrer votre service social, ils peuvent vous aider pour du logement, pour du transport, pour du matériel de cours et le cas échéant pour le minerval", explique-t-elle.

Quel avenir pour les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Chaque année, la Fédération Wallonie-Bruxelles dépense plus d’argent que ce qu’elle perçoit. Elle emprunte aussi beaucoup. A la différence des autres niveaux de pouvoirs tels que le Fédéral ou les Régions, la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas la possibilité de trouver de nouvelles recettes en instaurant, par exemple, un impôt. Elle doit vivre avec la dotation qu’elle reçoit du Fédéral

Réduire le déficit ne peut se faire qu’au prix d’une réduction des dépenses. "On est face à un problème structurel de fond, on n’a aucun pouvoir fiscal", indique Elisabeth Degryse. "On reçoit une dotation, et puis, le seul moyen qu’on a pour trouver l’équilibre, c’est de jouer sur nos dépenses, c’est ce qu’on a fait", explique la Ministre-présidente, rappelant les décisions budgétaires d’octobre 2025.

L’avenir de la Fédération passera par les francophones, c’est sûr et certain.

A plus long terme, "la solidarité intrafrancophone, région Wallonne, Bruxelles, Fédération Wallonie-Bruxelles, va devoir jouer un rôle, même si la loi spéciale de financement devient plus intéressante pour la Fédération Wallonie-Bruxelles dans les années qui viennent", souligne Elisabeth Degryse. "L’avenir de la Fédération passera par les francophones, c’est sûr et certain", estime la Ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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