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Wednesday, October 7, 2026

L’économie sous le Parti québécois : une conjoncture qui pose des défis

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C’est dans un contexte économique difficile que Paul St-Pierre Plamondon et le Parti québécois (PQ) accèdent au pouvoir. Non seulement le PQ devra-t-il composer avec un gouvernement minoritaire, mais le déploiement de son programme sera complexe, alors que le parti est le seul à avoir promis un retour à l’équilibre budgétaire un an plus tôt que prévu.

Le Parti québécois s’est imposé une rigueur qui vient augmenter son coefficient de difficulté; il prévoit atteindre le déficit zéro en 2028-2029, alors que le gouvernement sortant de la Coalition avenir Québec (CAQ) visait 2029-2030, la cible à respecter en vertu de la Loi sur l’équilibre budgétaire.

Or, le PQ prévoit 21 milliards de dollars de nouvelles dépenses sur cinq ans. Et les mesures d’économies qu’il a définies sont fragiles, nous disait l’économiste François Delorme durant la campagne, après avoir étudié les cadres financiers des cinq principaux partis.

Le Parti québécois prévoit épargner 8,9 milliards de dollars sur cinq ans en réduisant les sommes prévues dans le Fonds de développement économique (FDE) et les subventions aux entreprises, un objectif qui sera difficile à atteindre, de l’avis de l’économiste Philippe Gougeon, ancien conseiller d’Eric Girard et de François Legault, puisque le cadre budgétaire actuel du gouvernement ne prévoit que 1 milliard de dollars dans le FDE en 2026-2027.

Le PQ vise également une réduction de la bureaucratie qui lui rapporterait, selon ses estimations, 6,3 milliards de dollars sur cinq ans, et s’attend à ce que les transferts fédéraux soient bonifiés de 4,4 milliards de dollars. Ces projections sont tout sauf solides.

De plus, le PQ prévoit réduire les sommes prévues en provision pour éventualités. Ajoutons qu’il y a encore des écarts à résorber dans le plan financier du Parti québécois, de 2,1 milliards de dollars, pour arriver aux cibles budgétaires fixées. Alors, d’emblée, le cadre financier péquiste s’appuie sur des assises assez fragiles.

Démographie et croissance

Ensuite, il y a le contexte social, géopolitique et économique. Sur le plan conjoncturel, la croissance économique au Québec est faible, voire stagnante.

À moyen et à long terme, le vieillissement et la décroissance de la population sont des pressions structurelles qui vont ralentir l’économie et la croissance des revenus autonomes pour l’État. Le Parti québécois prévoit, de surcroît, ralentir la hausse de l’immigration.

L’âge médian au Québec est de 43 ans. En Ontario, il est d’à peine 40 ans. En Alberta, c’est 38 ans. Le Québec et la Colombie-Britannique sont les seules provinces qui prévoient une contraction de leur population en 2027. Cette situation exerce une pression importante sur le potentiel de croissance du Québec.

Depuis des décennies, la croissance économique du Canada tend à être plus élevée que celle du Québec. Seul le gouvernement de Philippe Couillard, entre 2014 et 2018, a vu la croissance être très légèrement plus élevée au Québec que dans l’ensemble du pays.

C’est sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois, de 2012 à 2014, que l’écart de croissance avec l’ensemble du Canada a été le plus défavorable pour le Québec, avec une hausse du PIB nominal plus faible de 1,5 point de pourcentage.

Cela dit, la plus forte croissance des dernières décennies s’est produite sous un gouvernement du Parti québécois, entre 1994 et 2003, avec une moyenne annuelle de 2,8 %, selon les données calculées par la Banque Nationale.

Selon les économistes, la hausse prévue du PIB cette année au Québec devrait varier de 0,3 % à 0,5 %, ce qui est particulièrement faible. La croissance pourrait atteindre 1 % l’an prochain.

L'impact de la guerre tarifaire

Par ailleurs, le Québec est la province la plus touchée par les tarifs douaniers américains. En tenant compte de l’ensemble des niveaux de droits de douane qui s’appliquent sur certains biens et services québécois, le taux effectif des tarifs est de 11,5 %, ce qui est plus élevé que l’Ontario, à 8,5 %, et franchement plus important que le taux de 1,5 % en Alberta.

C’est donc un défi de taille, qu’a reconnu le premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon, en point de presse mardi après-midi. Il prévoit nommer une équipe de négociateurs pour défendre les intérêts du Québec.

Dans les circonstances, le défi principal du Québec demeure de diversifier ses marchés. Au cours des sept premiers mois de 2026, les exportations du Québec vers les États-Unis ont baissé de 6,3 %, alors qu’elles ont augmenté de 15 % vers les autres pays de la planète.

Les relations perturbées avec les États-Unis empêchent bien des entreprises d’aller de l’avant avec certains investissements.

Les mesures pour diminuer le coût de la vie

Le premier ministre désigné a dit que son intention est d’adopter rapidement une baisse de la taxe sur l’essence. Il avait promis une réduction de 7 cents durant la campagne. Le coût de cette mesure serait de 700 millions de dollars sur deux ans, selon le cadre financier présenté par le PQ.

Paul St-Pierre Plamondon veut également détaxer les biens usagés. Cette autre mesure va coûter 150 millions de dollars cette année, selon le cadre financier, soit environ 600 millions sur une année complète, et près de 2 milliards sur cinq ans.

Des appuis à trouver pour un gouvernement minoritaire

Surtout, le gouvernement devra s’assurer, à tout moment, d’avoir l’appui d’au moins un parti pour faire passer certaines lois. Il trouvera chez les députés du Parti conservateur des partenaires pour réduire la taille de l’État et de la bureaucratie. En retour, il pourra compter sur Québec solidaire pour des mesures liées à l’amélioration du filet social.

Paul St-Pierre Plamondon dit aussi partager certaines convictions en santé et en éducation avec le Parti libéral du Québec. Il y a de bonnes idées dans les autres partis, a-t-il dit. Mais se trouvera-t-il rapidement à devoir céder sur certaines demandes d’un autre parti pour que son gouvernement demeure en vie, comme le gouvernement libéral de Justin Trudeau a dû le faire avec le Nouveau Parti démocratiqe pendant des années à Ottawa?

Et comment le PQ pourra-t-il, à la fois, atteindre ses objectifs budgétaires, satisfaire les partis d’opposition et lancer une démarche de référendum sur la souveraineté?

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