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Thursday, September 17, 2026

La SQ n’a pas fourni des informations utiles à la coroner qui enquêtait sur un féminicide

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Dans son rapport d’enquête sur le meurtre de Joanie Imbeault par son ex-conjoint, la coroner déplore que la Sûreté du Québec (SQ) ne lui ait pas fourni des informations qu’elle demandait pour comprendre si les policiers auraient pu intervenir différemment avant le drame.

« À nouveau, je n’ai pu avoir accès à ces informations », écrit la coroner, Me Nathalie Lefebvre, au sujet de trois éléments qu’elle jugeait pertinents pour son enquête, dont le rapport a été rendu public cette semaine.

Le Bureau du coroner ne cherche pas de coupables ni de responsables des homicides, contrairement à la police. Son rôle est de déterminer comment les choses auraient pu être faites différemment pour éviter d’autres décès à l’avenir.

Le corps de Joanie Imbeault, une mère de 32 ans, a été retrouvé chez elle à Vaudreuil-Dorion le 17 juin 2025. Son corps présentait plusieurs blessures, selon l’autopsie. Le corps de son conjoint a été retrouvé dans un parc, où il se serait enlevé la vie.

Le travail de la coroner l’amène à rencontrer des proches des personnes décédées pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Après leur avoir parlé, elle résume la situation ainsi : « La relation était décrite par des proches et amis comme étant toxique, les deux étant très jaloux et la relation pouvait être marquée par de la violence. »

Une connaissance du couple, a déclaré être au courant que Joanie subissait de la violence de la part de son conjoint. Elle aurait eu la main fracturée à une occasion, selon ce témoin. Un voisin habitant l’immeuble a dit être intervenu à au moins deux occasions, « au cours desquelles il a vu madame portant des blessures ensanglantées ».

Le week-end précédant son meurtre, Joanie a dit à son conjoint que leur relation de couple était terminée et elle a passé le week-end chez un ancien compagnon et ami. À son retour chez elle, l’homme l’attendait. « Malheureusement, sa probable tentative de rupture, cette fois-ci, lui aura été fatale », écrit Me Lefebvre.

Peu de détails sur des interventions liées

Poursuivant son enquête, la coroner effectue des vérifications. Elle apprend que les policiers sont intervenus au domicile de Mme Imbeault à au moins une reprise dans les mois précédant son décès, lors d’événements qui auraient possiblement impliqué son conjoint.

« Je n’ai malheureusement pas pu obtenir les détails de ces interventions », écrit-elle.

Elle consulte aussi un rapport de police qui indique que le conjoint était le suspect dans un dossier de voies de fait pour un événement survenu le 8 février 2025 et dont la victime était Mme Imbeault. Il y est noté que Mme que M. ont tous deux fait des plaintes à la police (plaintes croisées) ce jour-là, s’accusant l’un et l’autre d’avoir porté des coups causant des blessures. Le dossier a été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui a choisi de ne pas porter d’accusations.

Pour comprendre si la mort de Joanie aurait pu être évitée, la coroner demande si une « enquête de voisinage » avait été faite à cette occasion et si des mesures de protection avaient été mises en place.

« À nouveau, je n’ai pu avoir accès à ces informations. »

Elle estime pourtant utile de voir si tout a été fait pour assurer la sécurité de Mme Imbeault.

Et même si les conjoints ont indiqué vouloir retirer leurs plaintes, « ce fait n’a pas pour effet de stopper le processus judiciaire éventuel », juge-t-elle bon de clarifier. Elle ajoute que les policiers doivent recueillir une preuve indépendante, c’est-à-dire hormis les versions des deux personnes impliquées, lorsqu’ils font enquête.

Me Lefebvre recommande à la SQ de revoir les interventions faites lors des événements du 8 février 2025 afin de déterminer si des améliorations pourraient être apportées au processus d’enquête afin d’assurer à l’avenir la sécurité des victimes.

Le Devoir a contacté la SQ jeudi afin de comprendre pourquoi la coroner n’avait pas eu accès aux informations qu’elle demandait. Nous n’avons pas eu de réponse au moment d’écrire ces lignes.

Besoin d’aide?

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez appeler la ligne d’urgence de SOS violence conjugale au 1 800 363-9010.

Si vous pensez au suicide ou vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca.

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