Du Mondial 98 au coup de boule, le joueur Zinédine Zidane en équipe de France en 7 dates clés

Intronisé au poste de sélectionneur de l’équipe de France après cinq années dans l’ombre à attendre son heure, Zinédine Zidane dirigera pour la première fois les Bleus ce vendredi en Turquie, dans le cadre de la Ligue des Nations. Retour sur les sept dates clés du parcours de joueur de Zizou en EDF.
17 août 1994 : un doublé d’entrée
© L’Équipe
Si la carrière internationale de Zinédine Zidane s’est terminée sur une tragédie, les débuts ont été glorieux. Dès sa première sélection, à 22 ans, le maître à jouer des Girondins de Bordeaux plante un doublé en trois minutes lors d’un amical face à la République tchèque.
La France sauve le partage, alors qu’elle était menée 0-2 avant l’entrée de Zidane peu après son entrée en jeu (2-2). Passée sous les ordres d’Aimé Jacquet, l’EDF entamait à l’époque son processus de reconstruction après avoir loupé le Mondial 1994 au terme d’un match traumatique face à la Bulgarie (1-2).
"Zidane-Zorro sauve la France" titre le lendemain le quotidien sportif tricolore L’Équipe. Homme de premières, le natif de Marseille inscrira trois ans et demi plus tard le premier but de l’histoire du Stade de France, face à l’Espagne. C’était le 28 janvier 1998.
12 juillet 1998 : la première étoile
Après un Euro 1996 sur lequel il n’a que peu pesé, diminué par les séquelles d’un accident de voiture, Zinédine Zidane entame la Coupe du monde 1998 en France de la pire des manières possibles. Dès le deuxième match de poule des Bleus face à l’Arabie saoudite, il voit rouge pour s’être essuyé les crampons sur le capitaine adverse Fuad Amin et écope de deux rencontres de suspension.
La France s’étant hissée sans lui en quarts de finale, Zizou réintègre le onze face à l’Italie et au Danemark mais ses prestations restent en deçà des attentes. C’est en finale, contre le grand Brésil, qu’il sort de sa boîte.
Dès la première mi-temps, il inscrit de deux coups de tête rageurs ses premiers buts en grand tournoi. Emmanuel Petit sale l’addition en fin de match, la France s’impose 3-0 et soulève au Stade de France la première Coupe du monde de son histoire. En fin d’année, Zidane devient le quatrième Français à remporter le Ballon d’Or après Raymond Kopa (1958), Michel Platini (1983, 1984, 1984) et Jean-Pierre Papin (1991).
28 juin 2000 : l’autre but en or
L’image de l’Euro 2000, coorganisé par la Belgique et les Pays-Bas, restera le but en or de David Trézéguet en finale face à l’Italie (2-1). Mais cette splendide demi-volée du 2 juillet, synonyme de deuxième (et dernier à ce jour) titre européen pour les Bleus, aurait pu ne jamais exister sans un autre but en or inscrit lui par Zinédine Zidane.
Déjà buteur en quarts face à l’Espagne (1-2), ZZ sanctionne une main portugaise au bout de la demi-finale jouée au Stade Roi Baudouin (1-2). La juste récompense d’une soirée aux allures de festival du joueur de la Juventus, marquée par plusieurs gestes techniques de grande classe.
Élu joueur du tournoi, Zidane est aussi sacré 'Meilleur footballeur de l’année' par la FIFA. Le Ballon d’Or lui échappe par contre pour atterrir dans les mains du Portugais Luis Figo.
26 mai 2002 : la blessure au pire moment
© Belgaimage
Championne du monde et d’Europe en titre, la France débarque logiquement pétrie d’ambitions en Asie pour disputer le Mondial 2004. Mais un coup du sort va précipiter le fiasco des Bleus de Roger Lemerre. Auteur quelques jours plus tôt d’une volée magique qui a offert la Ligue des Champions au Real Madrid, Zinédine Zidane se déchire le quadriceps de la cuisse gauche durant un match amical face à la Corée du Sud, coorganisatrice du tournoi.
Il ne fait son retour que pour le dernier match de poule face au Danemark, diminué, et ne parvient pas à éviter aux siens une défaite 0-2 synonyme d’élimination précoce. "À cinq jours du début de la compétition, fallait-il vraiment faire jouer le numéro 10 des Bleus sachant que ce dernier a vécu une semaine fatigante, entre la naissance de son fils, son voyage retardé en Asie et l’incommensurable folie médiatique qui accompagne chacune de ses apparitions ?", s’interroge à l’époque le journal Le Monde.
13 août 2004 : la 1re retraite internationale
© Belgaimage
"Je pense qu’à un moment donné, il faut savoir dire stop". Sept semaines après l’élimination surprise du championnat d’Europe 2004 face à la Grèce (0-1), c’est la déflagration dans l’Hexagone. Sur son site internet, Zinédine Zidane annonce sa décision "mûrement réfléchie" de dire adieu à l’Équipe de France.
Après une belle phase de poules, marquée par un premier match contre l’Angleterre qu’il avait renversé d’un merveilleux doublé dans le temps additionnel, Zizou était passé totalement à côté du quart de finale face aux futurs vainqueurs du tournoi (0-1). "Après la Coupe du monde 2002, il s’est passé quelque chose, confie le capitaine de l’EDF. L’Euro a confirmé tout cela. Il fallait changer un peu tout ça : changer d’habitudes, d’équipe, de joueurs ". Ne se sentant pas de repartir sur un cycle de deux ans vers la Coupe du monde 2006, il préfère tirer un trait à 32 ans sur "la plus belle chose qui [lui] soit arrivée dans [sa] vie professionnelle".
3 août 2005 : le retour de 'Sa Majesté'
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La première retraite internationale de Zinédine Zidane ne dure finalement qu’à peine plus d’un an. Le 3 août 2005, c’est à nouveau sur son site internet que le Madrilène annonce faire volte-face. "J’ai décidé de revenir chez les Bleus, écrit-il. […] J’ai bien réfléchi et je veux reprendre l’équipe de France. […] L’équipe de France m’a tellement donné que j’ai envie de l’aider." Le lendemain, le journal L’Équipe signe l’une de ses Unes les plus mythiques pour célébrer l’évènement, sobrement intitulée 'Il revient'.
Brassard au bras, Zidane se rappelle immédiatement au bon souvenir du public français en plantant le but du break dès son premier match amical, contre la Côte d’Ivoire (3-0). "27e but de Sa Majesté Zinédine Zidane en équipe de France !", s’exclame le commentateur Thierry Gilardi pour marquer l’évènement.
9 juillet 2006 : le coup de boule
"Ce n’est pas sur un coup de tête que j’ai décidé d’arrêter l’équipe de France." C’est par ces termes que Zinédine Zidane avait justifié sa première retraite internationale, sans se douter de leur caractère prémonitoire.
Le 9 juillet 2006, à l’Olympiastadion de Berlin, Zinédine Zidane signe en finale de la Coupe du monde le pétage de câble le plus iconique de l’histoire de son sport à l’occasion du dernier match de sa carrière de joueur professionnel. Mis en rogne par des mots doux du défenseur italien Marco Materazzi durant la prolongation, Zidane se retourne vers son adversaire et lui adresse un violent coup de boule dans la poitrine.
Exclu du terrain, il assistera impuissant à la défaite des siens aux tirs au but (1-1, 4-6). Un épilogue aux allures d’immense gâchis après une compétition survolée par Zizou, auteur de performances monumentales face à l’Espagne (1-3), qui voulait "l’envoyer à la retraite", et au Brésil (0-1).
Ce vendredi, Zinédine Zidane écrira les premières lignes de son troisième chapitre en Équipe de France. Les Bleus affrontent la Turquie en Ligue des Nations dans le modeste stade de Kocaelispor, à Izmir, sur les rives de la mer Égée.
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