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Sunday, September 13, 2026

En Inde, une coentreprise de fabrication de téléphones illustre le dégel avec la Chine

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La présence simultanée de Xi Jinping et Narendra Modi en Inde, à l’occasion du sommet des Brics, illustre le réchauffement des relations entre les deux pays les plus peuplés du monde. L’étau se desserre doucement entre les deux économies, avec l’autorisation de nouveaux investissements chinois sur le territoire indien, notamment dans un secteur clé : la fabrication de téléphones portables. Si la Chine reste de loin le plus grand fabricant mondial, l’Inde progresse rapidement. Une alliance, où une « joint venture » entre deux géants du secteur, a été annoncée en juillet. L’entreprise chinoise Vivo et l’indienne Dixon ont ainsi scellé leur collaboration, comme en témoigne la visite de l’une de leurs usines en banlieue de New Delhi.

De notre envoyé spécial à New Delhi,

Environ 1,2 million de téléphones par mois sont produits dans les usines que supervise Lalit Choudhary, directeur général des opérations pour Dixon Electronics, leader indien de la fabrication de téléphones. Avant d'entrer dans l'usine, passage obligé par la clean room : un sas où une gigantesque soufflerie élimine toutes les poussières. « Pas de poussière, contrôle de la température, contrôle de l'humidité, des décharges électrostatiques, il faut un environnement spécifique », explique-t-il.

Chaque employé surveille avec attention les larges machines blanches. Elles gravent, assemblent et vérifient que chaque pièce fonctionne. « Cette machine-là, on l'appelle le pilote. Et là, c'est une carte mère, mais pas encore fonctionnelle. Une fois qu'elle est passée dans la machine, avec tous les composants, on dit que c'est bon, elle est assemblée. Tout ce qui permet ensuite de pouvoir contrôler et utiliser le téléphone, c'est grâce à cela », détaille le directeur des opérations. Une plaque métallique sur laquelle sont installés les semi-conducteurs et composants électroniques du téléphone. Après être passée dans une dizaine de machines, la carte mère peut monter à l'étage supérieur.

C'est là, au micro-assemblage, que le téléphone prend forme. « En moyenne, il y a 75-80 personnes par ligne de production selon les modèles », précise Lalit Choudhary. « En Inde, cela fait plus de 15 ans que nous assemblons des portables, les gens ici en Inde sont des experts », ajoute-t-il.

Samsung, Motorola, Apple : la plupart des constructeurs mondiaux veulent réduire leur dépendance à la Chine et se tournent vers l'Inde, attirés par le faible coût du travail et les débouchés de l'immense marché indien. C'est aussi ce que vient chercher l'entreprise chinoise Vivo, dont la production conjointe avec Dixon doit débuter à l'automne. « Vivo, c'est le leader du marché des téléphones portables dans le marché indien, ils ont près de 20 % de part de marché, c'est une grande entreprise avec des capacités technologiques », souligne Saurabh Gupta, directeur financier du groupe.

Vivo, spécialisé dans la conception des portables, fabrique une large partie de sa production en Chine, un savoir-faire utile pour Dixon. Mais il a fallu convaincre durant plus de 15 mois les autorités indiennes pour qu'elles acceptent le projet. « Dans une joint-venture, les entreprises indiennes doivent avoir la majorité des parts, il doit y avoir des bénéfices concrets pour l'industrie et le pays en termes de transferts de technologies, de savoir-faire, des bonnes pratiques à adopter », explique Saurabh Gupta. Des transferts de technologies loin d'être évidents. Beaucoup doutent de la volonté des entreprises chinoises de vouloir réellement aider à former leurs concurrents de demain.

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