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Tuesday, October 13, 2026

La conversion de l’église Saint-Jean-Baptiste à Québec coûterait 60 millions

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La réparation et la conversion de l’église Saint-Jean-Baptiste en « un pôle culturel, communautaire et touristique » coûtera près de 60 millions de dollars, selon une estimation présentée mardi par la Ville de Québec. Cette dernière acquittera potentiellement plus de la moitié de la somme, aidée par une enveloppe d’Ottawa susceptible d’atteindre 25 millions de dollars.

Fermée au public depuis 2015, l’église Saint-Jean-Baptiste, située dans le faubourg du même nom, fait figure d’emblème fané dans le paysage de la capitale québécoise. La beauté du bâtiment patrimonial pâlit devant les traces d’usure évidentes — qui ont poussé le gouvernement du Québec à octroyer, à l’hiver 2026, 1,5 million de dollars pour procéder à des travaux « urgents et prioritaires » sur les portes, les fenêtres et les contrechâssis.

La Ville a acquis l’église en 2024 avec l’ambition de la faire briller à nouveau et, surtout, de l’ouvrir à la population.

Le chantier présentement dans les cartons permettra, selon la conseillère municipale de Cap-aux-Diamants, Mélissa Coulombe-Leduc, « de redonner son lustre à un bâtiment remarquable, d’en améliorer l’accessibilité et d’aménager des espaces où la culture et la vie communautaire pourront prendre la place qui leur revient ».

Les travaux prévus comprennent « la restauration des composantes patrimoniales et de l’enveloppe du bâtiment » — soit les portes, les fenêtres, la maçonnerie et la toiture, « la décontamination et l’aménagement polyvalent du sous-sol, la modernisation des systèmes électromécaniques, dont la protection incendie et la géothermie, ainsi que l’ajout d’un ascenseur », énumère la Ville dans un communiqué diffusé mardi.

« Il ne s’agit pas simplement de la restauration d’un bâtiment : c’est la renaissance d’un milieu de vie », a indiqué mardi le député libéral de Québec, Jean-Yves Duclos, au moment d’annoncer l’aide fédérale. La somme consentie par Ottawa proviendra du programme Bâtiments communautaires verts et inclusifs, doté de 1,5 milliard de dollars réparti sur cinq ans.

Une facture à la hausse

La Ville de Québec avait acquiescé aux conclusions du rapport qu’elle avait commandé à l’Institut canadien de Québec (ICQ) et qui recommandait de donner une vocation communautaire, culturelle et touristique à l’église érigée sur les ruines de sa prédécesseure, partie en flammes en 1881. Elle avait également mandaté la firme Raymont Chabot Grant Thornton (RCGT) pour évaluer la viabilité des usages proposés dans le rapport de l’ICQ.

Le rapport de RCGT indiquait que les nouvelles activités culturelles et communautaires pourraient engendrer des revenus compris entre 600 000 $ et 1,1 million de dollars par année. Il mentionnait également que le coût de réfection et d’entretien de l’église pouvait s’élever à 34 millions de dollars sur 15 ans — soit près de la moitié de la somme présentée mardi matin.

L’église Saint-Jean-Baptiste figure parmi les plus belles de Québec et revêt, aux yeux de la Ville et du ministère de la Culture, une valeur patrimoniale d’exception. C’est le chef-d’œuvre dans l’imposant inventaire de réalisations de l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, déjà réputé, à l’époque, pour ses travaux sur le séminaire de Québec, le monastère des Ursulines ou sur l’imposante église Saint-Sauveur, en Basse-Ville de la capitale.

La façade de l’église Saint-Jean-Baptiste, avec son imposant porche à arcades, sa rosace encadrée par deux fenêtres cylindrées et ses pilastres, s’inspire fidèlement de la devanture de la fameuse église de la Sainte-Trinité de Paris.

L’intérieur du lieu de culte recèle également une grande valeur artistique, notable par son ensemble statuaire, par l’orgue classé conçu par Napoléon Déry et par les rehauts en trompe-l’œil qui « accentuent l’opulence du décor », selon le répertoire du patrimoine culturel du Québec.

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