Une reprise rapide du travail pour les employés de GSK, malgré l’annonce de la suppression de 1.217 postes ? « La procédure est encore longue et nous rencontrerons la direction », le blocage des sites levé en fin de journée


« Avant, on faisait toute sa carrière chez GSK. Quand on y entrait, c’était pour la vie. L’entreprise était familiale et sociale. Maintenant, c’est terminé. On nous vend du rêve désormais ». Voilà l’état d’esprit des travailleurs désabusés présents jeudi devant les différents piquets de grève des sites de Rixensart et de Wavre (Brabant wallon), au lendemain de l’annonce de la direction de son intention de licencier 1.217 travailleurs.
« Dès l’annonce, j’ai été prise d’émotion. J’ai tout le temps envie de pleurer », confie ainsi Nathalie, maman solitaire de trois enfants et qui a 21 ans de carrière au sein de l’entreprise. Elle s’interroge sur son futur : va-t-elle devoir déménager, alors qu’elle s’est installée à Wavre, y a organisé sa vie et y a scolarisé ses enfants ? Elle a d’ores et déjà prévenu ses enfants de 15, 13 et 5 ans qu’il faudrait potentiellement devoir se serrer la ceinture dans les mois à venir.
« Vers où et vers quoi me réorienter, si je suis concernée par l’annonce ? Avant, on faisait toute sa carrière chez GSK. C’était un emploi stable et envié, vers lequel toute la famille me poussait. C’était une entreprise familiale, sociale. Un modèle. Mais on ne ressent plus du tout cela. Maintenant, ma ; perception d’avenir est complètement remise en question », regrette Nathalie.
Les travailleurs déplorent également l’incertitude dans laquelle ils se trouvent car tous ignorent qui devra, à terme, quitter l’entreprise. Une situation qui pourrait durer plusieurs mois. « Scandaleux », « anxiogène », « une forme de torture psychologique » : les mots étaient durs mais pesés à l’encontre de GSK.
« C’est la merde si je perds mon travail ! », abondait une autre maman solitaire, d’une adolescente de 15 ans. « Je suis propriétaire, et j’ai des coûts importants. Je dois aussi payer les voyages scolaires. Si je n’ai plus de travail, je n’ai pas de solution », s’inquiète-t-elle, déçue et triste, après 20 ans chez GSK. Chaque jour, elle passe près de 2 heures et demie sur la route pour aller au travail et rentrer à la maison, avec le stress de la route, des travaux et d’être à l’heure pour s’occuper de sa fille.
Au début de sa carrière, elle dit s’être montrée très flexible et avoir consenti beaucoup de sacrifices. « J’adhérais pleinement aux valeurs de l’entreprise, mais plus maintenant. Elle vend du rêve… »
« Je trouvais mon compte ici, mais on a basculé dans un côté obscur que je n’apprécie pas du tout, avec un tel manque de transparence sur qui sera ou non touché », partage encore cette maman.
Il faut dire qu’un emploi chez GSK, « c’est un peu une prison dorée, même si elle est accompagnée de beaucoup de stress », résumait encore une travailleuse, en évoquant les conditions salariales très attractives
Cette perspective de passer toute sa carrière au sein du groupe pharmaceutique, elle était plus partagée encore par Régis et Lysianne, un couple de travailleurs avec 25 et 26 ans d’ancienneté et arrivés chez GSK à une époque où les recrutements étaient nombreux. « Je ne le vis pas bien, c’est stressant et pénible de ne pas savoir, d’être dans une telle période d’incertitude », partage cette dernière.
« Il y a les perspectives de carrière, mais aussi financières ou encore sociales. Certains collègues sont devenus des amis voire de la famille, en devenant parrain d’un de nos enfants », abonde son compagnon.
« GSK était au départ une entreprise scientifique avec un objectif prioritaire de santé publique. Il est devenu un groupe avant tout financier et qui fait de la santé », ponctue Régis.
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