Pastilles, timbres et gommes gratuits | Québec élargit l’aide aux personnes qui veulent arrêter de fumer

Québec donne un coup de pouce supplémentaire aux fumeurs qui veulent abandonner la cigarette ou la vapoteuse. Les gens couverts par le régime public d’assurance médicaments ont droit à 24 semaines par année de timbres, de pastilles et de gommes à mâcher de nicotine gratuits plutôt que 12. La varénicline, un médicament antitabagique, est, de son côté, désormais couverte pendant 24 semaines non consécutives.
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Le Regroupement d’experts pour la cessation tabagique, qui regroupe une centaine d’organisations, de médecins et spécialistes, applaudit cette décision. Il réclame depuis 2019 une modification de la couverture des aides pharmacologiques pour arrêter de fumer1.
Jusqu’à mercredi, les patients étaient pénalisés lorsqu’ils faisaient une rechute ou interrompaient leur thérapie pour une raison quelconque avant la fin des 12 semaines de couverture annuelle de la Régie de l’assurance maladie du Québec, indique le co-porte-parole du Regroupement, le pneumologue Sean Gilman.
Il fallait attendre à l’année suivante avant de pouvoir recommencer un nouveau traitement sans payer.
« C’est un processus, arrêter de fumer ou vapoter. Ça peut prendre une vingtaine d’essais », dit le Dr Gilman, directeur du Programme de traitement de la dépendance au tabac et à la nicotine du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), qui pratique aussi à l’hôpital de Verdun.
Un moment donné, les fumeurs et les vapoteurs vont devenir plus motivés et c’est là qu’il faut vraiment mettre [toutes les chances de leur côté].
Des patients n’ont pas les moyens de se payer des aides thérapeutiques à la cessation tabagique, signale-t-il. Les timbres, couplés à des pastilles de nicotine, coûtent environ 210 $ par mois, estime le Dr Gilman.
« Les personnes qui fument plus qu’un paquet par jour, parfois, ils ont besoin de deux timbres, donc ça peut être 300 $ pour un traitement au début », précise-t-il.
Selon le Dr Gilman, ces modifications à l’assurance médicament feront « une réelle différence » pour les gens à faibles revenus et ceux qui vivent avec un trouble de santé mentale, soit « les personnes qui fument et vapotent davantage et qui font face à de plus grands obstacles avant de pouvoir accéder aux aides thérapeutiques de cessation ».
Une recommandation de longue date
L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a recommandé ces modifications en août à la ministre de la Santé de l’époque, Sonia Bélanger. Dans son avis, il rappelle que le tabagisme demeure l’une des principales causes évitables de morbidité et de mortalité au Québec.
Dans la province, 11 % des Québécois fumaient la cigarette conventionnelle en 2023 et 7 % avaient vapoté dans les 30 derniers jours, selon une enquête de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
« Les aides pharmacologiques reconnues sont efficaces, mais leur utilisation demeure sous-optimale », écrit l’INESSS dans son avis.
Près de 67 000 Québécois ont utilisé, en 2025, une pharmacothérapie pour la cessation tabagique, comme les timbres cutanés et la varénicline, selon l’INESSS.
1. Lisez l’article « Soutien à la cessation tabagique : il faut faire plus, selon 90 médecins »
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