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Tuesday, October 27, 2026

Elections en Israël : plongée à Méa Shéarim, le quartier des Juifs ultraorthodoxes dispensés de service militaire

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Entre Laïcs et ultra-orthodoxes, Israël est un pays fracturé. Depuis 1948, les étudiants des écoles talmudiques sont dispensés de service militaire obligatoire en Israël afin de préserver le monde de l’étude juive. Pour les Haredim, l’étude de la Torah est l’arme spirituelle suprême et l’armée est considérée comme un milieu laïque mettant en péril les valeurs religieuses des jeunes hommes.

Mais depuis la guerre à Gaza, cette exemption laisse des vides dans les rangs de l’armée israélienne. L’effort de guerre est massif, les réservistes sont mobilisés pour des centaines de jours, meurent, sont blessés. Pour eux comme pour leurs familles, cela crée un sentiment d’injustice. Le mouvement "Mères au front" et de jeunes soldats demandent que chacun prenne sa part du fardeau, y compris les ultraorthodoxes.

Ces Haredim sont représentés essentiellement par deux partis alliés à Benjamin Netanyahou qui fait tout pour bloquer la circonscription des jeunes ultraorthodoxes.

Shass est un parti ultraorthodoxe séfarade dirigé par l’ancien ministre Arié Dery. Il contrôlait 11 sièges et se veut représentant des plus pauvres. 

Yahadout Hatorah Hameouhedet ("Judaïsme unifié de la Torah"), est ultraorthodoxe ashkénaze, dirigé par Yaakov Acher et détenait 7 sièges. Union de deux formations ultraorthodoxes, le parti se bat, comme Shass, pour éviter la conscription des étudiants en écoles talmudiques et pour renforcer le caractère religieux d’Israël.

Depuis la guerre à Gaza, les partis ultra-orthodoxes montent en puissance. Juste avant sa dissolution en juillet, le Parlement a voté une loi permettant de séparer hommes et femmes dans certains parcours universitaires, ainsi qu’un texte sur l’importance de l’étude de la Torah.

Immersion à Méa Shéarim, chez les ultraorthodoxes

Dans le quartier de Méa Shéarim à Jérusalem, tout est codifié. Ici vivent principalement des ultraorthodoxes hassidiques et lituaniens appartenant à diverses dynasties comme les Breslov, Satmar, Slonim, etc.

Y rentrer, c’est remonter le temps. Les tenues sont strictes : costumes noirs et chemises blanches pour les hommes, avec souvent des redingotes ou des chapeaux de fourrure traditionnels, des shtreimels, des jupes longues et des tenues très couvrantes pour les femmes. On y parle le yiddish, et la loi religieuse juive, la Halakha, régit toute la vie.

Ici, personne ne veut admettre que la dispense de service militaire pour ces ultra-religieux enflamme la société israélienne dans son ensemble, comme en témoigne le Britannique Tov Tollond : "L’armée n’est clairement pas une place pour un Haredim, un étudiant religieux. Le biais de l’armée est d’éloigner les hommes de la religion et ce n’est pas un endroit pour nous."

Zeev Zilba, boulanger à Méa Shéarim, approuve : "Bien sûr que nous sommes d’accord avec ça. Mais ce n’est pas nous, c’est la Torah qui l’impose. L’armée est en contradiction avec la Tora. C’est interdit qu’on s’engage. Alors, s’ils veulent nous poursuivre… qu’ils nous poursuivent."

En 2024, la cour suprême israélienne a ordonné la conscription des Haredims en âge de faire l’armée. Ils seraient aujourd’hui 80.000. Mais moins de 5% d’entre eux vont finalement servir sous les drapeaux car Benjamin Netanyahou a gelé cette obligation pour garantir son alliance avec les partis ultra-religieux.

Une démographie explosive

Avec 6 enfants en moyenne par famille, la démographie des ultras orthodoxes a explosé en Israël. Ils représentent désormais 15% de la population. Leur natalité élevée devrait les mener à constituer un quart d’ici 2050. Et dans un pays, où chacun a un proche dans l’armée, la dispense accordée aux Haredims passe très mal.

Ava Salomon ne l’ignore pas : "Nous étudions la Parole de Dieu et c’est cela qui nous protège. Eux aussi nous protègent, je ne dis pas le contraire, mais notre protection est bien plus importante que la leur. C’est l’étude de la Torah qui protège ce pays."

Pour reconduire une majorité autour de lui, Benjamin Netanyahou compte aussi sur les sièges du parti d’Itamar Ben Gvir. Le ministre d’extrême-droite est un colon, suprémaciste. Son programme reste d’annexer la Cisjordanie et de chasser les Palestiniens de Gaza.

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