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Wednesday, October 14, 2026

Des changements pour l’école "mais la philosophie reste" : la ministre Valérie Glatigny explique ses projets

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C’est au sein de cette nouvelle instance de concertation, le "comité d’avis", réunissant, mardi, les différents acteurs de l’Ecole (pouvoirs organisateurs, directions, professeurs et élèves, syndicats, parents), que la ministre a en effet résumé et la situation budgétaire, l’impact des réformes déjà prises et surtout annoncé les "nouveautés" à mettre en œuvre jusqu’à la fin de la législature.

Une concertation que Valérie Glatigny juge encourageante : "C'était plutôt positif hier (ndlr : mardi)." La ministre souligne notamment la place désormais accordée aux directions d'école : "C'est la grande nouveauté de ce comité d'avis, c'est que les directions d'école sont associées au plus près des décisions." 

Confirmation de la fin du tronc commun

Après des mois de flottement entre poursuite du tronc commun en 3e secondaire comme prévu dans le Pacte d’Excellence conclu en 2017 et suppression, la ministre a tranché. Il n’y aura plus de tronc commun prolongé : la même grille horaire pour tous les élèves s’arrêtera définitivement en 2e secondaire. Ce qui veut dire en 3e secondaire le retour des "options" et l’arrivée de deux fois trois heures d’"activités orientantes" pour remplacer cette grille uniforme.

Avec la possibilité de piocher parmi huit domaines : langues modernes et pratique de la communication ; littérature, langue de culture, art et expression ; culture, art, création, technique artistique et artisanat ; santé, éducation physique, bien-être et technique de soin ; mathématiques et sciences appliquées ; technologies et techniques appliquées ; environnement, sciences, techniques de la terre et du vivant mais aussi gestion de projets économiques, sociaux et environnementaux. De quoi permettre aux élèves – sans être enfermés dans une filière bloquante – de faire un choix parmi une série d’activités.

Un changement que la ministre refuse toutefois de considérer comme une rupture avec la philosophie du Pacte d'excellence. "Techniquement, tout le monde n'aura pas exactement la même formation jusqu'à la fin de la troisième. Mais la philosophie reste", assure Valérie Glatigny. L'objectif demeure d'éviter que les élèves soient orientés vers l'enseignement qualifiant par défaut. "Cette éducation au choix qu'on fait dès la première secondaire qui s'amplifie en deuxième secondaire et en particulier en troisième secondaire, elle permet d'éviter cette relégation vers le qualifiant que nous avons tous dénoncé."

Renforcement de l’apprentissage des langues

La volonté est confirmée de voir une 2e langue obligatoire dès la 2e secondaire et non plus la 3e. En 2e, chaque élève va apprendre deux langues modernes et une des deux devra être une langue nationale. Ce qui veut dire concrètement qu’un élève qui apprend le néerlandais depuis les primaires (obligatoire à Bruxelles, pas encore en Wallonie) pourra choisir l’anglais en 2e secondaire. Celui qui apprend l’anglais depuis les primaires devra choisir entre le néerlandais ou l’allemand.

A noter que le gouvernement de la Fédération envisage toujours de rendre le néerlandais obligatoire pour tous dès la 3e primaire. Mais là pas avant la rentrée 2029. Officiellement pour laisser le temps aux écoles de se préparer mais surtout pour voir s’il y a assez d’enseignants disponibles pour ce basculement…

Pour justifier ce renforcement, Valérie Glatigny avance un chiffre : "25% d'élèves qui sortent de l'enseignement secondaire sans jamais avoir appris un mot néerlandais." Une situation qu'elle juge "inacceptable", rappelant l'importance de cette langue pour "l'insertion socioprofessionnelle de nos jeunes, tout simplement pour qu'ils puissent trouver un métier".

Quant à la disponibilité des professeurs de langues, la ministre reconnaît qu'il s'agit d'un obstacle potentiel : "Oui, c'est vrai, c'est un point d'attention." Le report de la généralisation du néerlandais en primaire doit précisément permettre aux établissements de disposer des enseignants nécessaires.

A noter que lorsque la ministre parle "langues", cela concerne aussi les "langues anciennes". Le latin ou le grec n’existent plus aujourd’hui en 1re secondaire que sous l’intitulé de cours "français et langues anciennes". En deuxième dès l’année prochaine, réapparaîtront bien deux heures de latin obligatoire pour tous. En 3e, retour à une heure qui pourra être complétée par un cours en option de latin.

Retour du redoublement

L’idée est de réautoriser à nouveau le redoublement en sixième primaire mais aussi entre la première et la deuxième secondaire. Fin des "passages automatiques". Avec promesse répétée de soutien et d’accompagnement personnalisé pour soutenir les élèves en difficulté, comme c’est le cas en primaire et, depuis cette année, en 1re secondaire.

"L'idée, c'est vraiment d'éviter un passage automatique sans qu'on soit sûr que l'élève a bien fait les apprentissages nécessaires pour lui permettre de progresser sans problème par la suite", explique Valérie Glatigny. "On sait que si on ne traite pas une difficulté d'apprentissage tôt elle s'aggrave avec le temps." La ministre insiste sur les moyens supplémentaires prévus pour l'accompagnement personnalisé, évoquant notamment la possibilité d'avoir "deux enseignants dans une classe, un des deux pouvant donner plus d'attention à des élèves en difficulté".

On pourrait aussi notamment ajouter, entre autres mesures, le remplacement programmé du CE1D, l’épreuve certificative externe identique pour tous qui sanctionnait la fin de la 2e secondaire, à partir de 2028, par un CESI, Certificat d’enseignement secondaire inférieur, qui ponctuera la réussite en fin de 3e secondaire.

A noter pour conclure que tous ces projets devront à présent être soumis au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors de la réunion prévue le 23 octobre pour approbation, l’accord devant être traduit en décret à faire approuver par le Parlement de la FWB dans les prochains mois. Entrée en vigueur progressive à partir de la rentrée 2027-2028.

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