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Wednesday, October 28, 2026

Crise de l’itinérance | Une feuille de route pour St-Pierre Plamondon

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Réduire l’itinérance de moitié d’ici 2030 est possible, mais il faudra éradiquer la crise à la source, recommande le réseau communautaire à Paul St-Pierre Plamondon. Un nouveau « livre blanc » appelle notamment son gouvernement à s’assurer que personne ne quitte un centre jeunesse ou une prison sans un logement.

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« Il faut faire le constat que notre capacité [des groupes communautaires], elle est déjà largement dépassée par le tsunami en itinérance qui nous est tombé dessus. Il y a trop de gens qui rentrent en itinérance, et il faut se demander pourquoi », résume la directrice générale du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM), Michèle Chappaz.

Son groupe, qui réunit des dizaines d’organismes communautaires québécois, rend public ce mercredi un « livre blanc » en itinérance. Le tout se veut une sorte de feuille de route pour le nouveau gouvernement péquiste. Ce dernier s’est engagé durant la campagne à diminuer l’itinérance d’au moins 50 % d’ici 2030, soit au cours du prochain mandat.

Plusieurs actions prioritaires sont identifiées. La première serait d’adopter une directive interministérielle « garantissant qu’aucune personne ne quitte une institution provinciale sans un plan de logement et d’accompagnement, et ce d’ici le 1er janvier 2027 ».

Pour Mme Chappaz, « cela permettrait d’aborder la question cruciale de la sortie des cercles étatiques ».

Environ 30 % des jeunes qui viennent de la DPJ vont vivre un épisode d’itinérance. Et quand on demande aux gens vivant dans la rue, la moitié disent qu’ils y sont déjà passés. C’est énorme.

Michèle Chappaz, directrice générale du MMFIM

« Il faut aussi s’intéresser au milieu carcéral, aux maisons d’hébergement, aux établissements de santé. Agora Déclic, c’est un début, mais ça prend beaucoup d’autres mesures », ajoute la leader communautaire, en référence à ce projet de campus pour les jeunes adultes issus de la DPJ, à Montréal.

Vers une « prévention universelle »

Le rapport appelle à la création d’un plan d’action national en itinérance, avec des cibles annuelles « mesurables » et une reddition de comptes récurrente à l’Assemblée nationale. La création d’une plateforme publique, qui permettrait de documenter cette évolution, est aussi évoquée.

Au passage, le MMFIM presse Québec de s’engager à un financement sur plusieurs années d’au moins cinq ans aux organismes en itinérance, indexé au coût de la vie.

En campagne, le Parti québécois avait promis 400 millions de dollars en quatre ans aux organismes communautaires. Cela correspond à moins du tiers de leur demande, qui était un « fonds d’urgence » de 360 millions de dollars par année, donc 1,4 milliard en quatre ans.

Cet argent doit servir à « aller au-delà de la gestion de l’urgence » et viser la « prévention universelle », lit-on dans le rapport. « Ça veut dire des logements abordables pour tous les quintiles de revenus et des revenus suffisants pour tout le monde. C’est la base », soutient Michèle Chappaz.

Elle recommande pour ce faire d’interdire formellement les évictions, puis d’atteindre un minimum de 20 % de logements hors marché dans le parc locatif, en s’assurant d’offrir du soutien psychosocial pour les personnes itinérantes qui y habiteront éventuellement.

Pour l’heure, Paul St-Pierre Plamondon s’engage à ce ratio de 20 %, mais seulement à l’horizon 2050. À plus court terme, il veut mettre fin aux logements abordables intermédiaires, qui pouvaient coûter jusqu’à 2000 $ mensuellement sous la CAQ. Les péquistes ont également promis de financer 20 000 nouveaux logements sociaux au cours du mandat. « Le logement social est de retour au Québec », a plaidé le premier ministre la semaine dernière, en disant vouloir travailler avec les villes, « qui ont une connaissance des projets pouvant voir le jour ».

Bientôt, un sommet québécois

Ce document est publié à l’approche d’un très attendu sommet sur l’itinérance, prévu au début de l’année 2027 avec de nombreux partenaires institutionnels et communautaires, en présence des municipalités intéressées et du gouvernement fédéral de Mark Carney.

L’initiative a été lancée par l’ex-première ministre péquiste Pauline Marois, qui mène depuis quelques mois une tournée des organismes communautaires partout au Québec pour documenter la crise et les besoins.

Le MMFIM se dit « prêt à contribuer activement à cette démarche ». « Le dévoilement de ce Livre blanc marque une invitation à passer ensemble de la gestion de l’urgence à une action collective plus structurée, afin de prévenir l’itinérance et de créer les conditions nécessaires pour y mettre fin », conclut-on dans le rapport.

En annonçant une aide d’urgence en itinérance de 28 millions il y a quelques jours, M. St-Pierre Plamondon avait évoqué « d’autres annonces » à ce sujet dans les prochaines semaines.

Selon le plus récent dénombrement, rendu public en avril, plus de 12 000 personnes vivent actuellement dans la rue, soit une hausse de 20 % à l’échelle de la province par rapport à octobre 2022. Si Montréal en demeure l’épicentre, l’itinérance est aussi 30 % plus nombreuse qu’avant en région.

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