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Saturday, November 7, 2026

Catherine Gentilcore donne maintenant le ton au gouvernement

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Le mercredi 21 octobre 2026. Les 22 membres du Conseil des ministres du gouvernement du Parti québécois (PQ) viennent d’être assermentés. Quatre d’entre eux se présentent devant les journalistes. « C’est toi qui donnes la note ? » demande Joël Arseneau à la nouvelle vice-première ministre, Catherine Gentilcore. « La ! » fredonne Elsie Lefebvre. « C’est un ré », répond Mme Gentilcore du tac au tac.

Ce n’est ni la leader parlementaire du gouvernement, ni la ministre de l’Immigration et de l’Intégration, ni même la ministre responsable de l’Accession du Québec à l’indépendance qui parle. C’est la mezzo-soprano diplômée en chant classique.

Car, oui, il y a 20 ans, la principale intéressée n’étudiait pas la science politique ou le droit. Elle arpentait plutôt les couloirs du pavillon de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, au sommet de l’avenue Vincent-d’Indy. Aurait-elle alors pu s’imaginer dans les fonctions de vice-première ministre ? « Évidemment pas », répond-elle en entrevue.

Professeure retraitée d’interprétation, Catherine Sévigny a enseigné à la future élue du PQ durant son baccalauréat. Elle n’est même pas un brin surprise de voir Catherine Gentilcore où elle est aujourd’hui. « Il y a des étudiants qui sont marquants, et c’était le cas de Catherine », se remémore-t-elle à l’autre bout du fil. « C’est une élève qui était très curieuse. […] C’était quelqu’un de très sociable. J’ai trouvé qu’il y avait une suite qui était logique. »

Mme Sévigny se souvient d’avoir vu l’étudiante Gentilcore « entraîner ses confrères et ses consœurs, les encourager » dans les moments critiques. « Ça, c’est particulier, parce que souvent, en musique, c’est plus individualiste. »

Chanter le pays

Catherine Gentilcore grandit à Repentigny dans une famille passionnée de chanson. Sa mère, Josée Veillette, « chante dans des chorales ». « J’ai eu un intérêt très vite pour ça », raconte la vice-première ministre.

Entre les murs de la maison d’enfance de Catherine Gentilcore, il n’est pas rare d’entendre un piano résonner. C’est aussi là que l’élue péquiste fait ses premières armes en politique. « Au référendum de 1995, j’avais eu le droit de veiller plus tard pour voir les résultats. Je venais d’avoir 10 ans. »

Déjà, même si elle ne pouvait pas voter, Catherine Gentilcore avait choisi son camp. « Mes parents étaient souverainistes. […] C’est vraiment un sentiment qui m’habitait très tôt », souligne-t-elle.

Le grand saut

Après ses études en musique, Catherine Gentilcore étudie en journalisme, puis en communication et marketing. C’est dans ce domaine qu’elle se lance ensuite, au Devoir (2014-2019), à l’Opéra de Montréal (2019-2023) et à C2 Montréal (2023-2024).

Le saut dans l’arène politique arrive à l’hiver 2021.

À ce moment-là, le Parti québécois évolue dans « un climat très difficile », convient Catherine Gentilcore. Une « conjoncture d’événements pendant la pandémie » de COVID-19 la pousse à transmettre, par courriel, son curriculum vitæ à la formation politique dirigée depuis quelques mois par Paul St-Pierre Plamondon. « J’étais dans une maison d’opéra, et il n’y avait pas de spectacles parce qu’on était en confinement », relate-t-elle.

Paul St-Pierre Plamondon l’appelle. Il souhaite qu’elle se joigne à lui pour reconstruire la formation politique. Elle devient d’abord conseillère au bureau national, puis gravit les échelons pour devenir présidente du parti en 2023. « Rapidement, elle a progressé », souligne celui qui lui a succédé dans ce poste en 2025, Jerry Beaudoin.

Dans les hautes sphères du PQ, plusieurs parlent d’elle comme d’une figure de la relève. Catherine Gentilcore se fait proposer d’être candidate aux élections générales de 2022. Elle refuse, préférant rester dans l’ombre. Elle est cependant convaincue de faire le saut en 2025, lors de l’élection partielle déclenchée pour désigner un successeur à l’élu caquiste démissionnaire Pierre Fitzgibbon. Elle gagne alors son pari.

Aimer débattre

Encore cette année, Catherine Gentilcore a activement participé à l’organisation de la campagne électorale, et plus particulièrement au choix des candidats.

Jerry Beaudoin a trouvé chez elle une politicienne exigeante. « Catherine, ce n’est pas quelqu’un qui se satisfait de la facilité, dit-il. Souvent, on a eu de longues discussions, elle ramenait plusieurs contre-arguments, puis, à la fin, quand elle disait “écoute, je suis convaincue”, je savais qu’on était en voiture. »

Adepte des débats, Catherine Gentilcore n’en est pas moins appréciée par ses opposants politiques. Après sa victoire à la partielle dans Terrebonne en 2025, elle a tendu la main à l’une de ses adversaires, Nadia Poirier, qui s’était présentée pour Québec solidaire avant de quitter le parti à la suite de conflits internes. Celle-ci est devenue sa directrice de campagne adjointe aux dernières élections.

« Même si elle savait que j’avais des problèmes avec le parti politique pour lequel je m’impliquais, […] elle n’a pas essayé de jouer du coude avec Québec solidaire. Elle m’a laissée faire mon cheminement », soutient Nadia Poirier.

Dans les derniers jours, Catherine Gentilcore a déménagé ses boîtes du troisième étage de l’hôtel du Parlement vers son bureau de leader parlementaire du gouvernement. Comme les 20 hommes qui l’ont précédée — elle est la première femme à occuper ce poste —, elle s’assurera, dès le 1er décembre, que ses collègues évitent les fausses notes au salon Bleu.

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