École polyvalente Saint-Jérôme | 78 élèves suspendus et découverte de projectiles d'armes de chasse

Après d’importants débordements, la direction de l’École polyvalente Saint-Jérôme a suspendu 78 élèves jusqu’à vendredi. La décision a été prise lundi, à la suite d’une journée pédagogique destinée à faire le point sur l’évènement. Des projectiles d’armes de chasse ont aussi été trouvés dans l'établissement.
Publié à
Les 3400 élèves de l’établissement scolaire sont retournés en classe mardi matin. Selon la coordonnatrice du bureau des communications du centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord (CSSRDN), Nadyne Brochu, le tout s’est effectué dans le calme et le respect.
Le nombre de suspension découlant des événements survenus vendredi dernier pourrait augmenter, s’il y a des dénonciations. Des changements d’école pourraient être imposés, indique le directeur général du CSSRDN, René Brisson en entrevue.
« Pour l’instant, aucun des 78 élèves n’est visé par un changement d’école. Ce n’est toutefois pas exclu : tout dépendra de la gravité des gestes posés. Par exemple, un enfant qui a juste crié ou incité les élèves à courir n’aura pas les mêmes conséquences que celui qui a lancé une poubelle », dit-il.
Des projectiles d’armes de chasse trouvés
Un autre évènement vient secouer l’établissement scolaire des Laurentides : des projectiles d’armes de chasse ont été trouvés dans un corridor de l’école secondaire.
Cette découverte a été effectuée jeudi dernier, en fin de journée, et communiquée aux enseignants lors d’une rencontre avec la direction tenue lundi, explique Annie Gingras, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord (SERN).
« Les enseignants ont ensuite communiqué avec le syndicat et ont partagé leurs inquiétudes. »
Selon M. Brisson, cette découverte n’est pas liée aux évènements de vendredi dernier.
« Il s’agit d’un évènement isolé. Ceci étant dit, nous ne prenons pas cette découverte à la légère et nous avons fait des vérifications avec le Service de police de Saint-Jérôme. Il n’y avait aucune menace », indique-t-il.
Enjeu de sécurité
Ces évènements remettent à l’avant-scène la question de la sécurité à l’École polyvalente Saint-Jérôme.
La présidente du SERN a indiqué à La Presse que des préoccupations à ce niveau lui sont communiquées par ses membres.
« Des inquiétudes concernant la violence sont nommées et partagées au centre de services depuis des années. Les enseignants les ont réitérées, hier, en assemblée. Ça crée beaucoup de frustration, aussi, de la part des enseignants », dit Mme Gingras.
Qu’en est-il de l’installation de détecteurs de métal à l’entrée de l’école ? Cette demande formulée par des parents trouve un écho auprès du syndicat.
« Est-ce que les détecteurs de métal auraient pu empêcher le rassemblement de vendredi dernier ? Je ne pense pas qu’ils auraient pu l’éviter. Par contre, les détecteurs sont une solution parmi d’autres. Je pense que, pour l’une des plus grosses polyvalentes du Québec, ça pourrait être nécessaire et sécurisant pour les enseignants », mentionne Mme Gingras.
Des parents inquiets
Depuis les évènements de vendredi dernier, des parents d’élèves partagent leurs inquiétudes sur le groupe Facebook Le Vrai Spotted Saint-Jérôme. Ils joignent à leurs publications des lettres envoyées par l’école.
Fannie Touchette est mère d’un adolescent de 15 ans qui fréquente l’école, en troisième secondaire. Il a été témoin de ce qui s’est passé vendredi dernier. Dans une conversation écrite, elle déplore le manque de communication de la part de la direction.
« Lors de cette manifestation, mon fils s’est fait voler son chandail et son téléphone cellulaire. Ce n’est pas la première fois qu’il arrive des évènements très préoccupants à cette école et la direction nous donne seulement de très vagues informations. »
Elle se dit préoccupée par tout ce qui se passe à l’école.
« Je sais que l’interdiction d’avoir un cellulaire en classe est très compréhensible, mais l’interdire en tout temps à l’intérieur des murs, lorsqu’on reçoit un courriel de l’école et aucune nouvelle de notre enfant durant des heures, c’est très anxiogène », écrit-elle.
Snapchat au centre des incidents du 16 octobre
Au cœur des évènements survenus à l’École polyvalente Saint-Jérôme se trouvent les réseaux sociaux, en particulier Snapchat. Les élèves tiennent des conversations de groupe sur ce réseau, réputé pour ses messages éphémères.
Snapchat représente un défi pour le centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord, admet René Brisson.
« Ce réseau social est moins traditionnel, c’est plus difficile pour nous d’y faire une veille et d’identifier le propriétaire du compte », dit-il.
La direction du CSSRDN nous assure que les élèves reçoivent des notions concernant la citoyenneté numérique dans le cadre de leurs cours.
Du côté du Service de police de Ville de Saint-Jérôme, la porte-parole Mélanie Beauchamp indique que le corps policier travaille en partenariat avec la Sûreté du Québec dans la surveillance des réseaux sociaux, dont Snapchat.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.