Les critiques d’Hugues Dayez : "La vie d’une femme", impressionnante Léa Drucker

En 1939, Babi Benhamou, gardien de nuit au Musée du Louvre, se voit confier par le conservateur Jacques Jaujard une mission de confiance : acheminer près de septante œuvres d’art en lieu sûr dans le sud de la France, pour éviter que les Nazis ne s’en emparent, alors que l’armée allemande est aux portes de Paris. Embarquant femme et enfants dans un autocar, avec son précieux chargement rangé dans des caisses en bois, Babi s’apprête donc à un périlleux voyage dans la France occupée…
A 76 ans, plus de dix ans après son dernier film, Elie Chouraqui a donc retrouvé le chemin des plateaux pour raconter l’histoire de son grand-père. Le problème, c’est que le voyage en car de Benhamou pour planquer le trésor du Louvre n’a pas connu d’obstacle majeur, et qu’il n’occupe qu’une demi-heure du film… Ensuite, on verse dans le récit, hélas maintes fois (mieux) raconté, d’une famille juive obligée de se cacher pour éviter les rafles…
Chouraqui est sans doute sincère dans sa démarche, mais sincérité ne rime pas avec talent. Tout sonne faux dans sa reconstitution, et le casting est calamiteux : Kad Merad, boulimique de tournages, joue en pilotage automatique Babi Benhamou, on ne sent jamais poindre la moindre angoisse dans son regard. Quant à Marie Gillain, qui incarne sa femme, on se désole de la voir enchaîner des mauvais films de cinéastes has been – avant Chouraqui, elle était au générique du "Petit blond de la Casbah" d’Alexandre Arcady (Un conseil ? Change d’agent, Marie). Pour tenter de sauver les meubles, Chouraqui recouvre son drame d’une mélasse violoneuse omniprésente et indigeste.
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