L’ex-maire de Lévis se range dans le camp du PCQ au nom du troisième lien et des régions
L’ancien maire de Lévis, Gilles Lehouillier, se range dans le camp conservateur pour défendre une « nouvelle vision de l’État qui sera jamais vue depuis la Révolution tranquille » — et parce que l’équipe d’Éric Duhaime, à ses yeux, « va offrir à l’Assemblée nationale une voix pour le troisième lien ».
Convaincu que l’État-providence « a atteint ses limites », Gilles Lehouilllier se rallie aux rangs conservateurs pour « remettre en question un modèle désuet » et pour exiger une plus grande autonomie pour les régions et les municipalités.
« Les gouvernements de proximité, ce sont des élus, ils sont redevables devant leur population, a souligné l’ancien maire de Lévis. Est-ce qu’il y aurait moyen, une bonne fois pour toutes, qu’on leur fasse confiance ? »
Le plan conservateur pour les régions, élaboré par Gilles Lehouillier et la candidate conservatrice dans La Peltrie, Maïté Blanchette-Vézina, prévoit des tables décisionnelles dotées de nouveaux pouvoirs et de nouveaux moyens dans chacune des 17 régions administratives québécoises. Il propose aussi un allégement du fardeau réglementaire pour que les villes arrêtent d’être « soumises, tenez-vous bien, par 125 lois et des milliers de règlements », a indiqué l’ancien élu lévisien dans son style oratoire caractéristique.
La plateforme du PCQ propose aussi de confier d’autres compétences aux MRC que « la gestion des cours d’eau », des « milieux humides » et des « matières résiduelles ».
« Tous les programmes gouvernementaux des ministères et organismes vont être mis sur la table », a assuré Gilles Lehouillier. Le PCQ prône aussi l’octroi de budgets récurrents aux régions pour éviter la « surenchère » entre les villes dès que le gouvernement annonce l’ouverture d’un programme d’aide.
Les conservateurs veulent aussi augmenter les redevances imparties aux régions pour l’exploitation des ressources. « C’est [sic] les régions qui assument ces impacts et qui doivent donc participer aux décisions et recevoir une juste part des bénéfices », a plaidé l’ancienne ministre caquiste Maïté Blanchette-Vézina. Le PCQ veut aussi inscrire « l’autonomie des régions » dans une éventuelle constitution québécoise et confier aux tables décisionnelles le soin de définir leurs propres besoins en matière d’immigration.
La CAQ « roule les gens dans la farine »
Partisan de la première heure du troisième lien, Gilles Lehouillier se range derrière la proposition conservatrice prévoyant un pont entre l’île d’Orléans et la rive sud du Saint-Laurent.
« C’est le Parti conservateur, actuellement, qui est le plus crédible dans tous les partis politiques », a indiqué l’ancien élu en vidant son sac à l’égard de la CAQ, coupable, à ses yeux, de prendre les gens de la grande région de Québec pour « des caves ».
« Mme Fréchette, elle fait exactement ce que François Legault a fait sur le troisième lien : elle roule les gens dans la farine, a tonné l’ancien élu de Lévis. Je pense que Bernard [Drainville] n’est pas loin de penser la même chose que moi. »
Pendant la course à la succession de M. Legault, l’actuel député de Lévis avait dit que le troisième lien à l’est défendu par l’actuelle cheffe de la CAQ signifiait la « mort du projet ». M. Drainville, depuis, a tu ses critiques — au contraire de Gilles Lehouillier.
« Mme Fréchette s’en va dire : ‘’on va faire [le troisième lien] plus à l’est’’. Lorsque le gouvernement a retenu en 2025 le tracé central que, finalement, il a rejeté, il y avait eu des consultations. Qu’est-ce que les gens ont dit lors des consultations ? Les gens ont dit : on le veut plus à l’est. Le gouvernement l’a fait dans le centre. [Christine Fréchette] était où ? Sur quelle planète elle vivait ?, a tonné l’ancien maire de Lévis. Elle pense que les gens de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale vont gober ça ? Est-ce qu’on nous prend pour des caves ? »
Gilles Lehouillier se rallie toutefois à un parti qui, de son propre aveu, ne formera pas le prochain gouvernement. Le chef conservateur, Éric Duhaime, assure que sa priorité, s’il obtient la balance du pouvoir, sera « de faire preuve de responsabilité. » Hors de question, donc, de faire tomber un gouvernement sur l’enjeu du troisième lien.
« Les Québécois veulent qu’on s’entende, a-t-il affirmé. Puis dans la région de Québec, j’ai confiance que, dans un cas de minorité, c’est tellement le lien qui est le plus sensé, qui est attendu depuis 50 ans, qui est le plus court, qui est le moins cher, que j’ai l’impression qu’on va être capable de rallier les gouvernements. »
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.