Midterms 2026: l'opposition contre les centres de données s'invite dans la campagne électorale au Texas

En plein boom du développement de l'intelligence artificielle (IA), les États-Unis veulent faire la course contre la Chine, mais le pays a déjà une très grande longueur d'avance. Il compte à lui seul près de la moitié des centres de données (data centers) qui existent dans le monde. Il s'agit d'usines de serveurs informatiques qui stockent des données. Les plus grands, hyperscale, servent aussi à entraîner l'IA. Ils fleurissent un peu partout, au Texas particulièrement où il existe des centaines de projets en cours, portés par les géants du numérique comme Amazon, Microsoft ou Meta. Le gouverneur Greg Abbott a longtemps courtisé leur installation à coups d'avantages fiscaux. Le Texas devait devenir l'épicentre du développement de l'IA. Mais en pleine campagne, un virage a été pris à l’été 2026 après la montée de nombreuses résistances citoyennes au-delà des clivages politiques. L'opposition contre les centres de données, leurs conséquences sur 'environnement et la vie des habitants se répand dans les villes comme dans les campagnes, tant du côté des démocrates que des conservateurs républicains.
À Nixon, à une heure de San Antonio au Texas, Doug Havemann montre un vaste champ. Un centre de données de l'entreprise Meta va bientôt s'y installer. « Regardez, ils construisent déjà les plateformes au fond. Personne ne savait. Personne n'a pu protester ou se plaindre », dit-il.
C'est un nouveau voisin gênant pour Rene Mejia. Son ranch familial est désormais encerclé de centres de données (data centers). « Ils m'ont fait une offre à trois reprises au moins, mais je n'en voulais pas. Ces centres prennent des terres qui pourraient servir à la faune sauvage, au bétail. Franchement, ça n'en vaut pas la peine. Et toutes ces rumeurs sur l'eau qu'ils consomment, ça me fait peur car on vit grâce à un puits ici. Quand il sera sec, qu'est-ce qu'on va faire ? », interroge-t-il.
Ses voisins, eux, ont décidé de vendre ou louer leurs terrains pour 30 ans, pour des sommes d'argent qui représentent plus qu'une vie entière dans l'élevage. Neuf projets sont annoncés dans ce comté rural et conservateur. Doug Havemann, lui aussi éleveur, subit déjà la sécheresse. « L'herbe devrait être beaucoup plus haute », regrette-t-il. Selon lui, la région fonce vers la catastrophe, car les centres de données consomment beaucoup d'eau : « Au Texas, il y a la ''règle de la capture'' : je peux planter autant de pailles que je veux dans l'aquifère et pomper autant d'eau que je veux. ».
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Un sujet de campagne électorale
Avec l'eau et l'électricité bon marché, les centres de données affluent au Texas. Dans la petite ville conservatrice de Lytle, on en compte déjà deux. Un nouveau projet réclame un abattement fiscal au conseil de la ville. Cette fois-ci, les habitants demandent à leurs élus de s'opposer à l'installation. « Ils ne fabriquent même pas d'information, ils la collectent simplement. Et la vendent. C'est comme cela qu'ils font de l'argent. Ce ne sont pas de bons voisins, ce sont des occupants ! , s'insurge Joe, un habitant.
Les centres de données se sont invités dans la campagne électorale des midterms aux États-Unis. À Nixon, Mark Hurd est le candidat démocrate au poste de commissaire du comté. La fonction concerne surtout l'entretien des routes et les permis de construire. Et face aux géants du web, ses compétences sont limitées :
« Je ne peux pas dire que je vais arrêter les centres de données. Je ne peux pas empêcher des gens d'acheter des terres et de les aménager comme ils l'entendent, surtout quand c'est à l'État de changer les règles. Ce que je peux faire, c'est être transparent : organiser des réunions publiques, me battre à mon niveau pour eux au conseil du comté et porter leur voix jusqu'à l'État. »
Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, républicain et candidat à sa réélection dans ces midterms 2026, a décrété une « pause » au Texas concernant les centres de données. « Cette élection va déterminer quelle est la force des compromis que les démocrates et les républicains pourront faire sur la gestion des data centers et le développement technologique », conclut Mark Hurd.
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