Crise des carburants: la France prolonge et élargit l’aide aux grands rouleurs, mais maintient ses taxes

La France a annoncé mardi 22 septembre une prolongation jusqu'à la fin de l'année et un élargissement de l'aide aux grands rouleurs, pour tenter de répondre à l'inquiétude des Français les plus affectés par la flambée des prix des carburants. Cette dernière a été notamment provoquée par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.
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Alors que les prix ne cessent de flamber, le gouvernement cherchait une solution pour soulager les Français. Au total, ce sont près de 500 000 euros que l'exécutif paiera avec ses mesures. L'aide va être prolongée jusqu'à la fin de l'année et le nombre de bénéficiaires potentiels va être élargi à 5,5 millions de personnes, a annoncé le gouvernement, face à la hausse des prix à la pompe.
Pour les bénéficiaires, l'aide de 100 euros « représentera l'équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour deux mois en moyenne », a déclaré la porte-parole du gouvernement français Maud Bregeon, également ministre déléguée à l'Énergie. Jusque-là, trois millions de personnes étaient éligibles.
Concernant les entreprises, le plafond de la prime carburant, une aide défiscalisée que les employeurs peuvent accorder à leurs salariés, va passer de 600 à 1 000 euros, a annoncé le ministre des Petites et Moyennes Entreprises (PME) Serge Papin.
« Ceux qui appellent à des baisses généralisées de taxes pour tout le monde mentent »
Les aides supplémentaires aux ménages et aux professionnels annoncées mardi représentent 450 millions d'euros, a indiqué le ministre des Comptes publics David Amiel.
Mais beaucoup de Français attendaient une baisse des taxes sur l'essence, comme dans plusieurs pays européens. Le ministre de l'Économie et des Finances a pourtant écarté cette possibilité : « Celles et ceux qui nous appellent à des baisses généralisées de taxes pour tout le monde mentent, c'est préparer des notes salées qu'il faudra payer ensemble, a déclaré Roland Lescure. Je pense que les Françaises et les Français qui sont moins exposés à cette crise comprennent qu'on réserve ces aides à celles et ceux qui sont les plus exposés. Nous souhaitons aussi préserver nos comptes publics. Je pense que ça aussi, tout le monde le comprend. »
« Nous avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens », a déclaré Roland Lescure, soulignant que la situation était la conséquence d'événements extérieurs : « elle s'impose à nous ».
Pour le gouvernement, débloquer des centaines de millions est particulièrement compliqué en ce moment, d'autant qu'avec le prix de l'essence, les Français vont moins à la pompe. « Les recettes fiscales liées aux carburants diminuent, martèle David Amiel, ministre des Comptes publics. Nous avons ainsi une perte de recettes fiscales uniquement liées au carburant de 407 millions d'euros par rapport à ce qu'on observait l'année dernière dans un contexte où il n'y avait pas la guerre dans le détroit d'Ormuz et l'augmentation des prix du carburant. »
Mais le gouvernement l'assure : si malgré tout, il y avait un surplus de recettes fiscales liées au carburant, il sera redistribué aux Français en 2027.
« Aucun problème d'approvisionnement en France »
À la pompe, l'inquiétude demeure : « Est-ce que je vais pouvoir manger bien à la fin du mois ? », s'inquiète Sylvano Doré, responsable livraison, interrogé mardi dans une station-service de Bobigny, dans la banlieue de Paris, contraint de « mettre plus dans l'essence que dans la nourriture ».
Le gouvernement avait déjà prolongé la semaine dernière des dispositifs destinés aux pêcheurs, aux métiers du bâtiment et travaux publics ou aux agriculteurs, tous gros consommateurs d'hydrocarbures.
Le président français, Emmanuel Macron, a auparavant écrit à la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, pour proposer des mesures nécessitant l'aval européen : l'assouplissement des normes de qualité des carburants, afin d'améliorer la productivité des raffineries, incorporer davantage de biogazole pour les moteurs diesel ou encore reporter le plan méthane qui doit s'appliquer au 1er janvier.
Roland Lescure a toutefois réitéré qu'il n'y avait à ce stade « aucun problème d'approvisionnement en France », avec « deux mois de visibilité », même si le gazole, très consommé en France, ou l'essence manquent à certaines stations.
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