Le vol 14 de Starship cache une bascule beaucoup plus importante pour l’empire spatial d’Elon Musk

120 mètres de haut, plusieurs milliers de tonnes au décollage, la gigantesque fusée Starship a, pour la première fois, atteint l'orbite terrestre après trois ans d'essais. Et cette première change vraiment tout pour SpaceX. Hormis ce lancement réussi, la véritable vedette, c'est la constellation Starlink. Lors de ce vol, 26 satellites de dernière génération Starlink V3 ont été placés en orbite. Cela ressemble aux habituels trains de satellites de la constellation géante, mais ces V3 sont beaucoup plus gros que leurs précédents et, surtout, ils sont capables de délivrer jusqu'à 1 térabit par seconde en téléchargement (160 Gbit/s en liaison montante), soit environ 10 fois la capacité annoncée pour un satellite V2.
Starlink fait un saut de géant dans le très haut débit par satellite
Les engins disposent également de 2 048 faisceaux radio, contre quelques centaines pour la génération précédente. Autrement dit, le satellite peut découper sa couverture en une multitude de zones et concentrer sa capacité là où les utilisateurs sont les plus nombreux. Autre nouveauté, ces V3 embarquent aussi six liaisons laser de 400 Gbit/s. Les satellites peuvent ainsi faire circuler directement les données dans l'espace entre eux, sans nécessairement repasser par une station au sol.
Elon Musk le seigneur de l’orbite basse
Si ces nouveaux satellites changent la donne, l'utilisation du Starship va surtout permettre de changer de catégorie. Un Falcon 9 transporte habituellement plusieurs dizaines de Starlink V2 Mini. De son côté, si Starship a limité la charge à 26 satellites V3, il est tout à fait capable d'en embarquer jusqu'à 60. Avec un seul lancement, SpaceX pourrait ainsi injecter environ 20 fois plus de capacité qu'un lancement standard de V2 Mini. Autrement dit, la firme peut désormais ajouter des morceaux entiers de réseau en une seule fois.
De fait avec sa constellation de plus de 10 000 satellites, Starlink passe maintenant à une échelle tellement massive qu'on peut pratiquement affirmer que, désormais, le réseau d'Elon Musk est le patron indétrônable de l'orbite basse. La seule limite de cette machine à fabriquer l'Internet planétaire restera à transformer cette puissance en abonnés.
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