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Monday, October 12, 2026

Inde: des milliers de manifestants à New Delhi pour maintenir la pression sur la commission électorale

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En Inde, c'est au tour des partis politiques d'entrer en jeu dans le mouvement de contestation qui secoue le pays depuis le début du mois d'octobre, après la radiation de 130 millions d'électeurs des listes électorales. L'alliance d'opposition, menée par Rahul Gandhi, a appelé à marcher dans la capitale. La commission électorale est accusée de faire le jeu du parti au pouvoir, le BJP de Narendra Modi, en écartant en priorité les minorités, notamment les musulmans, et les populations les plus vulnérables.

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Des milliers de personnes se sont réunies ce lundi dans la capitale indienne New Delhi à l'appel de l'opposition pour dénoncer la révision des listes ordonnée par la commission électorale et exiger la démission de son président, Gyanesh Kumar.

Le chef de l'opposition au Premier ministre Narendra Modi, Rahul Gandhi, a appelé ses partisans à marcher sur la Cour suprême, au lendemain de deux jours de mobilisation marqués par des milliers d'arrestations.

Le Parti des cafards (CJP) avait donné 24 heures à la police pour désigner un lieu de rassemblement autorisé, car les protestations sont interdites dans la capitale. Les trois principaux dirigeants du CJP, dont son fondateur Abhijeet Dipke, ont d'ailleurs été interpellés ce week-end. Relâchés vingt-quatre heures plus tard comme la plupart des autres manifestants, les trois jeunes dirigeants ont étrillé le gouvernement. « Modi fait honte à l'Inde », a écrit sur X M. Dipke, « le pays n'a jamais connu pire couard et pire brute ».

Rahul Gandhi a exhorté les citoyens à défiler « en tant qu’Indiens ». Par cette formule, le leader du Congrès, et chef de l’opposition, cherche a dépasser les clivages politiques et sociaux traditionnels, pour provoquer un sursaut national. « Que tous ceux qui croient en la démocratie et qui veulent la défendre nous rejoignent (...) ces couards (du gouvernement, NDLR) ne peuvent rien contre nous », a lancé l'élu du parti du Congrès.

Les partis d'opposition sont donc entrés en jeu. Mais, le fer de lance de ces convulsions sociales, ce sont les mouvements étudiants de gauche, principalement l’Association des étudiants de toute l'Inde (All India Students' Association - AISA) et la Fédération des étudiants de l'Inde (Students' Federation of India - SFI), raconte le correspondant de RFI à New Delhi, Abdoollah Earally. Ce sont eux qui occupent le terrain, font face à la police, reçoivent depuis samedi 10 octobre, les coups de bâton, et se font arrêter.

Le véritable visage de cette contestation, c’est la jeune Neha Bora, présidente de la principale organisation étudiante. Malgré ses multiples arrestations, elle continue de harceler le pouvoir. Arrêtée à nouveau dimanche, elle a lancé depuis sa cellule : « Je suis en détention, pas le mouvement ! »

La Commission électorale a radié illégalement plus de 130 millions de personnes. C'est une purge ciblée basée sur la religion. Si vous êtes musulman, dalit ou adivasi, vous êtes visé. C'est totalement illégal. Du jour au lendemain, des citoyens perdent leur droit de vote, qui est pourtant fondamental. Depuis le 2 octobre, des manifestations éclatent dans tout le pays, pas seulement à Delhi. Les gens ont été brutalement détenus, battus, traînés à terre. La plupart sont des étudiants...

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Avant la manifestation, le centre de la capitale indienne New Delhi était verrouillé par des dizaines de milliers de policiers. Tout le week-end, les rues du centre sont restées barricadées, la circulation interdite, les transports en commun suspendus, l'internet mobile bloqué pour empêcher les rassemblements.

Reporters sans frontières (RSF) a fustigé la détention « inacceptable » d’au moins 16 journalistes ce week-end. Le député John Brittas, du Parti communiste d’Inde, dit lui aussi avoir été frappé par des policiers : « Ce n’est pas juste une attaque contre un élu, c’est une attaque contre les libertés démocratiques et l’État de droit », a-t-il dénoncé.

La police n’a ni répondu à ces accusations ni publié de décompte des arrestations. Dimanche, la Cour suprême, saisie en urgence, a sommé le gouvernement de se conformer strictement à la loi.

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