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Saturday, October 3, 2026

Les champs de bataille à surveiller le jour du vote

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Après plus d’un mois de campagne électorale, le jour du scrutin approche à grands pas. Lundi, les yeux ne seront plus rivés sur les caravanes des chefs, qui ont parcouru le Québec pour prononcer leurs promesses ou rencontrer des électeurs, mais bien sur la carte de la province et ses 127 circonscriptions. Le Devoir vous propose un tour d’horizon de certains de ces champs de bataille à garder dans votre viseur.

Le chemin vers la majorité

Le Parti québécois (PQ) a beau mener dans les sondages, les intentions de vote ne permettent pas d’affirmer si la formation politique de Paul St-Pierre Plamondon formera bel et bien le gouvernement, et encore moins si elle va obtenir une majorité ou une pluralité de sièges lundi soir.

Le chiffre magique à retenir est donc 64 sièges. Le PQ est confortablement en avance dans une cinquantaine de circonscriptions et pourrait bien compter sur une soixantaine de sièges au total en prenant en compte celles en « enclin », selon l’agrégateur de sondages Qc125. Pour qu’un gouvernement péquiste soit majoritaire, cela laisse donc quatre sièges à aller chercher dans des circonscriptions où le parti indépendantiste mène une course très serrée.

Dans Maurice-Richard, par exemple, la candidate péquiste, Aisha Issa, mène une lutte à trois contre Nada Boumeftah, du Parti libéral du Québec (PLQ), et Anne Latendresse, de Québec solidaire (QS). Constat semblable dans Richmond, où le PQ mène, selon Qc125, mais doit tout de même disputer une course serrée avec le PLQ et la Coalition avenir Québec (CAQ).

Parmi ces circonscriptions dites « pivots », l’on compte notamment Arthabaska-L’Érable, où le député péquiste sortant, Alex Boissonneault, dont le chef a récemment vanté le profil ministrable, fait une chaude lutte à Tarek Henoud du Parti conservateur du Québec (PCQ). Dans Champlain, Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie et Drummond–Bois-Francs, les sondages prédisent également une course serrée entre le PQ et le PCQ.

Dans certaines circonscriptions, comme Sherbrooke (QS/PQ), Nicolet-Bécancour (PCQ/PQ), Rosemont (QS/PQ), Mégantic (PCQ/PQ) ou bien Hochelaga-Maisonneuve (QS/PQ), la mince avance est donnée aux adversaires du PQ. Mais tout comme dans les circonscriptions où les candidats péquistes ont une petite avance, tout peut se jouer dans l’urne.

Regards sur des régions

Vous l’aurez peut-être remarqué : les régions de la Capitale-Nationale, de la Mauricie et du Centre-du-Québec seront particulièrement à surveiller lors de la soirée électorale, la taille du gouvernement pouvant être déterminée par les circonscriptions se situant dans ces régions.

Les quatre circonscriptions du Centre-du-Québec étant des « pivots » PQ/PCQ, c’est principalement là où le PCQ d’Éric Duhaime peut espérer faire des percées hors de la grande région de Québec et de la Beauce. C’est aussi là que le sort de circonscriptions déterminantes pour un gouvernement majoritaire péquiste va se jouer.

En Estrie, des percées péquistes sont possibles, mais c’est surtout Sherbrooke qui est à surveiller, la circonscription étant divisée entre QS et le PQ. L’étendue de la récolte solidaire pourrait s’y jouer. La région de Montréal sera aussi déterminante pour la formation de gauche, particulièrement au centre et dans l’est de l’île. Une grande partie de la métropole ne risque pas d’être le terrain de surprises, la région étant principalement acquise aux libéraux.

Dans la région de Québec, ce sera l’occasion de mesurer l’étendue des avancées conservatrices et de voir si des sièges qui ne sont pas encore acquis parviennent à tomber dans les mains d’autres partis, comme dans Jean-Lesage, Charlesbourg ou encore Taschereau.

Si Qc125 prédit une potentielle disparition de la CAQ à l’Assemblée nationale, le nouvel agrégateur de sondages Route 127 prédit un seul siège à la formation de Christine Fréchette : Lévis. Bernard Drainville pourrait donc se retrouver élu, mais le sort du candidat défait à la chefferie de la CAQ se joue à « pile ou face » avec le PCQ, selon Route 127.

En Mauricie, le chef libéral, Charles Milliard, dit toujours espérer une percée de son parti, ce dernier ayant affirmé vendredi « [s’expliquer] extrêmement mal les chiffres » publiés par les sondages qui montrent des avances pour le PQ, surtout dans l’est de la région.

Avec cinq partis qui ont des chances de faire élire des députés à l’Assemblée nationale lundi soir, les luttes où plus de deux candidats peuvent espérer se faire élire se font d’ailleurs désormais moins rares.

En plus de Maurice-Richard (PQ/QS/PLQ) et Richmond (PQ/CAQ/PLQ), la circonscription de Papineau est le terrain d’une chaude lutte à trois entre le PLQ — qui mène légèrement —, le PQ et la CAQ.

Des chefs sur la sellette

Des cinq chefs des principaux partis, trois ont une avance confortable dans les sondages par rapport aux autres candidats de leur circonscription.

Paul St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin), Ruba Ghazal (Mercier) et Éric Duhaime (Bellechasse) obtiennent tous environ 50 % des appuis des électeurs de leur circonscription respective, selon le recensement de Qc125.

Charles Milliard (Orford) reçoit pour sa part 32 % des intentions de vote, devant le candidat péquiste Jocelyn Caron (23 %). La victoire du PLQ dans cette circonscription de l’Estrie est tout de même qualifiée de « probable » par Qc125, soit le deuxième échelon de l’échelle de la probabilité d’une victoire de l’agrégateur de sondages, derrière « solide » (échelon qu’ont reçu le PQ, le PCQ et QS dans les circonscriptions de leur chef).

Dans Trois-Rivières, Christine Fréchette est la cheffe qui est le plus en danger : c’est son adversaire péquiste, Jean Pellerin, qui mène avec 32 % des intentions de vote, toujours selon Qc125. Sa victoire est qualifiée de « probable », la première ministre sortante arrive deuxième avec 25 % des intentions de vote.

L’ancienne circonscription de Mme Fréchette, Sanguinet, pourrait aussi tomber dans les mains du candidat du PQ, Alain Therrien, qui récolte 39 % des intentions de vote, contre 22 % pour le caquiste Jean Lacroix.

Le co-porte-parole solidaire Sol Zanetti ne peut quant à lui se reposer sur ses lauriers : la circonscription Jean-Lesage a un « enclin » pour QS en raison des 31 % d’intentions de vote pour M. Zanetti, mais le candidat du PQ, Claude Villeneuve, n’est pas si loin derrière, avec 27 %.

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