Des manifestants demandent du logement social «maintenant, toute suite»
À deux jours du scrutin, ils sont quelques dizaines à avoir fait, en autobus, le tour de certains bureaux de candidats du Parti libéral du Québec (PLQ), du Parti québécois (PQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ), samedi avant-midi, pour réclamer des engagements concrets dans la lutte contre la crise du logement.
« Tant que collectivement on laisse les loyers s’envoler et qu’il n’y a pas plus d’alternatives au marché privé, c’est dans des situations d’extrême précarité que les gens vont se retrouver. Est-ce que c’est ça qu’on veut collectivement ? »
« Non ! », répond à l’unisson la foule à la question posée haut et fort par Catherine Marcoux, organisatrice communautaire au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.
Devant l’autobus jaune qui les a transportés d’un bout à l’autre de la ville, entre les bureaux de la ministre provinciale responsable de l’Habitation, Karine Boivin Roy (CAQ), celui de la porte-parole libérale en habitation, Virginie Dufour (PLQ), et finalement à celui du chef du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon, les manifestants de la Coalition contre le logement cher ont réitéré leurs trois demandes.
D’abord, ils réclament un meilleur contrôle des loyers. Ils veulent aussi un développement massif du logement social et l’ajout du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne.
Des trois partis visités, seuls le Parti libéral et la Coalition avenir Québec ont voulu rencontrer les manifestants. « Mais aujourd’hui, ça n’a pas été des rencontres productives », affirme Mme Marcoux en entrevue après son allocution. Aucun des partis n’a voulu faire de nouveaux engagements politiques. « C’est vraiment décevant », dit-elle.
La Coalition n’a pas cru nécessaire de visiter Québec Solidaire, considérant que le parti s’est déjà engagé à agir pour contrer la crise du logement. Les participants n’ont pas visité le Parti conservateur non plus, affirmant que le parti va à « contre-courant des besoins des locataires », disent-ils.
Parler du coût de la vie
Selon Mme Marcoux, même si le sujet du coût de la vie a été abordé tout au long de la campagne, les cinq candidats au poste de premier ministre et leurs équipes n’ont pas assez abordé la question du logement « social ». « C’est étonnant, puisque le logement, c’est un enjeu qui rassemble les électeurs », ajoute-t-elle.
Et surtout, dit-elle, « [les chefs] ont beaucoup parlé d’itinérance. Mais une façon concrète d’aider, c’est de travailler sur le logement social. Je ne comprends pas pourquoi ils n’y travaillent pas plus. »
L’action de samedi clôturait une semaine de mobilisation menée par la Coalition contre le logement cher. Plus tôt cette semaine, après une manifestation dans les rues de Montréal, un petit groupe de militants a occupé pendant près de 36 heures un logement privé inoccupé dans le sud-ouest de Montréal pour porter leur message auprès des élus.
Manifestation étudiante
Alors que se dispersaient les militants en début d’après-midi, Carl Lafrenière, organisateur communautaire pour Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), les a invité à retourner dans l’autobus. « Nos militants sont invités à se diriger vers la manifestation étudiante. »
En effet, à quelques kilomètres de là se tenait, en après-midi, une manifestation de la Coalition de résistance pour l’unité étudiante syndicale (CRUES) pour « dénoncer des années d’austérité en éducation », écrivait la coalition en début de journée samedi. « Voter le 5 octobre, c’est une chose. Mais les 364 autres jours de l’année, il faut continuer à se mobiliser, à s’organiser et à construire un rapport de force », indique Elki Mercier, responsable de la coordination de la CRUES.
« Le vent de droits va nous frapper peu importe le gouvernement élu », affirme M. Lafrenière. Il est donc important, selon lui, que les différentes luttes se soutiennent.
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