Elon Musk promet le Roadster pour 2028, et il n’a plus rien à voir avec l’ancien
Exit les promesses de 2017 : le Tesla Roadster change radicalement de design, perd la moitié de son autonomie annoncée et abandonne ses quatre places. Tesla promet désormais une production en 2028, avec trois déclinaisons toujours plus délirantes.
La saga du Tesla Roadster de deuxième génération était déjà particulièrement chaotique. La présentation du 15 octobre 2026 diffusée en direct sur X (ex-Twitter) ajoute un nouveau rebondissement. Dévoilé en novembre 2017, le prototype du nouveau Tesla Roadster affichait un design séduisant et promettait une production dès 2020. L’échéance n’a cessé d’être repoussée. Oubliez ce que vous connaissiez du modèle : celui présenté en 2026 n’a plus grand-chose à voir avec le prototype de 2017.
Si les figures aériennes du véhicule ont logiquement enflammé les réseaux, c’est surtout le virage esthétique et technique opéré par la marque américaine qui retient l’attention. Le Roadster abandonne les rondeurs de la gamme originelle pour adopter une esthétique clivante et anguleuse, tout en revoyant sa fiche technique à la baisse sur certains points fondamentaux. Elon Musk l’a déclaré à la toute fin de l’événement : la mise en production est désormais fixée à 2028.
Un design particulièrement anguleux
Le design originel de 2017 s’intégrait parfaitement dans la gamme « S3XY ». Neuf ans plus tard, le Roadster adopte la nouvelle patte visuelle de la marque, inaugurée par le Cybertruck et prolongée par le récent Cybercab. Tesla assume cette « cyberfication » et évoque une ligne directement inspirée des avions de chasse.
Concrètement, l’engin se dote de phares dissimulés, d’un immense bandeau lumineux arrière et d’éléments aérodynamiques totalement affleurants. La teinte de présentation, baptisée « Ano White », s’inspire des revêtements utilisés sur les fusées. Les vitres ultra-teintées (cuivrées) reprennent l’esprit de la visière dorée d’un casque de spationaute. Comme le Cybercab, les portes du Roadster s’ouvrent en élytre.

À l’intérieur, Tesla pousse aussi la recherche de légèreté à l’extrême. Tesla a opté pour des sièges à position fixe, un volant Yoke conçu pour une direction électronique (steer-by-wire), ainsi que du magnésium, du titane et de la fibre de carbone dans l’habitacle. Fait étonnant pour une vitrine technologique, la marque est même revenue à des commandes physiques manuelles pour certaines fonctions de l’habitacle afin de gagner du poids.
Moins de places, moins d’autonomie, mais trois versions ahurissantes
C’est le grand paradoxe de cette présentation. Pour atteindre les performances annoncées, Tesla a revu plusieurs caractéristiques du Roadster. L’autonomie annoncée en 2017, de 1 000 km, est désormais ramenée à un peu plus de 480 km.

Surtout, la voiture abandonne la configuration 2+2 annoncée en 2017 pour devenir une biplace, voire une monoplace dans sa déclinaison la plus extrême. Au chapitre des performances, seule l’accélération annoncée s’améliore.
Si aucun prix de vente définitif n’a été communiqué, la réservation de la version Performance nécessite un versement total de 50 000 dollars (ou 43 000 euros), dont 5 000 dollars immédiatement et le reste sous dix jours.
La marque a confirmé l’arrivée de trois versions, même si l’on doute encore de la troisième :
- Performance : la seule version véritablement pensée pour un usage quotidien sur route ouverte. Elle offre 2 places et un système de succion aérodynamique. Le 0 à 96 km/h est annoncé en moins de 1,6 seconde.
- Thrust : une version conçue pour la piste (édition limitée) ajoutant des propulseurs à gaz froid à l’arrière. Le 0 à 96 km/h pulvérise les lois de la physique en moins de 0,9 seconde.
- Rocket : une itération monoplace sur invitation seulement (non homologuée sur route ouverte) qui tapisse la voiture de propulseurs SpaceX pour permettre de la faire décoller et pivoter en l’air. Le 0 à 96 km/h y est estimé sous les 0,59 s. C’est celle de la démonstration du jour.
Il faudra être bien réveillé pour analyser en détail le fonctionnement de ce système de succion et de ces propulseurs à gaz froid, ce que nous décortiquerons dans un prochain article. En attendant, le nouveau cap de Tesla est fixé et il nous laisse avec un sentiment partagé.
Reste à savoir si les clients de 2017, qui attendaient une GT 4 places de 1 000 km d’autonomie, accepteront de patienter onze ans pour un véhicule biplace transformé en mini-fusée avec un design très différent.
L’un des défis pour les acheteurs de ce Tesla Roadster 2028 risque d’être aussi de trouver un assureur, notamment pour la version Thrust. Et l’on ne parle même pas de la version Rocket : Tesla devra certainement proposer une assurance spécifique aux acheteurs de cette version exclusive.
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