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Monday, October 12, 2026

« Nous avons fui vers la forêt » : au Népal, une vague de boue dévastatrice surprend des villages en pleine nuit

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Des maisons balayées par une vague d'eau noire et boueuse, des ponts emportés, des habitants contraints de fuir vers les hauteurs... Non, il ne s'agit pas d'une rediffusion de la catastrophe qui a frappé le Népal il y a à peine six semaines, mais bien d'un nouvel événement tragique survenu dans les vallées himalayennes.

Le scénario qui s'est déroulé ce dimanche 11 octobre, bien que moins dramatique, présente en effet des similitudes avec la catastrophe du Bhote Koshi. C'est cette fois le district de Gorkha, dans le centre-nord du Népal, qui a été touché, et plus précisément les vallées où s'écoule la rivière Budhi Gandaki.

Des pertes humaines évitées grâce au relais d’information des villageois

Vers 4 h 45 du matin, heure locale, un habitant de Jagat Bagar est soudainement réveillé par un appel téléphonique. Une connaissance vivant plus en amont l'alerte : une crue dévastatrice déferle dans la vallée et il doit se mettre à l'abri au plus vite. « En moins de 10 minutes, la rivière a brusquement gonflé dans l'obscurité. Nous avons donné l'alerte, réveillé tout le monde et fui vers la forêt », raconte Suna Gurung au Kathmandu Post. Quelques minutes plus tard, sous les yeux horrifiés des habitants, une vague d'eau noire pulvérise en effet plusieurs maisons du village, emportant routes et voitures.

Le SMS d'alerte officiel n'arrivera que vers 6 h 40, soit près de deux heures après le début de la crue. On peut donc penser que c'est grâce à cette alerte précoce donnée par un habitant, réveillé par des bruits suspects provenant de la rivière, que les villageois des communautés en aval ont eu la vie sauve. À l'heure actuelle, seules quatre personnes sont portées disparues. Pour Suna Gurung, c'est évident : « Si nous avions attendu le message officiel du gouvernement, des douzaines d'entre nous auraient été emportés dans leur sommeil. »

Si de nombreuses pertes humaines ont donc pu être évitées grâce à un relais efficace de l'information notamment via les réseaux sociaux, les dégâts, quant à eux, sont importants et témoignent de la violence de la crue. Mais quelle est son origine ?

Vue aérienne avant/après la crue éclair qui a touché la région de Budhi Gandaki. © Qiao Liu IMHE, ICIMOD

À nouveau un glissement de terrain à l’origine de cette crue éclair

Témoignages et observations satellitaires tendent à pointer du doigt un glissement de terrain, qui aurait eu lieu quelques heures plus tôt dans la région de Chumchet, au nord du district.

Si les détails de l'événement restent encore flous, il semblerait qu'une importante masse de roches et de sédiments se serait détachée d'un versant et serait venue obstruer temporairement le cours d'eau en contrebas, menant à la formation d'un lac de barrage. Celui-ci aurait finalement brutalement rompu, générant une puissante coulée de boue et de débris dans les vallées encaissées situées en aval.

« Au moins 100 millions de mètres cubes » : une chercheuse décrypte en interview la catastrophe au Népal

Plus de 1 200 morts et 4 200 personnes portées disparues : le bilan de la catastrophe qui a frappé la vallée de la Bhote Koshi, au Népal, ne cesse de s’alourdir. Mais que s’est-il réellement passé le 26 août ? Pour comprendre ce phénomène hors norme, Kristen Cook, géomorphologue à l’Université Grenoble Alpes et spécialiste des risques naturels dans l’Himalaya, apporte son éclairage sur les mécanismes de la catastrophe et sur notre capacité actuelle à les détecter précocement.... Lire la suite

Bien que moins dramatique que la catastrophe du Bhote Koshi, ce nouvel événement illustre encore une fois la vulnérabilité des habitants de l'Himalaya face à ces aléas naturels, dont la fréquence semble renforcée par le réchauffement climatique.

« Des événements de ce type montrent pourquoi il est essentiel de surveiller et d'évaluer conjointement l'instabilité des versants et les systèmes fluviaux dans les bassins versants montagneux escarpés, où les risques peuvent apparaître rapidement et toucher des populations situées très en aval », rappelle Qianggong Zhang, scientifique de l'Icimod.

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