Inde: «Ce n'est qu'un début», la mobilisation se poursuit contre la fraude électorale

En Inde, la mobilisation des jeunes se poursuit face à la crise qui touche le système électoral. Les syndicats étudiants ont appelé à de nouvelles manifestations samedi, tandis que les partis politiques se mettent en ordre de marche pour engager un bras de fer avec le pouvoir. Au centre des tensions, la Commission électorale qui a radié environ 130 millions de citoyens des listes électorales. Elle est accusée de favoriser ainsi le BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi
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Avec notre correspondant à New Delhi, Abdoollah Earally
« Le Jantar Mantar (lieu de manifestation à New Delhi) 2.0 n'est pas fini. Il vient tout juste de commencer. Ce n'est qu'un début », prévient Neha Bora, figure de la contestation étudiante et présidente du syndicat de gauche AISA (All India Students' Association). Ces jeunes ont déjà bravé vendredi l'interdiction de manifester en plein cœur de New Delhi, à l'occasion du jour férié du 2 octobre, marquant l'anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi.
Sur place, où les lieux ont été bouclés et barricadés par la police et où les services d'internet mobile ont été suspendus dans le secteur, la militante féministe Bhavreen Kandhari observait le rassemblement : « Je tire mon chapeau aux jeunes. En regardant autour de moi, je vois surtout la jeunesse. Presque personne de mon âge. Je crois que les jeunes ont vraiment pris les choses en main. » Un engagement qui fait écho chez les aînés. À 67 ans, Ravi, un retraité, dresse un constat sans concession de la situation : « Toutes les élections que le BJP gagne ces derniers temps ne sont que manipulations, rien d'autre. Il est temps que tout le monde se réveille et ouvre les yeux sur ce qui se passe sur le terrain. »
Le parti des cafards s'est réuni à Bombay
À Bombay, le parti des cafards, mobilisé pour la première fois depuis juillet, exige lui aussi le départ du chef de la Commission électorale, Gyanesh Kumar, accusé de favoriser le BJP de Narendra Modi. Le mouvement satirique, qui a fait chuter le ministre de l'Éducation en juillet, annonce un grand rassemblement à Delhi le 10 octobre. Un coup de pression alors que les partis d'opposition s'apprêtent à entrer en scène, dans la semaine.
Une enquête publiée en septembre par le quotidien The Indian Express a fait état d'irrégularités lors d'une vaste révision des listes électorales, qui a conduit à la radiation de millions de noms. La Commission électorale (ECI), longtemps considérée comme l'une des institutions les plus respectées du pays souvent surnommé « la plus grande démocratie du monde », a rejeté toute accusation d'irrégularité dans ce processus. Des responsables de l'opposition accusent Gyanesh Kumar, le président de la ECI, d'agir sur les instructions du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti ultranationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi.
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