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Tuesday, September 22, 2026

Silences, larmes et incompréhension un an après la mort de Nooran Rezayi

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Des centaines de personnes se sont réunies lundi soir à Longueuil pour rendre hommage à Nooran Rezayi, cet adolescent de 15 ans qui a été abattu par un policier du Service de police de l'agglomération de Longueuil le 21 septembre 2025. Un an plus tard, sa famille et ses proches endeuillés réclament davantage de réponses.

On sent qu’il n’y a pas de justice. [...] Sa mère pleure tous les jours, raconte, les larmes aux yeux, l’oncle de Nooran Rezayi, Abdel Rezayi. Il est l’un des seuls à avoir accepté de parler aux journalistes; la plupart des amis et la famille de l’adolescent ont choisi de se recueillir en silence, loin des caméras.

Et le silence est loin d’être anodin; les jeunes présents sur place en ont fait un symbole. C’est le rappeur Shamyr Daléus-Louis qui a porté leurs voix sous la forme d’un texte réalisé lors d'un atelier d’écriture permettant aux adolescents de mettre des mots sur une situation inexplicable.

Les jeunes ressentent beaucoup de douleur, ils ressentent le vide. Ils sentent qu’ils ne sont pas compris, ils se sentent persécutés par leur communauté. Ils ne se sentent pas protégés, ils sentent qu’ils sont le problème, alors qu’ils savent au fond d’eux qu’ils ne le sont pas, a raconté en entrevue le rappeur.

Des manifestants masqués tiennent une banderole réclamant la fin de la violence policière pour Nooran Rezayi.

Des manifestants tiennent une banderole réclamant la fin de la violence policière.

Photo : Radio-Canada / Alexandra Fortin

La vigile a commencé vers 18 h devant le poste du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). Une marche s’est ensuite déroulée jusqu’au lieu où Nooran Rezayi a été tué.

Encore trop de questions sans réponses

Un an jour pour jour après la mort tragique de l'adolescent, l’avocat de la famille Rezayi, Me Fernando Belton, se désole de constater que bien des questions restent encore sans réponses.

Pourquoi Nooran est décédé? Pourquoi on a tiré aussi rapidement? Pourquoi cette intervention policière, [alors qu’elle] aurait pu se dérouler de façon très différente? En date d’aujourd’hui, toutes ces questions restent sans réponses, et ça cause beaucoup de frustrations, souligne l’avocat.

Elle est où la loi? Elle est où? [...] Le gars a 15 ans. Il se fait tirer dessus. Ses parents demandent justice et on n'a aucune réponse. Pourquoi? demande pour sa part l’oncle de Nooran Rezayi.

Des jeunes personnes masquées brandissent des pancartes réclamant justice sur une pelouse.

Des manifestants masqués tiennent des pancartes réclamant « Justice pour Nooran ».

Photo : Radio-Canada / Alexandra Fortin

Rappel des événements

Nooran Rezayi a été abattu par un policier du SPAL lors d’une intervention policière dans l'arrondissement de Saint-Hubert. La police répondait à un appel du 911 signalant la présence d’un groupe de jeunes prétendument masqués et armés. Selon l’avocat de la famille Rezayi, le ou les tirs policiers vers l’adolescent ont été réalisés neuf secondes après l’arrivée des agents du SPAL sur les lieux.

À la suite du décès de l’adolescent, deux enquêtes ont été déclenchées : celle du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) et celle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le BEI a par la suite indiqué que les jeunes présents le jour du drame n’étaient pas armés.

Pour faire la lumière sur la conduite du SPAL dans cette affaire, le gouvernement du Québec a lancé une enquête administrative en juin dernier, répondant à la demande de la mairesse de Longueuil. La famille Rezayi, de son côté, a décidé de poursuivre la Ville de Longueuil et son service de police pour 2,2 millions de dollars. Elle a aussi annoncé qu’elle allait présenter une demande à la Cour supérieure afin de connaître l’identité du policier qui a fait feu sur Nooran. La cause devrait être entendue les 8 et 9 octobre prochains.

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