Starship 14 : SpaceX tente lundi l’étape qui doit transformer son immense fusée en véritable véhicule spatial

SpaceX s'apprête à franchir une étape significative dans le développement de son lanceur géant Starship. Ce 14ᵉ vol d'essai devrait avoir lieu lundi 28 septembre, sous réserve de l'approbation réglementaire de la FAA, l'agence fédérale américaine en charge des affaires aéronautiques et spatiales.
Fidèle à sa philosophie de transparence, SpaceX diffusera l'intégralité du vol en direct, avec possibilité d'images embarquées depuis Starship pendant sa rotation autour de la Terre.
A fully and rapidly reusable rocket will fundamentally change how humanity accesses outer space. “The Holy Grail of Rocketry” continues the ongoing Starship series with a look back at the scrappy days of SpaceX engineers proving reuse was possible and takes you onboard a… pic.twitter.com/zQ3tfleixs
— SpaceX (@SpaceX) September 16, 2026
Un premier vol orbital
Jusqu'à présent, chaque essai de Starship avait volontairement emprunté une trajectoire suborbitale. Ce choix n'était pas anodin : il permettait à SpaceX de maximiser la collecte de données tout en garantissant qu'en cas d'échec, aucun débris ne menace de zones habitées. Avec ce 14ᵉ vol, SpaceX franchit un cap symbolique et technique en tentant, pour la première fois, de placer Starship en orbite terrestre.
Le profil de la mission reste toutefois mesuré : le vaisseau devrait évoluer à environ 275 kilomètres d'altitude et effectuer seulement six orbites en une dizaine d'heures, avant de rejoindre l'océan Pacifique, à l'ouest du Chili, pour son amerrissage. Une durée volontairement courte, permettant de valider les manœuvres critiques telles que l'insertion orbitale, le déploiement de charge utile et la désorbitation. Un compromis entre la nécessité d'obtenir des données et la volonté de limiter l'exposition aux risques.
Un compromis entre la nécessité d'obtenir des données et la volonté de limiter l'exposition aux risques
Fait notable, SpaceX a précisé que Starship n'effectuera son insertion orbitale qu'après vérification, par les équipes au sol, d'une redondance suffisante sur les systèmes critiques du vaisseau. Cette précaution vise à garantir sa capacité à se désorbiter en toute sécurité, évitant ainsi qu'il ne devienne un débris incontrôlable en orbite.
Super Heavy tire les leçons d'un amerrissage brutal
Lors du précédent essai, le booster Super Heavy avait connu une fin de parcours mouvementée. Après une séparation des étages réussie, l'étage avait pu, pour la première fois, utiliser l'ensemble de ses 33 moteurs lors de la manœuvre de retour. Mais en phase finale, trois moteurs centraux ont montré des signes d'obstruction par de la glace, interrompant prématurément la séquence : seuls 8 des 13 moteurs prévus pour l'atterrissage ont pu être rallumés, provoquant un amerrissage brutal dans le golfe du Mexique plutôt que la manœuvre de précision espérée.
13e vol d'essai du Starship : entre réussite technique et défis persistants
SpaceX a procédé dans la nuit de vendredi à samedi au 13e vol d'essai de son système Super Heavy-Starship. Si le booster (Super Heavy) a manqué son amerrissage dans le golfe du Mexique après une défaillance partielle de ses moteurs, l'étage supérieur du Starship a rempli avec succès l'ensemble de ses objectifs, jusqu'à son amerrissage contrôlé au large de l'Australie, plus d'une heure après le décollage.... Lire la suite
Pour ce nouveau vol, SpaceX a apporté un certain nombre d'améliorations dont une meilleure filtration au niveau des moteurs et des ajustements logiciels destinés à fiabiliser le rallumage. L'objectif du booster reste inchangé : réussir l'ascension, la séparation, la manœuvre de retour, puis un atterrissage contrôlé sur une plateforme en mer, dans le golfe du Mexique.
Starlink V3 : l'autre grand enjeu du vol
Si l'accès à l'orbite constitue la prouesse technique du jour, c'est bien le déploiement de la nouvelle génération de satellites Starlink qui pourrait avoir le plus grand impact. Ce vol marquera en effet la première tentative de mise en orbite de 26 satellites Starlink V3.
Chaque satellite apportera 1 Tbps de capacité à la constellation, soit un total de 26 Tbps ajoutés en un seul lancement. Une performance qui, selon SpaceX, représente environ dix fois la capacité d'un lancement classique de satellites Starlink V2 sur Falcon 9.
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Ce déploiement illustre à quel point Starship est devenu indispensable pour l'avenir de Starlink : les satellites de nouvelle génération sont tout simplement trop volumineux et trop lourds pour être lancés en nombre par le lanceur Falcon 9.
Deux tuiles de la protection thermique réutilisées
Trois satellites Starlink embarqués pour ce vol ont été spécialement équipés de caméras chargées de scanner le bouclier thermique de Starship, afin d'affiner les méthodes d'évaluation de son état avant un retour au site de lancement lors de missions futures.
Plusieurs améliorations, directement issues de l'analyse du vol 13, seront également testées : des mécanismes de rétention renforcés sur les dalles les plus exposées, des corrections dans des zones identifiées comme laissant s'infiltrer du plasma derrière les tuiles, ainsi qu'une nouvelle conception de dalle incurvée destinée à limiter la chaleur entre les éléments du bouclier. Détail symbolique : deux tuiles récupérées sur un vaisseau précédent doivent être réinstallées sur celui utilisé pour ce vol.
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