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Friday, November 6, 2026

Jeunes, urbains, diplômés? Rencontre avec des sympathisants Insoumis

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La France insoumise, qui s’affiche en capacité d'être au second tour dans les derniers sondages, bat campagne depuis déjà six mois. Notamment à travers des réunions publiques, dans de nombreuses villes du pays. Pour mieux connaître les motivations des sympathisants LFI, RFI s'est rendu à deux réunions publiques. L'une à Paris, l'autre dans la petite ville du Mans. 

Ambiance bon enfant dans cette salle communale du XIe arrondissement de Paris. Les militants entonnent des chants comme « Macron, démission ». Près de 1 000 sympathisants ont fait le déplacement. Et pas de doute : le public est très largement composé de jeunes diplômés. « Je suis en master de sciences politiques. » « Je suis étudiant en histoire de la philosophie. »

Un électorat jeune, urbain et diplômé 

Pas d’étudiants en école de commerce ou de finance rencontrés, mais plutôt des étudiants en sciences politiques, en droit international ou en sciences sociales… « En faisant des sciences sociales, on est amené à tout déconstruire, que ce soit le capitalisme, le patriarcat, les systèmes d’oppression… »

Dans la salle, certains lèvent le poing. Beaucoup ici ont une culture politique et militante ancrée. Comme cet étudiant de 20 ans, qui se destine aux métiers des archives : « J’essaie de donner à mon niveau. Le porte-à-porte, c’est l’action militante qui touche le plus de gens, qui permet de dialoguer, de faire comprendre le point. »

Mais on croise aussi des actifs : psychologues, professeurs, éclairagistes, photographes… Et des retraités, notamment issus de la fonction publique.

Alors pourquoi glisser un bulletin La France insoumise dans l’urne plutôt qu’un autre ? Inégalités, justice, capitalisme… Des mots-clés qui reviennent. « C’est le seul à porter un vrai programme à gauche, sur l’écologie, sur le génocide à Gaza, sur les jeunes actuellement dans les lycées. » « Ils parlent de justice fiscale, du féminisme, des écorégions. Et j’avoue que la personnalité de Mélenchon m’a plu. »

Pour cette mère au foyer, LFI est aussi le parti qui défend le mieux les minorités : « En tant que femme noire française, c’est le seul parti qui porte nos luttes. » Et puis, impossible de ne pas rencontrer les déçus du PS. « J’avais besoin, sans doute, de me diriger vers quelque chose de plus radical. »

Réunion publique LFI au Mans.
Réunion publique LFI au Mans. © Victorien Willaume / RFI

Le lendemain, nouvelle réunion publique, cette fois dans la petite ville du Mans. Carton plein : environ 200 personnes s’entassent dans la salle. Avec des profils parfois différents de ceux de la veille, comme cet inspecteur des impôts syndiqué ou cette étudiante infirmière qui aimerait voir son salaire augmenter… « On a beaucoup de responsabilités et on est très peu reconnus par la profession. »

Wissam, 38 ans, porte, elle, un tee-shirt « Mélenchon 2027 » et des pins. Elle travaille dans l’aide à la personne et milite depuis peu. « Alors là, c’est écrit "La Palestine libre" et "Mélenchon 2027". Et j’ai encore mon keffieh à l’intérieur ! »

Dans la salle, deux jeunes de 17 ans font virevolter un drapeau français. C’est leur tout premier meeting. « Il soutient des causes qui me touchent, comme le voile. Voilà, vous m’avez demandé un exemple ! » ; « Je vais être majeur en 2027 et j’ai toujours entendu parler de LFI. J’aime beaucoup les causes qu’ils soutiennent, comme l’augmentation des salaires, le voile. Il y a plein de causes pour lesquelles ils parlent. »

La préoccupation marquée chez les sympathisants LFI : les inégalités 

Mais alors, chez qui le discours de Jean-Luc Mélenchon résonne-t-il le plus ?

Stéphane Zumsteeg dirige le département Politique et Opinion chez Ipsos. « Il fait le plein auprès de la catégorie des plus jeunes. Il obtient un score fleuve de 42 %. Il obtient des intentions de vote élevées dans les milieux urbains, notamment à la périphérie des grandes unités urbaines, auprès d’une population qui souvent dispose d’un niveau d’instruction assez élevé et qui, pour une part d’entre elle, a fait des études supérieures. »

D’après le baromètre Ipsos, la première préoccupation des électeurs LFI, comme celle de la plupart des Français d’ailleurs, c’est le pouvoir d’achat.

Les sympathisants insoumis se démarquent toutefois sur leur deuxième principale préoccupation : ils ont une sensibilité plus forte que le reste des Français, et que les autres sympathisants de gauche, aux inégalités sociales.

À écouter aussiInfirmiers et aides-soignants se préparent à la mobilisation du 5 novembre

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