Yémen : des frappes saoudiennes dans la région de Sanaa font 27 morts, selon les Houthis

Des médias liés aux Houthis du Yémen ont annoncé samedi la mort de 22 personnes dans des frappes saoudiennes sur la région de Sanaa, contrôlée par le mouvement pro-iranien, en conflit contre le gouvernement yéménite et l'Arabie saoudite qui l'appuie.
Après des tirs de missiles et de drones houthis quasi quotidiens en octobre contre le royaume saoudien, les combats semblent s'intensifier ces derniers jours sur le sol yéménite, où le conflit a repris en juillet après quatre ans d'accalmie, ouvrant un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Le nombre de victimes du massacre perpétré par l'aviation de l'ennemi saoudien [...] est monté à 22 personnes, dont des femmes et des enfants, et celui des blessés à 30
, a rapporté l'agence Saba, un bilan avancé aussi par la chaîne Almasirah.
Saba avait dans un premier temps recensé 11 morts et 20 blessés.
Almasirah a diffusé une vidéo prise selon elle dans le village d'Al-Sharīyah, à l'est de Sanaa, montrant de la fumée s'élever d'un site frappé, des tas de décombres et des blessés hospitalisés.
L'agence, citant une source locale, a précisé que des avions de la coalition militaire dirigée par Riyad avaient visé six maisons dans la zone. Des secouristes ont aussi été pris pour cible, selon la même source, alors que des opérations de sauvetage sont toujours en cours.
Les autorités saoudiennes n'ont pas commenté ces informations.
Vendredi, un bombardement sur un marché du gouvernorat de Taëz (ouest), dont la ville du même nom est encerclée depuis des semaines par les Houthis, a tué plusieurs dizaines de personnes. Les forces gouvernementales soutenues par Riyad et les Houthis se sont mutuellement rejeté la responsabilité de l'attaque.
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Nouveau missile abattu
La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa, puis d'autres régions, déclenchant en 2015 une intervention militaire menée par l'Arabie saoudite. Une trêve avait été conclue en 2022, mais les combats ont repris cet été.

Des membres de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite contre les combattants houthis (Photo d'archives)
Photo : Getty Images
Le conflit a fait des centaines de milliers de morts dans l'un des pays les plus pauvres du monde, en proie à une vaste crise humanitaire.
Depuis octobre, les forces saoudiennes bombardent régulièrement les positions houthies au Yémen, tandis que les combattants pro-iraniens multiplient leurs attaques contre les infrastructures pétrolières et les aéroports saoudiens.
La coalition a encore signalé samedi matin l'interception et la destruction d'un missile de croisière se dirigeant vers la région de Riyad, selon un message publié sur X par son porte-parole militaire Turki al-Malki.
En septembre, une offensive des Houthis sur le littoral yéménite de la mer Rouge leur a permis de renforcer leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique du trafic maritime entre l'Europe et l'Asie.
Ils ont décrété un blocus en mer Rouge contre la flotte du royaume saoudien, premier exportateur de brut au monde. Selon le Wall Street Journal, les navires souhaitant emprunter cet itinéraire prennent désormais contact avec eux pour obtenir leur aval et sécuriser ainsi leur passage.
Des milliers de soldats syriens au Yémen et en Arabie saoudite?

L’arrangement entre la Syrie et l’Arabie saoudite a été approuvé lors de la visite cette semaine à Riyad du président syrien Ahmed al-Chareh, selon une source yéménite qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / LOUAI BESHARA
La Syrie va déployer 3000 soldats en Arabie saoudite et au Yémen, où certains sont déjà sur place, pour soutenir le gouvernement yéménite et son allié saoudien face aux Houthis, ont indiqué à l'AFP des responsables yéménites.
L’arrangement a été approuvé lors de la visite cette semaine à Riyad du président syrien Ahmed al-Chareh [alias Abou Mohammad al-Jolani], a-t-elle précisé, requérant l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier.
Toutefois, une source diplomatique syrienne a démenti l'envoi de soldats au Yémen « à ce stade ».
Riyad, principal soutien du gouvernement islamiste syrien, tente de mobiliser ses alliés face aux attaques quasi quotidiennes des Houthis visant depuis octobre ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.
L'allié américain de l'Arabie saoudite a jusque-là décliné ses appels à l'aide, mais l’Égypte s'est récemment engagée à fournir une aide militaire défensive à Riyad, sans en préciser les modalités.
La France a pour sa part déployé des effectifs pour protéger le terminal pétrolier saoudien de Yanbu, et Londres a annoncé en octobre le déploiement d’avions de combat pour protéger le territoire saoudien.
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