Bart De Wever sommé de chercher une troisième voie entre le MR et les Engagés

Ca n’arrête pas, hein ? Rien qu’aujourd’hui dans la presse, vous avez Yvan Verougstraete, président des Engagés, qui demande à Bart De Wever de sortir du positionnement N-VA et de se placer au-dessus de la mêlée. Il demande aussi un plan de relance et de croissance. Vous avez donc le MR avec sa troisième voie et pendant ce temps, côté flamand, c’est plus calme.
Il y a bien eu des sorties de Jan Jambon et de Sammy Mahdi qui "mange des ampoules", mais c’est moins massif que côté francophone. En tout cas Conner Rousseau, président de Vooruit, a pris la plume dans sa newsletter pour dire pourquoi il se taisait lui. Pourquoi je me tais ? Parce que je veux que ça marche. Parce que la situation est très grave. Et cela demande des responsabilités. Parfois, se taire c’est aussi communiquer.
Le MR a un plan…
Mais revenons donc côté francophone. Avec donc au MR ce qui est présenté comme une "troisième voie" entre une approche axée sur les recettes ou les dépenses. La troisième voie, c’est donc la croissance, car une croissance plus élevée, c’est plus de rentrées pour l’État et donc moins d’effort budgétaire à faire.
Le MR propose un plan, qu’il a fait valider auprès des principales organisations patronales. En vrac, ramener la TVA pour les constructions neuves à 12% (au lieu de 21%), dispenser partiellement le précompte professionnel pour les secteurs en pénurie, étendre encore les flexi-jobs aux indépendants, diminuer les cotisations patronales pour 2 milliards d’euros.
Au bilan, la troisième voie est essentiellement axée sur une baisse des recettes qui est censée améliorer la croissance par des effets de retours. C’est une politique de l’offre comme disent les économistes. Problème donc, le plan du MR prévoit une baisse des recettes, alors qu’on est censé trouver des moyens.
Voilà qui n’arrangera pas les affaires du budget à court terme. Bien sûr, si le plan se déroule sans accroc, les effets retours viendront compenser. Problème, ces dernières années, les effets de retours sont souvent restés au vestiaire, les chiffres sont sans pitié, les effets retours sont systématiquement surévalués.
…et les Engagés aussi.
Le MR n’est pas le seul à vouloir un plan de relance. Les Engagés veulent aussi sortir de la logique d’austérité, donner de l’allant et des perspectives. Et donc eux aussi ont leur plan. À la différence du MR, il est axé sur la transition et l’énergie, avec des investissements publics et privés présentés comme "massifs". Mais là où le MR baisse les recettes, les Engagés prévoient surtout des dépenses publiques qui, elles aussi, sont censées avoir des effets retours. Décidément, les voix du MR et des Engagés ne cessent de se différencier publiquement, ces derniers temps. Une troisième voie à deux voix, ça fait deux voies ? Ou deux troisièmes voies d’une seule voix ? Enfin bref, il faudra la voix de De Wever pour trouver une troisième voie entre MR et Engagés.
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