Les partis utilisent Duhaime pour attaquer le PQ
Les hypothèses au sujet d’alliances ou de « bromance » entre le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) sont un « très bon signe », s’est réjoui lundi le chef Éric Duhaime pendant que son collègue péquiste, lui, a dit y voir le signe d’une « politique négative de fin de campagne ».
Pour une deuxième journée de suite, le PCQ a été pris pour cible par ses adversaires.
De l’avis du chef libéral, Charles Milliard, il n’y a pas de doute : l’équipe conservatrice « est dangereuse pour le Québec ». « Est-ce qu’on veut vraiment Éric Duhaime à la tête du Québec avec un cadre économique qui n’a ni queue ni tête, où on promet de couper 20 000 fonctionnaires sans qu’il n’y ait aucun service de coupé ? » a-t-il demandé aux électeurs.
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a quant à elle dit observer la création d’une « alliance souveraineté-austérité » entre le PCQ et le PQ. « Quand je dis qu’il y a une sorte d’alliance, c’est que les compressions en termes de services au public semblent être un point de ralliement maintenant entre [ces deux partis]. De notre côté, on n’est pas là », a-t-elle affirmé.
Selon Radio-Canada, la promesse péquiste de réduire la masse salariale de l’État de 2,5 % équivaudrait à l’abolition de 25 000 postes dans la fonction publique. Ce nombre dépasse la cible de réduction de 20 000 postes mise de l’avant par les conservateurs.
De son côté, la cheffe parlementaire de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a répété que le PQ et le PCQ entretiennent une « bromance ». « Ce qui m’a vraiment frappé pendant la campagne électorale et aussi pendant les débats, c’est à quel point Éric Duhaime trouve que c’est bon, ce que propose le Parti québécois », a-t-elle souligné, réitérant voir des similarités dans leurs positionnements sur le train à grande vitesse, sur la « libéralisation de la vente de vin » ou sur les subventions aux entreprises.
Un « très bon signe », selon Duhaime
Après une journée consacrée à la préparation du dernier débat, qui aura lieu mercredi soir à Radio-Canada, M. Duhaime a retrouvé les médias lundi. « Je pense que c’est très bon signe, dans une campagne électorale, quand tous vos adversaires commencent à parler même quand vous n’êtes pas sur la route », a-t-il lancé.
Le chef conservateur a rejeté l’idée de former un gouvernement de coalition, pour plutôt plaider en faveur d’ententes à la pièce.
Le référendum est le seul sujet où M Duhaime n’est pas prêt à collaborer avec le PQ. Pour le reste, il invite les partis à continuer de lui « voler » ses idées.
« En 2022, les enjeux, c’était quoi ? Ils voulaient tous abolir les voitures à essence. Ils parlaient tous d’environnement. Ils [disaient] qu’il n’était pas question de baisser les taxes et les impôts », a-t-il énuméré. « Regardez où on est aujourd’hui : il n’y a plus un parti qui dit ça, à part Québec solidaire et à peine, ils le disent du bout des lèvres. Le temps nous a donné raison sur plusieurs enjeux. »
Dans les faits, la CAQ et le PLQ promettaient des baisses d’impôts en 2022. La CAQ comptait interdire la vente de véhicules à essence en 2035 ; le PQ et QS visaient plutôt 2030.
Le PQ dénonce des « campagnes négatives »
Lui aussi ciblé par ses adversaires, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a dit voir dans les suppositions au sujet d’alliances le symptôme de « campagnes négatives ».
« Il y a des partis politiques qui, voyant l’évolution des sondages, lancent des choses qui n’ont aucun fondement », a-t-il affirmé. Il a invité les partis « à simplement proposer ce qu’ils voudraient faire s’ils étaient au pouvoir », puisqu’on « perd déjà assez de temps sur ce genre d’affirmation qui n’a pas de sens ».
Le chef du PQ a été catégorique : « il n’est aucunement question de s’allier à qui que ce soit ».
Les scénarios d’alliances mentionnés par ses adversaires ne sont rien d’autre que « de la politique négative de fin de campagne », a-t-il déploré. « Quand tu n’as plus de proposition, ce que tu fais, c’est que tu lances des choses comme celles-là pour que ça occupe tout l’espace médiatique. Et je vois que vous vous embarquez avec appétit », a-t-il dit aux journalistes qui l’interrogeaient.
PSPP a aussi rejeté les projections voulant que son parti forme le prochain gouvernement, mais soit minoritaire. « Je pense qu’il est tôt pour assumer que ce serait un gouvernement minoritaire. Parce que nous, sur le terrain, on sent énormément de soutien en ce moment, on sent un élan. Et notre objectif, c’est de former un gouvernement majoritaire […], de sorte que chacune de nos promesses, on puisse les réaliser, et que ce pouvoir, de réaliser nos promesses, soit entièrement entre nos mains. »
Le PLQ à 10 % chez les francos
Un sondage Segma, réalisé pour Radio-Canada et Les Coops de l’information entre le 8 et le 17 septembre auprès de 5572 répondants, accordait lundi 23 % des intentions de vote au PQ, 18 % à la CAQ, 16 % au PLQ, 14 % au PCQ et 10 % à QS. Ces pourcentages incluent les indécis.
Les appuis au PLQ fondent à 10 % chez les francophones. Seul QS arrive derrière les libéraux dans cette catégorie, avec 9 % d’intentions de vote chez les francophones. « C’est rare que je commente en détail les sondages, mais je vais vous dire que je me questionne beaucoup sur la période de prise des données de ce sondage-là », a réagi M. Milliard.
Soulevant que deux débats avaient eu lieu ces dernières semaines et qu’un « nouveau scandale à la CAQ » avait émergé en lien avec le virage numérique du réseau de la santé, il a rappelé que le vote par anticipation n’avait pas encore eu lieu. « Le nombre de votes dans la boîte, ce matin, c’est zéro. Et c’est l’élection du 5 octobre qu’il faut gagner », a-t-il souligné.
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