Irak: début du procès de Français jihadistes présumés, tous risquent la peine de mort

Une partie des Français jihadistes présumés, détenus en Irak, doivent en principe commencer à être jugés à partir de ce dimanche 20 septembre 2026. Près d'une cinquantaine de Français transférés du nord-est syrien où ils étaient détenus depuis de nombreuses années pour des infractions terroristes liées à l'organisation État islamique sont emprisonnés à Bagdad. Tous risquent la peine de mort à la suite de procès expéditifs.
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Une poignée de jihadistes français va être jugée à partir du dimanche 20 septembre en Irak, où des milliers de membres présumés du groupe État islamique (EI), de différentes nationalités, sont détenus en attente de leur jugement. Un procès qui a été confirmé, jeudi 17 septembre, par une source judiciaire irakienne. La Fédération française des droits humains appelle au rapatriement « d'urgence de ses ressortissants emprisonnés en Irak ».
Parmi eux, de jeunes hommes arrivés en Syrie avec leurs parents, explique à Oriane Verdier Mathieu Bagard, d'Avocats sans frontières France, qui représente certains de ces ressortissants français : Dimanche, c'est seulement cinq hommes qui vont être jugés. Parmi ces cinq, un est arrivé en Syrie alors qu'il était encore mineur. Après, les procès vont probablement se poursuivre. Il n'y a pas que des hommes. En effet, il y a ce qu'on appelle, les jeunes majeurs, c'est-à-dire ce sont des enfants qui ont été emmenés de force en Syrie par leurs parents, qui ont été enrôlés de force dans l'État islamique, des victimes de guerre finalement, et qui aujourd'hui ont été transférés de manière illégale pour être jugés à Bagdad. »
« On va les juger comme des hommes ? »
« Et on va les juger comment ? On va les juger comme des hommes ? On va les juger comme des auteurs, non pas comme des victimes ? Tout ça, on n'en sait rien. Et c'est vraiment quelque chose de problématique aussi pour nous, explique encore Mathieu Bagard. Finalement, quelle protection de la France par rapport à ses ressortissants, et plus encore par rapport aux enfants qui ont grandi sur son territoire et qui ont été emmenés de force par leurs parents ? Je crois qu'on a une vraie responsabilité vis-à-vis d'eux, qui sont finalement un petit peu aujourd'hui les victimes du choix de leurs parents - dans un premier temps - mais aussi surtout les victimes des autorités françaises du choix de la France de ne pas les rapatrier aujourd'hui. »
Les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de « terrorisme », y compris des centaines de combattants étrangers de l'EI, dont certains capturés en Syrie et transférés de l'autre côté de la frontière. En 2019, écrit l'AFP, ils ont condamné à mort onze ressortissants français, dont la peine a été commuée en appel en prison à perpétuité.
Prisons bondées
Les prisons irakiennes, déjà bondées de suspects de l'EI, comptent des milliers de détenus supplémentaires depuis leur transfert l'an dernier de Syrie, rappelle l'agence de presse française. Début 2026, plus de 5 700 personnes d'une soixantaine de nationalités, soupçonnées d'appartenir au groupe jihadiste, ont été transférées en Irak après des années dans des camps du nord-est de la Syrie tenus par les forces kurdes. Ce transfert avait été effectué par les États-Unis après le retrait des forces kurdes de cette région, sous la pression de l'armée syrienne qui s'y était déployée.
À la faveur de la guerre en Syrie (2011-2024), le groupe jihadiste État islamique (EI) s'était emparé de vastes pans de territoire dans ce pays ainsi qu'en Irak. Accusé de multiples exactions, signale l'AFP, il a été vaincu en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie, avec l'appui d'une coalition internationale dirigée par les États-Unis.
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