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Sunday, August 30, 2026

Relations Canada–États-Unis | Les Américains devront s’excuser, selon un ancien ambassadeur

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(Ottawa) Le prochain président des États-Unis devra abandonner les droits de douane contre le Canada, réserver au premier ministre canadien son premier appel et sa première visite officielle à l’étranger, et s’excuser aux Canadiens pour le traitement offert par l’administration Trump.

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C’est du moins ce que ferait l’ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, David Cohen, s’il était le prochain locataire de la Maison-Blanche après Donald Trump. Cela ne devrait pas arriver, puisqu’il concède lui-même en riant pouvoir sans doute « avoir plus de votes au Canada qu’aux États-Unis ».

N’empêche, dans une entrevue accordée à La Presse jeudi, M. Cohen estime que les relations entre les États-Unis et le Canada sont aujourd’hui « plus tendues qu’elles ne l’ont jamais été de [s]on vivant ».

Nous devons tout faire, du côté américain de la frontière, pour réparer cette relation et la rétablir.

David Cohen, ancien ambassadeur des États-Unis au Canada

Et l’ambassadeur Cohen en sait quelque chose : c’est lui qui a dû recoller les pots cassés par le républicain après son premier mandat. David Cohen, qui était alors un homme d’affaires respecté, un puissant organisateur démocrate en Pennsylvanie et un proche du président Joe Biden, a été envoyé au Canada pour rétablir des relations abîmées en 2021. Il a démissionné de ses fonctions en 2025.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

David Cohen, ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, photographié en 2022

« [Cette relation] ne peut et ne doit pas être sacrifiée à cause des politiques et des approches que je considère erronées, ainsi que des propos blessants d’un président des États-Unis », affirme M. Cohen.

Ce dernier fait référence aux multiples droits de douane imposés par Donald Trump sur des produits canadiens, dont de nombreux allant jusqu’à 50 %, mais aussi sur les nombreux commentaires désobligeants du président à l’égard du Canada. Par exemple, son intention de faire du Canada le 51e état américain, de dénoncer des pratiques commerciales douteuses de son principal voisin avec des faits erronés, de rebaptiser le lac Ontario « Lac d’Amérique » et d’insulter le Canada à répétition. Ou encore les publications de la Maison-Blanche montrant un aigle attaquer une bernache canadienne pour illustrer la guerre commerciale entre les deux pays.

Le gouvernement canadien a également évoqué que l’administration américaine menaçait la souveraineté du Canada depuis 18 mois.

Tous les anciens ambassadeurs des États-Unis encore en vie qui ont été postés au Canada sont d’accord avec M. Cohen, plaide-t-il.

« Je comprends le mécontentement des Canadiens en ce moment. Nos relations traversent une période difficile et incertaine. Mais cela ne fait que renforcer ma conviction de leur importance », a d’ailleurs récemment déclaré l’ancien ambassadeur de Barack Obama à Ottawa, Bruce A. Heyman.

Et c’est pour cela que M. Cohen croit que le prochain président devra faire une place particulière au Canada dans son agenda.

Son premier appel devrait être auprès du premier ministre canadien. Son premier voyage officiel devrait être en sol canadien. Il devrait y avoir un sommet de parlementaires canadiens et américains, avec des gens d’affaires et des représentants syndicaux. Des « excuses formelles » devraient alors être prononcées au Canada, dit-il.

Puis, l’ambassadeur Cohen croit que tous les droits de douane américains généralisés soient abandonnés contre le Canada.

Je n’aime pas les surtaxes. Je n’ai jamais aimé les surtaxes. Et en passant, je n’aime pas les tarifs douaniers canadiens imposés aux États-Unis.

David Cohen, ancien ambassadeur des États-Unis au Canada

Plus tôt cette semaine, le gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Newsom, a évoqué qu’une nouvelle administration démocrate pourrait effectivement garder certains droits de douane, comme l’avait fait le président Joe Biden après la première présidence de Donald Trump.

« Je ne peux pas garantir [que les surtaxes disparaîtront] », a-t-il dit en entrevue à CTV.

Ensuite, les deux pays devraient négocier les droits compensatoires sur le bois d’œuvre résineux, qui est un irritant majeur aux États-Unis tant chez les démocrates que chez les républicains.

« Les droits compensatoires sur le bois d’œuvre résineux doivent être négociés, car ils incitent à des pratiques prédatrices et discriminatoires de la part du Canada, favorisant l’industrie forestière canadienne au détriment de l’industrie forestière américaine », affirme M. Cohen.

Les commentaires de l’ancien ambassadeur surviennent alors que les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont pris abruptement fin la semaine dernière lorsque le premier ministre Mark Carney a rappelé les négociateurs canadiens à Ottawa.

La Maison-Blanche a alors mis en vigueur de nouveaux droits de douane américains de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Le Canada a annoncé sa réplique « dollar pour dollar » qui entrera en vigueur le 8 septembre.

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