Détention de Moussa Kaka au Niger: «Si les autorités ne disent rien, c'est qu’il n'a pas commis de crimes»

Notre confrère Moussa Kaka, que vous avez entendu raconter pendant des années sur RFI l’actualité de son pays, n’a plus donné signe de vie depuis le 31 août au soir. La junte nigérienne a fini par confirmer qu’il était détenu, mais sans qu'on connaisse les infractions dont il serait soupçonné. De très nombreux confrères du continent continuent d’exprimer leur solidarité, à l’instar de Venance Konan, ancien directeur du quotidien ivoirien Fraternité Matin.
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Au Niger, le sort de Moussa Kaka, notre confrère, porté disparu depuis le 31 août, suscite toujours autant d’interrogations et d’émotion. Si l’on sait, selon le ministre nigérien de la Justice, qu’il est en vie et placé en détention, on ignore encore et toujours les motifs d’une telle incarcération.
De nombreux acteurs de la presse africaine expriment leur solidarité envers Moussa Kaka. À commencer par une autre grande figure du journalisme ouest-africain, l’Ivoirien Venance Konan, ex-directeur du quotidien Fraternité Matin.
« Je connaissais et j'appréciais le professionnalisme qu'il mettait dans son boulot. Je l'écoutais régulièrement. C’était un accro à RFI et cela lui avait valu des ennuis avec son gouvernement quand c'était au temps du président Tandja », souligne-t-il au micro de Frédéric Garat.
En 2007, sous la présidence de Mamadou Tandja, Moussa Kaka avait en effet été arrêté et inculpé de « complicité d'atteinte à l'autorité de l'État » pour des liens supposés avec la rébellion touarègue. Il avait alors passé plus d'un an en détention.
« Ça fait peur »
« Aujourd'hui, les autorités de son pays ont reconnu qu'elles le détiennent, poursuit Venance Konan. Eh bien qu'elles nous disent le crime qu'il a commis. Comme ça, s'il le faut, nous tous, on le condamnera. Mais si ces autorités-là ne le disent pas, c'est parce que justement, il n'a pas commis de crimes. Ou alors peut-être un, le plus grand : avoir fait son travail. C'est-à-dire que Moussa a dit quelque chose qui n'a pas plu. »
Il conclut : « Et malheureusement, dans certains de nos pays aujourd'hui, ça vaut condamnation. Donc, dans ces pays-là, lorsque vous voulez faire votre travail avec honnêteté, avec professionnalisme, non, ça ne passe pas. Ou bien vous êtes flagorneur, ou bien vous chantez les louanges du pouvoir, ou bien vous vous taisez. Et c'est ce que nous voyons aujourd'hui, malheureusement, dans les pays du Sahel. Lorsqu’un journaliste dénonce ou pose juste une question sur quelque chose qui s'est passé, on l'arrête, on l'envoie au front. Ça fait peur ! Ça fait peur parce que je pense que la démocratie que nous voulons bâtir, ça va de pair avec la liberté de la presse. »
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