Convention en attente depuis six mois | Un syndicat municipal dans les limbes

Près de 200 employés d’un organisme paramunicipal se trouvent dans les limbes depuis six mois, alors que l’administration Martinez Ferrada refuse de se prononcer sur l’entente de principe conclue entre l’employeur et les syndicats.
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La Commission des services électriques de Montréal (CSEM) gère les conduits souterrains d’utilités publiques (gaz, électricité, télécoms) de la métropole. Ses cols bleus et ses cols blancs sont sans convention collective depuis la fin de 2023.
Les deux groupes ont conclu une entente de principe avec la CSEM au printemps dernier. Elle a été approuvée par son conseil d’administration. Sauf qu’un règlement interne prévoit que les conventions collectives négociées par cet organisme paramunicipal doivent aussi être approuvées par le comité exécutif de la Ville.
« On n’a reçu aucune réponse de la Ville de Montréal. On n’a pas d’approbation, on n’a pas de refus. On n’a rien depuis six mois », a dénoncé Mathieu Guibord, président du syndicat des cols blancs de l’organisme, en entrevue avec La Presse.
Ça a été une négociation très difficile, il a fallu faire des compromis dans nos conditions de travail pour en venir à une entente. On a finalement réussi à en venir à une entente et là, les membres l’attendent depuis six mois.
« C’est du jamais vu. On va dans des congrès syndicaux et on se fait dire qu’une situation comme ça […] c’est du jamais vu », poursuit le syndicaliste. Il souligne que le délai écoulé depuis l’échéance de la dernière convention collective fait en sorte que ses membres n’ont pas eu d’augmentation de salaire depuis bientôt trois ans.
L’administration évoque un retour « à la table de discussion »
L’administration Martinez Ferrada n’a pas voulu commenter le dossier, vendredi.
Au conseil municipal du 22 septembre dernier, M. Guibord avait directement interrogé l’administration municipale sur ses intentions.
« La Commission des services électriques fait partie de la Ville, donc le cadre financier que la Ville avait établi pour les négociations avec tous les employés doit être respecté par toutes les unités pour qu’on respecte la capacité de payer », avait répondu Alan DeSousa, responsable des infrastructures au comité exécutif. « Si effectivement ils doivent retourner à la table de discussion avec les divers syndicats comme le vôtre pour s’assurer qu’ils restent dans le périmètre financier de la Ville, ils sont les bienvenus de le faire. »
Le syndicat des cols blancs de la CSEM a déposé une plainte au Tribunal administratif du travail, plaidant que la situation actuelle démontrait la mauvaise foi de leur employeur dans les négociations qu’ils croyaient avoir conclues.
Pour le reste, M. Guibord indique que le syndicat estime avoir toujours le droit de débrayer, puisque la nouvelle convention collective n’est pas signée. Un mandat de grève générale illimitée, accordé par les syndiqués pendant la négociation, est toujours valide, selon lui. « Si les choses n’avancent pas, c’est quelque chose à quoi on peut penser, c’est dans nos options », a averti M. Guibord.
L’administration Martinez Ferrada a conclu une entente de principe avec les cols bleus de la Ville de Montréal le 21 septembre dernier. Les travailleurs doivent se prononcer sur celle-ci dans les prochains jours.
Le Syndicat des cols blancs n’a toujours pas renouvelé sa convention collective, échue depuis fin 2023. Ils tombent d’ailleurs en grève de soir et de week-end dès ce lundi : sauf exception, ils cesseront de travailler à partir de 17 h et jusqu’à 8 h le lendemain matin, ainsi que le samedi et le dimanche.
L’Association des scientifiques et ingénieurs de Montréal (ASIM) est aussi sans convention collective depuis près de trois ans.
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