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Monday, October 5, 2026

Les centres de données sont derrière la moitié des demandes de mégawatts au Québec

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La croissance fulgurante des projets de centres de données pour alimenter l'intelligence artificielle (IA) se reflète sur les bureaux du gouvernement du Québec. La moitié des demandes d'allocation de mégawatts viennent de cette industrie, a appris Radio-Canada.

Lundi, des promoteurs de centres de données comme Google et Keel prendront la parole devant la Régie de l'énergie du Québec pour s'opposer à l'imposition d'un tarif d'électricité spécial pour leur industrie.

À l'ouverture des audiences de la Régie, jeudi, Hydro-Québec a révélé que le gouvernement examine des demandes totalisant 2500 mégawatts (MW) provenant des centres de données, soit l'équivalent de la consommation de 2 millions de résidences. Mais on ne savait pas quelle était la proportion du total des demandes.

Le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie a accepté de nous transmettre cette information : Au 30 septembre 2026, les dossiers en analyse représentent un total de 5390 MW, dont près de 2500 MW proviennent de projets liés aux centres de données.

Ces chiffres illustrent un phénomène perceptible ailleurs au Canada et aux États-Unis. L'appétit de l'industrie des centres de données pour l'énergie est immense. Des mégachantiers de centres de données sont en cours dans plusieurs provinces canadiennes.

Images aériennes de la construction du centre de données Microsoft d'Etobicoke.

Le centre de données Microsoft à Etobicoke, dans la région de Toronto, est en construction. Le centre va héberger des serveurs et des systèmes de stockage de données.

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

Le Canada compte actuellement cinq centres de données d’une capacité d’au moins 50 mégawatts. Ce nombre va toutefois exploser : 159 projets étaient en construction ou dans les plans en juillet au pays, selon une récente étude de l’Université York. Parmi ces projets, 116 devraient avoir une capacité supérieure à 100 mégawatts, une première au Canada.

Les demandes de raccordement s'accumulent dans un contexte où la ressource énergétique est limitée, a fait valoir Hydro-Québec, ce qui crée de la pression.

Aux États-Unis, la forte demande des centres de données a poussé les prix de l'électricité à la hausse. Fournir plus d'énergie nécessite de nouvelles infrastructures qui sont payées par les tarifs de l'ensemble des consommateurs.

Hydro-Québec demande à la Régie d'accepter que le tarif des centres de données soit doublé, passant de 6,8 cents le kilowattheure, en moyenne, à 13 cents.

Les lignes haute tension d'Hydro-Québec.

Les lignes haute tension d'Hydro-Québec (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lavictoire

Un nouveau tarif « discriminatoire », selon l'industrie

Dans un mémoire déposé à la Régie, Google reconnaît que des investissements importants dans le réseau électrique seront nécessaires pour desservir les centres de données dans les années à venir, mais elle refuse de payer plus que sa part.

Selon la multinationale américaine, il serait inéquitable et discriminatoire qu'on lui fasse payer deux fois plus cher.

Les tarifs des clients ne devraient pas distinguer un client ou une catégorie de clients en particulier pour un traitement distinct, à moins qu'il n'y ait une base justifiable pour une telle distinction associée au coût des services.

Google planifie la construction d'un centre de données sur un terrain de 63 hectares à Beauharnois, en Montérégie. L'entreprise a demandé 380 mégawatts au gouvernement, soit plus que l'ancien projet de batteries de Northvolt.

Le logo de Google sur un immeuble à Seattle, aux États-Unis.

Des représentants de Google prendront la parole lundi devant la Régie de l'énergie du Québec.

Photo : Getty Images / 400tmax

L'entreprise Keel Infrastructure, qui a un projet contesté par une partie de la population à Sherbrooke, a quant à elle déposé un rapport d'expert qui évoque une discrimination indue.

La Coalition des centres de données, qui regroupe six entreprises établies au Québec, dont QScale et Vantage, a le même raisonnement.

Une telle approche est incompatible avec les principes de cohérence, d’équité et de neutralité tarifaire qui sous-tendent la réglementation de services publics au Québec.

Plus de 70 centres de données déjà au Québec

Selon une analyse du Collectif numérique responsable et soutenable, il y a 72 centres de données actifs au Québec, dont un des principaux est celui d'Amazon Web Services à Varennes, en Montérégie. Quatre sont en construction, dont un de Microsoft à Donnacona, à l'ouest de Québec.

Sept critères pour accorder des mégawatts

Le gouvernement a resserré les critères pour accorder aux entreprises les précieux mégawatts qui sont devenus une denrée rare.

  • Capacité technique d'Hydro-Québec de raccorder et incidences sur le réseau
  • Retombées économiques
  • Impacts environnementaux
  • Impacts sociaux
  • Développement régional
  • Cohérence gouvernementale et caractère stratégique
  • Garantie de réalisation et maturité du projet

Le gouvernement ne communique plus le nombre de blocs d'électricité qu'il reste pour accueillir de nouveaux projets industriels.

Selon nos sources, il reste une petite marge au Québec pour accueillir de nouveaux projets industriels, quelques centaines de mégawatts, tout au plus.

Le vaste projet de développement d'Hydro-Québec ne permettra pas d'ajouter de la nouvelle production électrique avant 2028.

View the original on Radio-Canada →

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