Distinguer une dépression de la déprime saisonnière plus courante
Les heures d’ensoleillement s’amenuisent de jour en jour, les couleurs de l’automne s’estompent, le froid s’installe et vous vous sentez soudainement plus fatigué. Peut-être que vous vivez une légère déprime. Comme différencier ce ressenti, qui est plutôt courant, d’une réelle dépression saisonnière ?
Tout d’abord, ce n’est pas systématique, mais en moyenne, quand l’automne arrive, et plus particulièrement à cette période-ci après le changement d’heure, notre santé mentale est plus fragile, explique en entrevue la Dre Mélissa Généreux, de la direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale.
Le manque de lumière naturelle va dérégler notre horloge biologique et engendrer des changements au niveau de l’humeur, mais ce n’est pas seulement une question de luminosité, fait valoir la Dre Généreux. Il y a aussi le fait que la saison estivale qui est associée aux vacances est terminée et on se coupe de facteurs qui protègent une bonne santé mentale, comme l’exercice physique.
« C’est un peu tout ce stress, cette fatigue, la perte un peu de nos repères qu’on pouvait avoir avant, et même le paysage qui peut être moins joyeux, si on veut, comme il y a moins de couleurs. Donc, ce n’est pas juste une histoire de lumière […] il y a ça, mais il y a aussi qu’il fait plus froid, on sort moins, on bouge moins, donc on est moins actif. On voit peut-être moins de gens aussi », décrit Dre Généreux.
Plusieurs personnes vont se reconnaître dans le fait d’avoir un manque d’énergie, avoir le goût de dormir plus souvent ou avoir un sommeil déréglé. Ce sont des symptômes plus courants à cette période de l’année, qui ne sont pas nécessairement associés à une dépression.
Cette maladie doit être diagnostiquée par un professionnel de la santé, mais, parmi les signaux d’alarme, il y a le cumul de symptômes qui sont présents plus que la moitié du temps depuis au moins deux semaines, indique la spécialiste en santé publique.
Ce qui distingue la dépression majeure d’une déprime saisonnière, c’est l’intensité des symptômes. « Mais le facteur clé, c’est que ça vous empêche de fonctionner, pointe la Dre Généreux. […] Si on sent qu’on a une grande détresse, c’est noir ou on ne voit pas la lumière au bout du tunnel, ou si on voit que ça nous empêche de fonctionner au quotidien et que tout ça persiste dans le temps, ce sont des signaux comme quoi ça vaut définitivement la peine d’aller chercher de l’aide. »
Des astuces pour aller mieux
Il existe des solutions simples et efficaces pour aider à contrer notre manque d’entrain et d’énergie relié au changement de saison. « Ça vaut vraiment la peine de les avoir en tête et de se dire qu’on le fait pour prendre soin de sa santé mentale. […] De vraiment le voir comme un traitement préventif. Si la baisse de la lumière m’affecte, je dois absolument chercher à m’exposer à la lumière », explique Dre Généreux.
De sortir à la lumière du jour, ne serait-ce que 20 minutes par jour, est l’un des meilleurs remèdes, dit-elle. « Quand la lumière s’en va, c’est normal, tranquillement, notre corps se met en mode un peu plus repos, et se prépare pour le sommeil. Donc, on doit un peu l’imposer à notre corps », précise la docteure.
Elle parle aussi des bénéfices d’être exposé à la nature, par exemple dans un parc avec des arbres. « C’est démontré, ça agit sur différentes parties du cerveau, ça vient favoriser notre bien-être, réguler notre humeur, générer un sentiment de détente. Donc oui, être exposé à la nature, même si on est en soirée, on va aller chercher ces bienfaits », indique Dre Généreux.
Un autre aspect parfois négligé est le manque de socialisation parce qu’avec une baisse d’énergie, on a tendance à vouloir se reposer à la maison. Il faut tout simplement faire l’effort de prendre contact avec quelqu’un.
« Les liens sociaux, ce n’est pas juste un supplément qui est agréable pour notre santé mentale, c’est une composante essentielle. Je n’en démordrai pas, c’est à peu près la chose la plus importante, soutient la Dre Généreux. Et c’est en train d’exploser en ce moment dans la littérature scientifique, à quel point la connexion sociale, le lien social avec les autres, peu importe la forme, on en a besoin. C’est vital pour notre bien-être. »
Les lampes de luminothérapie peuvent par ailleurs être efficaces pour certaines personnes, mais elles ne sont pas essentielles. La Dre Généreux recommande de d’abord essayer les autres astuces, soit de maintenir des liens sociaux, de rester actif et de tenter d’être exposé à la lumière du jour le plus possible.
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