Fedasil : des dizaines de licenciements dans les centres d’accueil pour mineurs non accompagnés

Depuis 2023, les arrivées de MENA en Belgique sont en baisse, une tendance observée dans l’ensemble des pays européens. En réponse, Fedasil a enclenché ce qu’elle appelle une "politique dynamique des places tampons" : plutôt que de fermer définitivement des centres, l’agence désactive des places au gré des besoins. Mais cette flexibilité a un coût en personnel, des licenciements sont opérés.
Selon la CGSP, cette vague concernerait 53 équivalents temps pleins, principalement à Bruxelles mais aussi en Wallonie, dans les centres de Pondrôme, Couvin et Sugny. En région bruxelloise, les centres de Bordet, Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre et de Neder-Over-Heembeek sont touchés. La direction de Fedasil a informé les syndicats lors d’une réunion extraordinaire en août, mais les chiffres précis par centre n’ont été communiqués que la semaine dernière.
Une prochaine restructuration déjà annoncée
"Ils nous ont également prévenus qu’une autre restructuration dans le futur allait arriver, cette fois-ci pas seulement pour les postes dédiés aux MENA, mais également pour les postes dédiés aux autres profils que nous accueillons", explique Emeline Zotto, déléguée syndicale CGSP au centre Fedasil de Bordet.
Selon un communiqué de Fedasil publié le 24 septembre dernier, la réduction de capacité porte sur 560 places MENA dans l’ensemble du réseau, dans les centres gérés directement par l’agence comme dans ceux de ses partenaires, dont la Croix-Rouge. Une partie de ces places sera convertie en places pour familles ou personnes seules, afin de répondre à d’autres besoins d’accueil.
Des arrêts de travail dans plusieurs centres
Depuis l’annonce des licenciements, à Bruxelles, des arrêts de travail ont eu lieu à Bordet et au Petit Château. "Il y en aura peut-être d’autres", indique Emeline Zotto, qui précise que la direction est actuellement en tournée dans les centres concernés pour présenter le plan de licenciement. De nouvelles actions sont attendues la semaine prochaine. "À Bordet, là où je travaille, le moral est vraiment très bas, vraiment dans les chaussettes", ajoute Emeline Zotto, déléguée CGSP au centre Fedasil de Bordet. "Nous n’avons pas le temps d’offrir un accueil digne et de qualité car on ne nous donne pas les moyens budgétaires ni les ressources humaines pour le faire", dénonce la déléguée syndicale.
Les syndicats exigent un moratoire et des négociations
Face à cette situation, la CGSP a lancé une pétition auprès des travailleurs de Fedasil, avec l’intention de l’élargir aux employés des centres partenaires comme la Croix-Rouge. Les revendications s’adressent à la fois au gouvernement fédéral et à la direction de Fedasil.
Côté gouvernement, les syndicats demandent une révision immédiate des économies imposées à l’agence et la garantie des moyens nécessaires au maintien des emplois et des capacités d’accueil. Côté direction, ils réclament la suspension des licenciements, la communication complète des données relatives aux restructurations, et "l’ouverture d’une négociation réelle avec les syndicats sur les alternatives qui existent pour les personnes licenciées".
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