À Paris, des balades dans les parcs pour identifier des plantes sauvages comestibles

Le week-end du 19 septembre, la France fêtera les Journées du patrimoine, l'occasion de découvrir ou redécouvrir des bâtiments historiques, mais aussi des jardins, des parcs et des forêts. Alors que, selon l'institut de statistiques Insee, environ 80 % des habitants en France habitent dans des espaces urbains, les visites guidées dans des espaces verts seront nombreuses cette année. À Paris, des balades sont organisées dans le parc des Buttes-Chaumont pour découvrir des plantes sauvages comestibles.
Autour d'un arbre, une vingtaine de personnes regardent avec intensité des petits fruits rouges. Ils écoutent Christophe de Hody, qui tient un fruit dans sa main. « La graine à l'intérieur, si j'en mange plusieurs, je meurs… La seule partie qui se mange, c'est la partie rouge qui entoure la graine, mais la graine est mortelle, vous avez compris les enfants ? » Les enfants, assis dans l'herbe, le regardent avec de grands yeux. Autour d'eux, le groupe est composé de personnes de tous âges. Ils sont venus l'écouter pour apprendre à identifier les plantes sauvages comestibles dans un parc au milieu de Paris.
La balade fait partie du programme gratuit du Chemin de la nature, l'entreprise de Christoph de Hody, qui propose des formations sur la biodiversité en France. Il y a seulement une ou deux générations, savoir reconnaître les plantes faisait partie du quotidien. « La transmission de génération en génération s'est un peu arrêtée, et c'est ce qui marchait le mieux finalement pour répandre la connaissance, pointe-t-il. C'est un savoir qui se perd de plus en plus au niveau de la population, de moins en moins de gens vont connaître des espèces, savoir les identifier, connaître leurs usages, les cueillir, les consommer. »
Et mieux connaitre peut aussi dire mieux savoir protéger notre environnement, poursuit Christophe de Hody. « Plus on connaîtra la nature – identifier les espèces, connaître leurs usages, et donc leur valeur directe pour l'humain, en plus de leur valeur pour les écosystèmes –, plus on la comprendra, plus on saura comment la protéger, comment l'utiliser sans l'abîmer, argumente-t-il. Toutes ces connaissances-là mèneraient forcément à vouloir la préserver, à vouloir qu'elle aille de mieux en mieux, parce que finalement, on en fait partie. »
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Cueillir des plantes sauvages
Au pied d'une petite colline baignée de soleil, Christophe de Hody montre des carottes sauvages puis fait passer une fleur. Lisa a 26 ans, elle découvre pour la première fois la flore sauvage à Paris. « Moi, je trouve ça super génial de comprendre un petit peu plus le monde qui nous entoure, de voir que même en plein milieu de Paris, de voir qu'il y a quand même des plantes consommables, c'est surprenant », s'enthousiasme la vingtenaire.
Les plantes que l'on peut manger dans Paris, pour Kira aussi c'est une surprise. Mais en France, il y a plus de 6 000 espèces végétales. Alors pour éviter celles qui sont toxiques, il faut être sûr de soi quand on identifie une plante. Pour apprendre, Christophe de Hody a fait plusieurs formations de botanique. Mais une fois l'apprentissage effectué, il faut pratiquer sur le terrain. « Un bon lieu pour cueillir, c'est déjà un lieu où c'est autorisé : pas chez quelqu'un et pas dans les parcs de Paris. Et c'est un lieu qui n'est pas dans un endroit dont on sait qu'il est pollué. Pas au bord de la route, pas dans une décharge, pas autour d'une usine. pas trop dans les champs cultivés non plus, liste Christophe de Hody. Et donc c'est un endroit qui est éloigné de ces zones. »
Pour cet amoureux de la nature, le meilleur avantage de son métier, c'est son bureau au milieu des plantes. Aujourd'hui aussi la journée se termine sous les branches d'un grand arbre, avec une liqueur de camomille sauvage pour le groupe.
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