À Ferkessédougou, la Côte d'Ivoire accélère sa transition vers le solaire

Après plusieurs années de dépendance au thermique et à l'hydraulique, la Côte d'Ivoire veut développer ses énergies renouvelables. À Ferkessédougou, dans le nord du pays, la centrale Ferké Solar, inaugurée début août et développée par PFO Énergie, doit produire près de 90 gigawattheures d'électricité par an. Une contribution encore modeste à l'échelle du réseau national, mais qui illustre la volonté de diversifier le mix énergétique ivoirien.
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Avec notre envoyé spécial à Ferkessedougou, Abdoulaziz Diallo
Sur ce site d'environ 50 hectares, sous le soleil de Ferkessédougou, plus de 73 000 panneaux photovoltaïques s'étendent à perte de vue dans le ronronnement discret des installations. Trois mois après sa mise sous tension, Ferké Solar a déjà produit plus de 25 gigawattheures d'électricité.
Une énergie transformée puis injectée dans le réseau national : « Ferké Solar vient apporter une capacité supplémentaire au système électrique national et contribue à mieux répondre à la croissance de la demande en énergie. Environ 370 000 foyers seront impactés », explique Arcadius Djaito, chef de projet.
Depuis la tour de contrôle, la production, la tension, la température ou encore l'acheminement de l'électricité sont surveillés en temps réel. Quatre agents se relaient chaque jour pour piloter les installations. « Comme toutes les centrales, nous sommes confrontés aux différentes intempéries, détaille Jean-Christophe N'Guessan, responsable d'exploitation de la centrale. Cela agit sur notre production. De fortes pluies peuvent endommager certains équipements. Mais tout cela est prévu, donc généralement, il n'y a pas grand-chose. »
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Verdir le mix énergétique ivoirien
Ferké Solar est la deuxième centrale photovoltaïque du pays, après celle de Boundiali. Le solaire ne représente encore que 2 % du mix énergétique ivoirien. Le gouvernement vise toutefois 15 % d'ici à 2030 et s'est engagé à porter la part des énergies renouvelables à 45 % d'ici à 2035. Une dizaine de centrales photovoltaïques doivent notamment être mises en service dans les prochaines années.
Mais cette énergie a une particularité : elle ne produit de l'électricité que lorsque le soleil brille. Comment, dès lors, disposer de cette électricité lorsque la production s'arrête, notamment la nuit ? « L'une des solutions techniques, c'est d'avoir des batteries de stockage, explique Khalifa Ehouman Narcisse, directeur général de l'Énergie. Nous avons donc une stratégie qui est en cours et qui va prendre en compte le développement de ces capacités avec des batteries au niveau des centrales, mais également au niveau de certains postes de distribution. Cela permettra d'abord d'avoir de l'énergie stockée qui pourra être distribuée aux populations, mais également d'améliorer la qualité de l'énergie qui sera fournie aux populations. L'objectif, c'est de pouvoir avoir, au total, plus de 1 000 MW de capacités solaires installées à l'horizon 2030. »
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